Le monde végétal Archives - Louvre-Lens

Zoom sur les arbres têtards (ou quand les arbres prennent la grosse tête)

Ils semblent tout droit sortis de l’imaginaire lorsque leur profil macrocéphale nous surprend dans la brume matinale. Les arbres têtards, aussi appelés « trognes » façonnent notre patrimoine paysager rural. On vous dévoile tous leurs mystères…

Des menhirs de bois témoins de notre histoire

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils en imposent avec leurs troncs massifs ! Ils remplissent plusieurs missions :

  • former une solide clôture pour contenir les bêtes tout en leur offrant de l’ombre
  • fournir les foyers en bois de chauffage
  • délimiter les parcelles de terrain

Les premières traces d’arbres trognés ont été découvertes sur un chêne dès le néolithique, et la pratique se développa par la suite jusqu’au Moyen-Âge pour être généralisée aux 19e et 20e siècle, dans la tradition des haies bocagères. Les haies bocagères sont des haies d’arbres et d’arbustes destinées à délimiter une parcelle. Elles peuvent prendre plusieurs formes dont les arbres têtards, les arbres de hauts jets comme le peuplier ou buissonnant, comme le noisetier.

Il existe autant de trognes que de régions. On pourrait dresser une carte de France et constater la richesse du savoir-faire et donc la diversité des appellations ! C’est pourquoi vous avez peut-être  entendu parler de trogne du gaulois trugna, « nez, museau » ou comme dans notre région d’arbres têtards en conséquence de leur  grosse tête boursoufflée caractéristique. Les essences diffèrent selon le patrimoine local et de la ligne d’exploitation du bois recueilli. Vers le nord nous trouvons beaucoup de saules le long des fossés ou le long des cours d’eau : gourmands en eau ils sont de très bons stabilisateurs de berges. Un tour de France de trognes mettrait en lumière les activités locales que ce soit pour de la vannerie, du fagotage, de la création de piquets ou de manches pour divers outils. Il est ainsi possible de rencontrer des essences très diverses telles que des trognes de chênes, de frêne, de saules ou de platanes.

Les trognes peuvent être utilisés comme repères visuels pour délimiter des parcelles, d’où leur présence le long des clôtures, ou des champs

Pour créer un arbre têtard, de la patience avant tout ?

On admire la persévérance des créateurs de bonzaï qui modèlent décennies après décennies leurs arbres miniatures. Les arbres têtards exigent aussi une coupe régulière, répétée et droite pour aboutir à cette silhouette si particulière. L’arbrisseau est étêté à 1,50m / 2m du sol, ce qui active le développement des bourgeons et favorise la croissance de rejets. Ces rejets sont les branches qui vont être prélevées. Les années passant, le tronc grossit, un bourrelet surmonté d’une plateforme apparaît. Le temps va poursuivre son œuvre et le ruissellement des eaux de pluie va petit à petit creuser le bois, stagner pour finalement former une cavité dans le tronc. Les plus gros spécimens se développent pendant plusieurs décennies avant d’arriver à maturité. Ils finissent d’ailleurs par s’éventrer sous le poids des années s’ils ne sont pas entretenus régulièrement.

Taille de formation d’un saule têtard

Vous souhaitez obtenir votre arbre têtard ? Voici la marche à suivre avec du saule, technique employée au parc du musée où vous aurez le loisir de les voir évoluer au fil des ans !
La taille de formation se fait en hiver, à sève descendue :

  • La première année un baliveau de saule est obtenu en étêtant un jeune arbre (un baliveau est un jeune arbre de 2 à 4 ans choisi pour son profil bien droit et ses belles ramification, il mesure moins de 2,50 m et son diamètre fait moins de 6 cm)
  • La deuxième année, comme le houpier situé en partie supérieure de l’arbre a disparu, la sève va activer la croissance des bourgeons et former ce qu’on appelle des rejets le long du tronc : de futures branches que l’on va supprimer pour ne garder que les branches du dessus.
  • La troisième année, on laisse l’arbre poursuivre sa croissance en continuant d’enlever d’éventuels rejets
  • La quatrième année le saule peut être recépé, il reprendra vigueur au printemps (recéper un arbre consiste à tailler un arbre en arbuste, en le rabattant à un niveau inférieur pour activer sa repousse).

