Le Saule Marsault - Louvre-Lens

Le Saule Marsault

Dans notre parc un Saule Marsault (Salix caprea) apporte une touche bucolique au bassin : avez-vous déjà pu contempler son reflet sur les eaux ?

Le Saule Marsault – Branche arrachée

Au-delà de l’agréable point de vue qu’il offre, cet arbre mort est ce qu’on appelle un chablis :  un déracinement naturel dont les causes sont multiples comme le vent, la vieillesse, la pourriture ou un mauvais enracinement.
Trop souvent et à tort, les arbres morts ou couchés sont jugés inutiles et sont éliminés. Nous avons préféré le conserver, en prenant les précautions d’usage pour assurer la sécurité des visiteurs.
Ainsi, nous avons  sécurisé la zone en retirant la branche qui écrasait la clôture des ruches, puis nous l’avons découpée en rondins que nous avons positionnés pour caler le tronc incliné toujours vivant et permettre la poursuite du cycle naturel.

L’arbre mort : un maillon essentiel de la biodiversité

L’arbre mort debout ou couché au sol va abriter une succession de communautés animales, bactériennes et fongiques, partie intégrante de la biodiversité forestière :

  • En tant qu’habitat dans son écorce pour les insectes, dans ses cavités pour les chouettes ou les chauves-souris ou comme surface de colonisation des lichens
  • En tant que source de nourriture pour les insectes et les champignons
  • En source d’humus, la couche supérieure du sol créée, entretenue et modifiée par la décomposition de la matière organique, principalement par l’action combinée des animaux, des bactéries et des champignons du sol.

La nature ne produit pas de déchets

La deuxième vie de l’arbre commence, l’arbre couché reprend de la vigueur et accueille oiseaux et petits mammifères, un arbrisseau se profile déjà entre les racines à ciel ouvert, il se nourrira de l’humus de l’ancien tronc décomposé par les insectes et les champignons.
La nature ne produit pas de déchets, chaque élément, comme les arbres, fait partie d’un tout et a une fonction. Ce qui sort de la terre retourne à la terre, et nous, jardiniers, sommes les gardiens  de cet équilibre.

Dans le cadre particulier de notre Musée-Parc, on peut dire que la gestion de cet arbre s’apparente à du Land Art, l’art éphémère du paysage qui nous rappelle de jouir de la beauté de l’instant !

Le Saule Marsault, vue d’automne

 

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