Bricolage Archives - Louvre-Lens

Construire un hôtel à insectes

Les insectes sont indispensables à l’équilibre écologique de notre environnement : ils contribuent activement au maintien des cycles naturels. Certains vont aider à lutter contre les pucerons par exemple tandis que d’autres vont aider à la pollinisation des cultures.

Hôtel à insecte dans une clairière du bois pionnier

Un refuge pour nos alliés

Dans des espaces de plus en plus urbanisés, lorsque les habitats naturels font défaut, la biodiversité est mise à mal et c’est toute la chaîne alimentaire qui est impactée.

En offrant un large panel d’habitats possibles aux insectes, nous encourageons l’installation d’espèces diverses et variées. Des zones d’ombres, de plein soleil, un tas de pierre, des bosses ou des creux sont autant de possibilités pour y accueillir des habitants !

Principes d’implantation de votre hôtel à insectes

  • Préférer une orientation vers l’Est pour bénéficier du soleil le matin et de l’ombre l’après-midi
  • Le protéger des vents dominants
  • Essayer d’avoir une élévation à 30 cm du sol pour les étages supérieurs
  • Installer un toit pour protéger les insectes de l’humidité
  • Privilégier l’installation de pierres, de tuiles, briques et rondins à même le sol sous le premier étage
  • Veiller à la qualité de la fixation pour ne pas perturber la vie qui va s’installer
  • Choisir un emplacement calme sans trop de passage
  • Garantir le gîte et le couvert en l’installant à proximité d’un point d’eau, d’un potager ou de fleurs

Le parc du Louvre-Lens compte plusieurs hôtels à insectes. Nous avons choisi de les adosser à des arbres pour les protéger du vent, bénéficier de l’ombre et d’une protection contre la pluie.

Hôtel à insectes du potager pédagogique

Un exemple d’aménagement

Voici l’exemple d’un hôtel fait maison, avec des matériaux de récupération uniquement. Le bois n’est pas traité chimiquement, nous lui avons simplement passé de l’huile de lin pour le préserver.

Exemple d’aménagement d’un hôtel à insectes

 

Dans un hôtel à insectes, qui loge où ?

Le défi, c’est de pouvoir fournir à chaque futur habitant un espace idéal. Chaque compartiment est aménagé pour répondre aux besoins physiologiques, physionomiques ou nutritifs de son locataire. On peut ainsi se poser ces questions : est-il gros ou petit ? Est-il doté d’ailes ? Si oui, comment se replient-elles ? Rampe-t-il ? Saute-il ? A-t-il le sang chaud ? Cherche-t-il à se réchauffer ?…

Emplacement 1
Carabes et autres scarabées

Se nourrissent de pucerons, d’acariens et de limaces. Ils peuvent être accueillis avec des branchages, brindilles morceaux de bois fendus et d’écorces. Ici, ce sont des branches de sureau et des rondins de bois.

Emplacement 2
Papillons

Grands pollinisateurs, ils préfèrent un espace fermé, avec de fines fentes verticales pour se glisser à l’intérieur en rabattant leurs ailes.

Emplacement 3
Coccinelles

Grandes dévoreuses de pucerons, elles aiment se loger dans les tiges creuses, les copeaux de bois, les pommes de pin, les feuilles mortes, les coquilles de noix…

Emplacement 4
Chrysopes

Se nourrissent de bien des parasites : pucerons, cochenilles farineuses, aleurodes (ou mouches blanches), œufs d’acariens…
Ils aiment la paille, le carton empilé, le papier froissé ou les branchettes. Les chrysopes s’insèrent dans des fentes horizontales en repliant leurs ailes.

Emplacement 5
Osmies

Solitaires, ces abeilles pollinisent les premières fleurs des arbres fruitiers, dès le mois de mars. Elles affectionnent les tiges creuses, le bambou, les briques et le bois quand il présente des trous suffisamment gros pour pouvoir y pénétrer. Les branches tendres de sureau dans le compartiment 1 feraient très bien l’affaire également !

Emplacement 6
Abeilles charpentières

Grandes pollinisatrices dont les larves se nourrissent de pucerons, les abeilles charpentières aiment le bois perforé de gros trous qu’elle agrandira pour pouvoir continuer à y séjourner quand elle aura grandi.

Emplacement 7
Lézards

Leur repas se constitue d’araignées, de criquets et grillons, de pucerons et de mouches. Leur abri idéal intègre des pierres plates et des cailloux. Les pierres ont l’avantage de restituer la chaleur engrangée tout au long d’une exposition au soleil, ce qui est très appréciable pour un animal au sang froid !

Emplacement 8
Crapauds

Ils adorent les limaces et  les chenilles. Pour les attirer dans un endroit frais et humide,  il faut leur préparer un entassement de pierres plates et/ou de bois.

Et en bonus,  cette photo d’un mini hôtel à insectes fabriqué à partir des chutes de chêne, de branches de sureau et de sciure de bois récupérée lors de la construction.

N’hésitez pas à (re)lire notre article sur la récupération et la mise en valeur des déchets verts, où l’on vous apprend aussi à fabriquer un abri à perce-oreille !

Avoir un jardin ou un petit espace extérieur est une vraie chance, surtout pendant le confinement. Mais côté entretien, cela représente aussi du travail, surtout quand on sait que la collecte des déchets verts n’est plus toujours bien assurée. C’est pourquoi nous allons partager avec vous quelques astuces pour valoriser vos déchets directement sur place !

Comment valoriser les déchets de tonte ?