Taille de formation d’un saule têtard

Un formidable foyer de biodiversité

L’atout écologique de ce type d’entretien est considérable car chaque partie de l’arbre sera colonisée par la vie, à plusieurs échelles :

  • Dans les « dendro micro-habitats », ces petits habitats formés par les fentes, trous ou aspérités des écorces dont ces arbres foisonnent sont particulièrement appréciés par les insectes.
  • Sur les troncs et les branches, on observe la formation de la flore épiphyte (avec un développement hors sol sur l’arbre), de la mousse, des lichens, champignons, insectes
  • Dans les crevasses en partie basse : batraciens, reptiles et petits mammifères
  • Dans les niches en hauteur : oiseaux, rapaces ou chauves-souris

Un panel faunistique et floristique très varié qui regroupe de nombreux habitants heureux d’y trouver refuge : un immeuble XXL en soit !

De la fiction à la réalité…

Que l’on soit poète, d’une imagination fertile ou simple spectateur les arbres têtards invitent au questionnement et à la rêverie . Ces arbres seraient-ils des portes vers un monde fantastique ? Empli de mystères et de secrets ? On dit que les sorcières s’y retrouvaient pour pratiquer leurs rituels… Le saule creux d’Harry Potter n’est-il pas un portail magique ?

Dans la réalité, les arbres tétards sont les témoins d’histoires étonnantes, en tant que cachettes pour trésors ou butins. Plus funestement, en temps de guerre, y trouver refuge pour un soldat en fuite était le risque d’être fusillé à même le tronc…

2020 : l’année des trognes

Malgré un abandon progressif de la création de trognes, l’intérêt de la cause écologique et la ténacité de certains défenseurs du patrimoine rural a permis de remettre sur la table les enjeux du renouvellement du parc des haies de trognes national pour éviter son extinction progressive.

L’engouement est tel que des campagnes de plantation ont été mises en œuvre par des associations, et que l’année 2020 a suscité une mobilisation particulière en tant qu’année des trognes !
Consultez le site trognes.fr pour découvrir des randonnées, visites, projections et débats proposés près de chez vous pour creuser encore plus le sujet. L’occasion de découvrir et protéger le patrimoine rural local !

 

Petit glossaire :

Épiphyte :  le terme épiphyte vient du grec έπί, –epi « sur » et de φυτόν, –phyton « végétal » , il désigne un organisme vivant qui se développe en se servant d’un végétal comme support, sans le parasiter. Cela peut être une plante comme l’orchidée, un champignon ou du lichen. Il n’est pas nocif pour son hôte puisqu’il est simplement posé à sa surface, bénéficiant par exemple de la hauteur pour capter l’humidité de l’air ou une meilleure luminosité et se nourrissant des déchets organiques se déposant au creux des branches.

Houpier : Le houpier ou couronne correspond à la partie supérieure d’un arbre juste au-dessus du tronc, c’est la structure de branchages constituée de la ramure (rameaux et branchages) et du feuillage. La cime est la partie de l’extrémité supérieure de l’arbre, au-dessus du houpier.

Rejet : Quand on regarde un arbre, il faut imaginer son volume en racines dans le sol. Comme un effet miroir, il prend de l’envergure au-dessus et en dessous ! Quand un arbre est recépé, c’est-à-dire que ses branches sont coupées à un niveau donné de manière naturelle (quand les vaches les mangent par exemple) ou par la main de l’homme,  le système racinaire lui ne change pas, il va y avoir une poussée de croissance et le développement de bourgeons. On dit alors que l’arbre va  ‘rejeter’ vigoureusement et donc produire ce que l’on appelle des rejets : de nouvelles branches.

Sources :

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/pdf/Arbres-tetards-ONCFS-Focus.pdf

https://trognes.fr/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trogne_(arbre)

Qu’on ait un grand ou un petit espace, des gestes simples suffisent pour favoriser la biodiversité : la diversité du vivant.
Un balcon ?  Un jardin ? Une façade ? Vous trouverez au moins une astuce à appliquer chez vous !

 

1 – Fleurissez vos espaces !

