Découvrez les laies : ces micro-jardins pédagogiques - Louvre-Lens
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Découvrez les laies : ces micro-jardins pédagogiques

lais

Dans le plan d’aménagement du parc, l’architecte paysagiste Catherine Mosbach a prévu des zones d’expérimentation à vocation pédagogique. Ces zones appelées « laies » sont en cours d’implantation et font écho à des thématiques en rapport avec le Musée-parc et aux activités présentes et passées du site. Différents axes didactiques mettent en évidence des thèmes variés : historiques, culturels, géologiques ou botaniques. Vous êtes-vous déjà demandé sur quel type de sol était construit le musée ? Comment la nature réussit-elle à coloniser cet espace hostile ? Quels liens peut-on tisser entre les plantes et la création artistique ? Ces micro-paysages sont des supports pédagogiques à part entière pour observer, apprendre et partager !

La laie : un jardin thématique

Dans le cadre de son projet, la paysagiste a défini des laies de terre de 50m de long sur 3m de large, tracées dans la continuité des tables de pique-nique en béton. Ces jardins sont exploités de manière particulière selon le sujet d’étude, et ils sont nombreux !

Par exemple, vous trouverez des espaces dédiés :

  • à la mine, avec ses schistes, sa géologie, ses fossiles
  • aux différents milieux (hostiles comme le terril, humides, prairie sèches, prairies rases…)
  • aux potagers en permaculture (fruits, légumes, méthodes de culture alternatives)
  • aux représentations iconographiques (architecture, mythologie, symboles des plantes dans l’art pictural)
  • à l’utilisation des matières dans le milieu artistique (matière première, tissus, pigments naturels, Landart)

L’année dernière, trois laies ont été créées face à la scène : elles ont accueilli deux potagers en permaculture et un semis d’engrais verts.  Les potagers ont accueilli les « cafés potagers » et des ateliers d’observation de l’environnement que les enfants d’une école voisine aiment particulièrement !

Ouverture des laies potagères en février 2019

Laies potagères en août 2019  

La laie en engrais verts est semée de végétaux qui enrichissent le sol en éléments nutritifs. C’est une manière naturelle de fertiliser les sols. Par exemple, le potassium qui facilite la photosynthèse a été apporté par la bourrache. L’azote et le phosphore, favorisant croissance et production, sont amenés par la phacélie. Cerise sur le gâteau, ces bandes végétales accueillent une grande variété d’insectes et participent à l’équilibre de la chaîne alimentaire autour des potagers.

Laie d’engrais verts : bourrache, Phacélie, Luzerne et moutarde blanche

 

La laie d’engrais verts est un fantastique réservoir de biodiversité, ici une sauterelle et une abeille sauvage sur la phacélie

 

Cet hiver notre équipe entreprend la construction de deux autres types de laies : deux laies minières et deux laies de milieu humide.

La lai de schiste

Cet espace a pour vocation d’observer la re-colonisation spontanée du végétal sur d’anciens dépôts miniers.

Il nous a suffi de gratter la surface sur quelques dizaines de centimètres pour dévoiler la matière charbonneuse. Notre parc pousse sur un terril et le schiste affleure plus ou moins profondément selon le secteur. C’est l’accumulation de matière végétale qui donnera in fine naissance au charbon. Notre laie minière va exposer le végétal minéralisé à une nouvelle forme de végétalisation. Vous pouvez dès à présent observer cette mise à nu et assister à ce processus. Plusieurs étapes se succéderont dans une véritable expérience à ciel ouvert. Mousses et lichens ne vont pas tarder à coloniser la surface… Soyons attentifs.

Deux Lais pionnières hydrophiles (qui aiment l’eau)

La terrasse du midi surplombe une grande étendue de prairie fleurie qui descend d’un côté vers l’entrée du musée et de l’autre vers le stade Bollaert. Face au stade, nous avons observé une zone humide constamment immergée, même en été. Avec le temps, la végétation s’est adaptée à ces conditions et nous voyons apparaître aujourd’hui les joncs et les rejets de saule. Saviez-vous que le saule est un bon moyen de repérer une source d’eau dans un paysage ? Il s’agit en effet d’une plante indicatrice d’une présence d’eau. Vous les retrouverez souvent le long des fossés et des cours d’eau. Nous avons donc là une zone parfaite pour tester les laies hydrophiles !

Vue de la prairie avant fauchage depuis la terrasse du midi, le stade Bollaert se distingue à gauche

 

Prairie en juillet 2019

Dans la perspective de créer deux laies hydrophiles dans cet espace, l’équipe a d’abord tracé les bordures au cordeau et à la bêche :

Découpe des bordures de 50m sur 3 dans la continuité des cubes de béton

Les déchets de coupe sont inclus dans la laie

Les déchets de fauchage de la prairie ont été disposés et étalés sur toute la surface des futures laies.

Par un long processus de décomposition, ce paillage va se transformer très lentement pour former une tourbière. Cette zone humide se caractérise par un sol saturé en eau, en permanence. Le peu d’oxygène présent n’est alors plus suffisant pour permettre aux bactéries et champignons d’engager le processus de décomposition.  Asphyxiée, la litière végétale s’accumule alors progressivement pour former une couche de matière organique mal décomposée : la tourbe.

Les résidus de fauchage sont également rajoutés et étalés en paillage dans la laie

Ce sont de tels paysages qui ont façonné les dépôts à l’origine du charbon. Ils permettent de bien comprendre son processus d’élaboration.

La mise en place de laies va se poursuivre dans les années à venir, certaines de manière pérenne, d’autres seront évolutives selon les expositions et les besoins. N’hésitez pas à nous interpeller lors de vos visites, nous serons ravis d’échanger avec vous à leur sujet !

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