Dès les premiers jours de confinement, le soleil et les températures douces aidant, une armée de tondeuses a résonné chez les particuliers. L’enfermement va aussi encourager la succession des tontes de gazon et donc de la quantité des déchets.

 Comment les réduire ?

  • Pratiquer le mulching

Certaines tondeuses ont une fonction mulching : l’herbe est broyée et répartie uniformément sur le gazon , en se décomposant elle nourrira le sol.
Pas de bac, pas de ramassage et donc pas de déchets ! Nous pratiquons beaucoup le mulching dans le parc du Louvre-Lens 😉

  • Pas de kit mulching ?

Vous pouvez composter une partie de la tonte dans votre composteur en veillant au bon équilibre déchet vert/déchet brun, comme nous vous l’avons expliqué dans notre article sur le compostage. Vous pouvez également faire sécher l’herbe coupée en l’étalant 24 h et l’utiliser ensuite en paillage dans vos massifs, aux pieds de vos haies ou dans votre potager !
Bon à savoir :
Il est préférable d’éviter la tonte fraîche sur les plantations qui nuiraient au développement de celles-ci en provoquant une faim d’azote. En effet le processus de décomposition demanderait  une consommation d’azote qui de fait ne profiterait plus aux plants.

  • Essayer de ne tondre que lorsque cela est strictement nécessaire

Dans le parc du musée nous tondons uniquement les zones fréquentées par les promeneurs et les allées de cheminement. De cette manière, les autres zones demeurent à l’état de prairies fleuries.

Vous avez un grand terrain ?  Pourquoi ne pas adapter cette méthode en ne tondant que les allées nécessaire à la déambulation ainsi qu’un espace plus important qui serait réservé aux activités extérieures ? Procéder ainsi, c’est aussi se créer l’opportunité d’observer la nature évoluer. Petites fleurs, petits animaux, on est souvent surpris des rencontres qu’on peut faire !…

Que faire des déchets de taille et des branchages ?

  • Composter tous les déchets de petite taille, de tonte, de désherbage, de cuisine et de feuilles mortes dans votre composteur.
  • Broyer pour pailler massifs, haies et potager (sauf les déchets de résineux qui acidifient le sol et les déchets de taille de rosier vecteurs potentiels de maladie).
  • Fabriquer une haie sèche: planter des piquets et entasser toutes les branches ramassées les unes sur les autres. Nous consacrerons un prochain article à cette technique et à son intérêt écologique, mais voici une photo prise chez notre collègue Philippe en version XXL :

    Barrière végétale issue de coupes de saules, en version XXL

    Notez que la barrière végétale peut être adaptée à un jardinet : 1 mètre de barrière est suffisant pour les petits hôtes, car ce qui compte c’est la diversité des lieux d’accueil 😉

  • Faire un tas de branchages dans un coin pour fabriquer un abri à hérisson.
  • Fabriquer des abris à insectes : certains bois tendres (comme le sureau) peuvent accueillir des larves d’abeilles sauvages par exemple.

Branches de sureau

 

Bois tendre de sureau

Utiliser des branchages pour confectionner un abri à perce-oreilles, grands prédateurs de pucerons !

Abri à perce-oreilles, avril 2020

Fabrication d’un abri à perce-oreilles

Le matériel :

  • Un pot en terre cuite
  • Une branche de sureau
  • De la paille
  • De la ficelle ou de la corde

Les étapes :

1/ Mettre la paille dans le pot

2/ Couper la branche en 2 morceaux puis les fixer de manière à former une croix à l’aide de la ficelle

3/ Insérer la ficelle à l’intérieur du pot, en passant à travers la paille

5/ Retourner le pot et tirer la ficelle vers le haut

6/ Accrochez le pot près d’un tronc

Votre abri à perce-oreilles est prêt à accueillir de nouveaux habitants !

Vous avez vos propres trucs et astuces à nous faire partager ?
Rendez-vous sur la page Facebook du Louvre-Lens pour en discuter ensemble !

 

 

Intimement convaincus de la nécessité de protéger chaque espace écologique pour assurer le maintien de la biodiversité, nous essayons d’être inventifs pour aménager au mieux chaque parcelle.

Une visite a fait germer une idée d’aménagement : créer une zone refuge sur le bassin spécialement pour les canards.
Objectif : sauvegarder leur intimité dans un lieu de fort passage.

 

De l’importance de bien connaître les caractéristiques de ses espaces

Le parc abrite de nombreuses ressources. Pourquoi ne pas les exploiter ? Nous avions justement récupéré de nombreuses branches de saule lors de la taille hivernale de nos arbustes. Il se trouve que la bouture de saule est souple et très facile à manipuler si elle a été préalablement trempée dans l’eau. Un matériau de choix pour notre projet que nous imaginions tel un îlot végétal flottant sur le bassin.

 

Entre écologie et Land art

Nous avons donc utilisé des perches de saules pour la base, du lierre à la surface et des bouteilles d’eau vides pour la flottaison. La structure est ancrée par un poids au fond du bassin, avec assez de mou pour se laisser bercer par les flots. Cette structure végétale autonome continue d’évoluer au contact de l’eau et devient le refuge spontané de la faune. Elle se consolide au gré du courant… et fait le bonheur de nos 5 colverts qui peuvent s’y reposer !

 

Il a fallu donné de notre personne et toute l’opération de mise à l’eau a été scrutée par nos amis à pattes palmées…

Notre petite structure vogue désormais à travers flots et accueille… des poules d’eau ! 🦆🦆🦆