Avoir des fleurs, c’est offrir de quoi butiner aux pollinisateurs ! Fleurir son balcon, c’est aménager une bulle de nature dans laquelle la faune va pouvoir faire étape avant de continuer son chemin vers le jardin du voisin, au coin de la rue. On voit se développer en milieu urbain des fleurissements de façades et allées, sans oublier les murs et les toitures et terrasses qui se végétalisent aussi ! Regardez ce jardin urbain : ses murs bien exploités supportent en ce moment-même cette magnifique clématite des montagnes ! Mélifère à souhait, c’est une cascade de fleurs qui s’écoule dans le jardin !

Merci à Nadège pour cette photo montrant sa Clématite des montagnes, Clematis Montana.

2 – Aménager un point d’eau

L’eau est source de vie, c’est la clé pour diversifier le vivant. Qu’il soit grand ou petit, l’important c’est de pouvoir étancher la soif des oiseaux et des insectes volants ! Une coupelle avec des cailloux, un abreuvoir, un bac aquatique, un bassin ou une mare, peu importe l’échelle : la présence d’eau apporte la vie, petite ou grande !

Bassin d’agrément avec des pierres disposées de manière à faciliter l’abreuvage de la faune

 

Bassin d’agrément avec branches et rampe d’accès pour faciliter l’abreuvage de la faune

3 – Laisser un coin sauvage

Un espace tondu est agréable pour profiter du jardin et parfait pour profiter de l’extérieur. Alors, tondre oui, mais pas partout et pas trop court !
Le gazon rasé de près est une monoculture hostile au développement d’autres végétaux et à la vie en générale. Pour favoriser la diversité, laisser un coin d’herbes folles est l’idéal ! Les insectes et petits animaux auront de quoi se cacher, et l’humidité au pied de la végétation évitera un assèchement du sol en période de temps sec.

Exemple de végétation spontanée

 

Pensées qui investissent une pelouse et un paillage de pommes de pin

La végétation spontanée ayant l’avantage d’être adaptée à sa zone d’implantation, vous aurez peut-être la surprise de voir s’implanter des végétaux intéressants voire médicinaux !

Consoude officinale qui a fait sa place dans un verger

4 – Aménagez des espaces diversifiés

En offrant le plus grand panel d’habitats possibles, on multiplie les chances d’enrichir la variété d’espèces qui vont coloniser les lieux. Des zones d’ombres, de plein soleil, un tas de sable ou un tas de pierre, des bosses ou des creux sont autant de possibilités pour y accueillir des habitants ! Insectes, reptiles et batraciens seront les plus heureux !

Digne d’un temple Inca, une construction d’enfants à base de briques et de tuiles

5 – Installer des abris pour la faune et la flore

Chaque recoin, même des plus inaccessibles, est une opportunité peut-être insoupçonnée pour les animaux : et si vous aménagiez des coins douillets pour accueillir ce qui vous plaît chez-vous ? Vous êtes plutôt oiseaux ? Hérissons ? Chauves-souris ? Lérots ?

Abri à lérot

Abri à hérisson

6 – Zéro phyto !

N’utiliser aucun produit chimique, c’est être certain de ne pas perturber l’équilibre d’un écosystème et éviter tout impact sur l’environnement. C’est avec une gestion douce et des méthodes alternatives naturelles que nous préserverons le capital écologique !

7 – Planter une haie vive

Une vue aérienne de nos jardins dévoilerait une succession de rectangles verts sur fond vert. Avec nos haies de thuyas ou de cyprès taillés au cordeau, nous généralisons le phénomène de monoculture pauvre en biodiversité.  Adopter des arbres et arbustes colorés pour les yeux, fleuris pour les pollinisateurs, garnis de fruits pour les animaux et pourquoi pas odorants ?! Jouer sur les contrastes des végétaux qui évoluent et nous charment au fil les saisons, c’est aussi apporter une touche de gaieté !

8 – Accepter les mal-aimés

La nature fait bien les choses : chaque être vivant tient un rôle dans son écosystème. Même si certaines espèces animales ou végétales ont un capital sympathie moindre, ils sont la pièce d’une mécanique bien huilée ! Maintenons leur une petite place !

 

La luminosité augmente, l’air se réchauffe en journée, et tels de petits astres qui éclosent encore timidement de-ci de-là, c’est bientôt une nuée de petits soleils qui s’apprêtent à inonder notre paysage. Bienvenue au printemps, bienvenue aux pissenlits !

La plante aux dents de lion !

Le nom pissenlit regroupe des centaines d’espèces et de sous-espèces. Le pissenlit « véritable » est le taraxacum officinale ou taraxacum dens leonis. Dent de lion est son nom commun, nom qu’il doit à la forme dentelée de ses feuilles. Le mot pissenlit ferait aussi référence à ses propriétés diurétiques…

Feuille dentelée de pissenlit

On reconnaît les pissenlits à leurs rosettes d’où s’élancent de longues tiges creuses surplombées par une inflorescence jaune : le capitule. Chaque capitule est formé par de multiples petites fleurs posées les unes contre les autres sur le réceptacle floral. La fleur de pissenlit est en fait un minuscule bouquet de fleurs !

Capitule de pissenlit

Une racine qui se visse !

Avez-vous déjà essayé de déterrer un pissenlit ? Ce n’est pas une mince affaire !
Sa racine est épaisse et puissante, elle s’enfonce loin dans le sol même le plus compact : c’est ce qu’on appelle une racine pivot. Pour corriger un sol bien tassé rien de tel qu’une racine qui se visse littéralement sur place !  Rien n’est dû au hasard, les racines pivots aèrent naturellement et ameublissent les sols durs.

Racine de pissenlit

L’une des premières fleurs du printemps

Certains vous diront : « Les pissenlits ? Pouah ! c’est de la mauvaise herbe ! », alors qu’ils sont un trésor pour la biodiversité.
Le printemps est là. Désormais, la faune et la flore sortent de leur léthargie. Imaginons la petite abeille, bien à l’abri dans sa ruche qui va vouloir trouver rapidement de quoi se ravitailler. Affamée et fragilisée, le temps est précieux : son énergie est limitée. Pour elle, le pissenlit est un mets de choix puisqu’il fait partie des plantes mellifères les plus nectarifères ! La petite abeille n’est pas seule à chercher de la nourriture alors un champs de pissenlit en attendant les futures floraisons est un atout très précieux.

Le Parc du musée a adopté le pissenlit

Le Parc du Louvre-Lens a donné une place de choix aux pissenlits et cette démarche est assez inédite. Le cavalier Nord est l’exemple parfait de l’implantation spontanée et réussie de cette plante dans un parc paysager qui se couvre d’or lorsque la floraison démarre. Des milliers de bouquets que la nature offre à ses hôtes ! Les insectes y sont prospères, c’est une volonté assumée que de préserver la spontanéité de la colonisation du site, la nature a décidé d’y placer le pissenlit et nous l’accompagnons !

Tout se mange dans le pissenlit !

Chaque partie du végétal est comestible, avec ses nombreuses propriétés il est la base de multiples recettes dépuratives et détox. Que ce soit les très jeunes pousses en salade, les fleurs en gelées ou même la racine en infusion, ses vertus sont reconnues depuis longtemps. Et pourquoi ne pas essayer de faire un café de pissenlit ? La racine de pissenlit peut être torréfiée et broyée pour remplacer le café traditionnel, avec son goût corsé et caramélisé entre café et chicorée…

Le Pissenlit #madeinconfinement

Vous n’avez pas de jardin, les sorties sont limitées… Faites entrer les pissenlits et les autres fleurs à la maison et fleurissez vos fenêtres avec les enfants !

Matériel :

Une feuille, de la peinture, un rouleau de papier hygiénique et le tour est joué !

  • Découpez la tranche de votre rouleau de papier toilette sur 2 cm
  • Pressez votre rouleau sur la table pour écarter les franges obtenues
  • Dans une assiette versez votre peinture jaune
  • Tamponnez votre rouleau dans la peinture
  • Reproduisez la fleur sur une feuille

 

À votre tour de jouer : faites comme Arthur, montrez-nous vos chefs-d’œuvre !

Arthur, 6 ans, Mars 2020

 

Maintenant que tout le monde a son pissenlit : fermez les yeux, faîtes un vœu, et soufflez !

 

Qui n’a jamais été piqué par un végétal au détour d’une promenade dans les bois ? À quoi servent les épines ?

Un système défensif

En biologie végétale on appelle cataphylle , du grec kata, « en bas » et phyllon, « feuille », une feuille qui n’est pas utilisée pour la photosynthèse mais comme organe de stockage, de protection ou le soutien structurel. Pour assurer leur survie, les végétaux s’adaptent à leur environnement et il faut dire qu’une aiguille bien pointue est une arme redoutable pour se protéger des assauts des herbivores et des ruminants ! La distinction entre épine et aiguillon vient du fait que l’épine fait corps avec le végétal : l’arracher viendrait le blesser tandis que l’aiguillon peut être retiré sans créer de dommage, c’est le cas du rosier. Tantôt fines, épaisses, denses ou éparses les épines sont un condensé de technologie végétale.

Une adaptation au milieu climatique

De par sa forme et sa surface, l’épine va mieux supporter les fluctuations de la température qu’une feuille. Elle pourra évacuer la chaleur plus facilement selon sa taille et sa surface, comme les mûriers ou les rosiers.

Épine sur tige retombante de rosier sauvage, Potager Pédagogique, janvier 2020

Les épines des ajoncs d’Europe, Ulex Europaeus, sont creuses. L’air encapsulé en leur intérieur joue le rôle d’isolant, ce qui permet une régulation de la température. Elles permettent également d’absorber et de retenir l’eau atmosphérique ou de la rosée du matin, par concentration de gouttelettes autour d’elles. Cette méthode d’adaptation est portée à l’extrême dans les régions les plus chaudes et inhospitalières du globe.  Vous pouvez en ce moment même admirer la floraison de nos ajoncs dans le parc, à l’entrée Nord et sur la plaine ludique. Cette floraison tardive en hiver fournit du nectar aux insectes.

Ajoncs d’Europe en fleurs, janvier 2020

Un excellent système d’accroche

Les épines offrent un excellent système d’accroche aux ronces et rosiers lianes. Dans le potager pédagogique, la dégénérescence d’un arbre en bord de bassin a profité à l’expansion d’un rosier sauvage qui a totalement recouvert sa « charpente », formant un nouvel arbre en symbiose. La mort de l’un a bénéficié à l’autre, poursuivant le cycle de la vie. Par la suite, le bois mort se décomposera lentement, attirant les insectes décomposeurs et leurs prédateurs naturels. Un jour le processus entraînera la destruction de cette ossature opportune et nous rappellera que la nature est en mouvement perpétuel.

 

Rosier sauvage investissant le tronc d’un arbre mort, Potager pédagogique, janvier 2020

Une forteresse de biodiversité

Ce qui repousse les uns attire les autres ! Bien à l’abri derrière ces fortifications spontanées, une cité foisonne. Les pruneliers et aubépines protègent la microfaune des prédateurs et la profusion de leurs baies séduit les oiseaux, merles et troglodytes, ainsi que les petits mammifères. L’endroit est également très apprécié des insectes et des chenilles : cela participe au maintien de la biodiversité, notamment à la subsistance des papillons locaux. Quand la place le permet, il est donc toujours intéressant d’avoir un petit coin de jardin réservé à cette faune particulière. En plus, il n’y a rien à faire, à part laisser tranquille un tas de branches et des ronciers !

 

Des haies défensives naturelles

Un arbre très évocateur du passé minier du territoire est conservé dans le parc. Sa particularité est d’avoir de longues piques acérées sur les rameaux les plus jeunes : il s’agit du Robinier faux-acacias, Robinia pseudo-acacia. Il était planté le long des cavaliers miniers, ces voies de chemins de fer qu’empruntaient les wagons de matériaux, et servait de clôture végétale pour sécuriser les voies des intrusions extérieures. Il contribuait aussi à stabiliser les remblais schisteux et à consolider les galeries souterraines grâce à sa robustesse et à son caractère imputrescible. Lors des travaux de tailles que nous effectuons l’hiver, toutes les ressources sont valorisées directement sur site. Par exemple, les perches de robinier sont  employées pour fabriquer des barrières végétales, avec ou sans épines.

Barrière végétale en Robinier faux acacia, février 2020

Le saviez-vous ? Le sapin n’a pas d’épines !

Ce sont bien des aiguilles, et non des épines ! De nombreux conifères comme nos Pins noirs, Pinus nigra, ont eux aussi adapté la morphologie de leur feuille à la sécheresse. L’évolution et l’adaptation des arbres peut être tout à fait étonnante : par exemple, les feuilles de Gingko biloba, « l’arbre aux 40 écus », sont en forme d’éventail. Il donne pourtant l’impression d’avoir fusionné ses aiguilles au fil des millénaires. C’est une espèce dite « panchronique » de par sa ressemblance morphologique avec des espèces disparues et identifiées sous forme de fossile. Son apparition sur terre date de 270 millions d’années et il peut vivre 4000 ans. Il est reconnu pour sa robustesse légendaire et aurait même survécu à Hiroshima !

Feuille en éventail de Gingko biloba

 

En cette saison, la nature découverte expose le feuillage persistant de végétaux indispensables pour la biodiversité. Les arbres dégarnis dévoilent leurs manteaux de lierre.

Le lierre grimpant n’est pas un parasite

A tort, le lierre est communément considéré comme un parasite. On le confond avec le gui qui perce l’écorce des arbres comme de redoutables clous pour atteindre la sève. Le lierre, lui, possède ses propres racines et se nourrit directement dans le sol riche en matière organique fournie par la décomposition des feuilles de l’arbre.
La végétation du lierre couvre les arbres nus.

Le lierre grimpant recouvre les arbres nus

L’arbre et le lierre : un échange de bons procédés

C’est une véritable symbiose qui s’opère entre l’arbre et le lierre. Étymologiquement le lierre, hedera helix, traduit ses qualités pour être attaché (hedera)et s’enrouler (helix). Cette liane arbustive a besoin d’un support pour s’étendre. L’arbre devient alors son ossature pour ne former qu’un grand ensemble végétal vivant en bonne intelligence. Dans un premier temps, il va ramper pour former un couvre sol de sous-bois lors de son stade juvénile. Ensuite, en quête de soleil à l’âge adulte, il remonte le long du tronc de l’arbre. Agrippé à l’écorce à l’aide de petits crampons, le lierre protège alors le tronc des agressions climatiques, sans lui nuire. Lorsque le lierre recouvre totalement un arbre, c’est que celui-ci est sénescent (en fin de vie).

Fixation des crampons racinaires sur l’écorce d’un bouleau

Le lierre contribue à l’émergence d’une riche biodiversité

Cette coopération va faire émerger un écosystème entier riche de biodiversité avec des  colonies de mousses, de champignons, d’insectes et de petites faunes. Le système s’équilibre peu à peu au travers de la concurrence des plantes et génère ainsi une joyeuse cohabitation de la faune et la flore. Le lierre fleurit en automne et offre aux prémices de l’hiver le dernier nectar pour les pollinisateurs. La colette du lierre (Colletes hederae) est d’ailleurs une abeille qui utilise le pollen des feuilles de lierre pour garnir les loges de ses larves, creusées dans les sols sableux ou argileux.

Les fruits hivernaux, toxiques pour les mammifères, sont des mets de choix pour les passereaux, les mésanges, les pinsons, les rouge-gorges, les geais, les merles ou encore les grives.

Le lierre et ses légendes

Avec sa verdure hivernale qui nous rappelle que le retour du printemps est pour bientôt, le lierre symbolise le renouveau.

De par sa robustesse et son feuillage persistant, cette liane d’immortalité était dédiée au dieu égyptien Osiris.
Dans la mythologie Romaine c’est Bacchus qui est coiffé de lierre et de vigne, attributs qui le protègent des maux de l’ébriété dont il souffrait en tant que divinité de la vigne, des festivités, de la danse et de la végétation.  On retrouve le lierre en Galerie du temps, dans un célèbre tableau de Nicolas Poussin.

Nicolas Poussin, Fête en l’honneur de Bacchus, dieu romain du vin, dite La Grande Bacchanale, vers 1627-1628, huile sur toile, h. 1,21 ; l. 1,75 m, Paris, musée du Louvre, INV 7296, Collection du roi de France Louis XIV (1643-1715)

 

La recette de la lessive de lierre : écologique et économique !

Grâce à son pouvoir saponifiant, la lessive de lierre est une recette très facile à réaliser ! Les ingrédients nécessaires ne manquent pas dans la nature !

Comment procéder ?

  • Ramasser une cinquantaine de feuilles de lierre et les équeuter
  • Rincer et froisser les feuilles de lierre (avec des gants pour prévenir les allergies)
  • Les placer dans une casserole dans un 1 litre d’eau, couvrir et porter à ébullition, puis laisser bouillir 15 minutes
  • Laisser poser une nuit sans découvrir, filtrer à l’aide d’un collant puis remplir un bidon ou une bouteille en verre
  • Se conserve environ 3 semaines au réfrigérateur

Le saviez-vous ?

Les oiseaux ne digèrent pas les graines des baies de lierre. Leurs déjections contribuent à la colonisation du lierre sur le territoire. C’est ce qu’on appelle la zoochorie, le mode de dispersion des graines grâce aux animaux.

Baie de lierre, décembre 2019

 

Sources :

http://www.humanite-biodiversite.fr/temoignage-oasis/le-lierre

https://www.lechemindelanature.com/2016/11/18/lierre/

Le Lierre, La hulotte, collection 11, N° 106 et 107, 01/01/19

Molène Bouillon Blanc, entrée principale du musée


Une plante qui apprécie les lieux hostiles

Un sol rocailleux, caillouteux et sec : voilà un terrain qui paraît bien défavorable pour le végétal ! Certaines plantes trouvent cependant ces espaces attractifs et s’y épanouissent aisément. La nature a pensé à tout !

Le terril plat auquel le parc s’adosse est constitué d’un sol pauvre et drainant. C’est un terrain de jeu idéal pour la molène qui a investi notre parc.

Deux années sont nécessaires pour admirer sa floraison !

Tantôt discrète, tantôt dressée, le bouillon blanc de la famille des molènes (Verbascum thapsus) est ce qu’on appelle une plante bisannuelle : son cycle se poursuit sur deux années.

La première année, la graine germe et forme une rosette, une base garnie de grosses feuilles épaisses recouvertes d’un fin duvet blanc doux au toucher.

La seconde année, après avoir subi une période hivernale, elle élève sa hampe florale. Il est alors difficile de l’ignorer du haut de ses 1,50m à 2m de haut ! Vous l’avez peut-être croisée ? Elle essaie de rivaliser avec les parois du bâtiment, et il faut avouer qu’elle y est presque arrivée, déployant ses fleurs jaunes une à une, et se réfléchissant fièrement sur les parois d’aluminium. Chaque fleur donnée ne fleurit qu’une seule journée.

Son duvet : un airbag naturel

L’origine du mot « molène » viendrait de la mollesse de ses feuilles et verbascum serait une déformation du latin barbascum qui signifie « barbue ». Cet ingénieux système de poils emprisonnant l’air lui offre une protection contre les agressions extérieures.

Une plante aux multiples vertus

Cette plante médicinale était connue de la célèbre Sainte Hildegarde Von Bingen, religieuse du 12e siècle et guérisseuse. Elle la cultivait dans le jardin de son monastère : les corolles de fleurs séchées étaient utilisées en infusion pour calmer les toux et les infections respiratoires. Les feuilles, trempées dans du lait, servaient de cataplasme pour leurs qualités apaisantes et cicatrisantes.

Plante magique, on lui prête d’innombrables qualités : elle protégerait non seulement de nombreux maux mais éloignerait également les mauvais sorts !

Le Cierge de notre dame

Enduite de poix ou de suif, sa longue hampe servait de torche ou de bougie au Moyen-âge, d’où ses noms de « Cierge de Notre-Dame » ou de « Grand Chandelier ». On l’appelle aussi « Queue de loup » car selon la légende, dissimulée dans la poche, elle protégerait des attaques des canidés…

La molène, star d’un tableau

La molène nous fascine et inspire les artistes depuis toujours. On peut en admirer une représentation par Jan Stanislawski dans l’exposition Pologne 1840-1918. Peindre l’âme d’une nation (jusqu’au 20 janvier 2020).

Jan Stanisławski, Molène (Dziewanna), 1895, huile sur toile, H. 38 cm ; L. 67 cm, Cracovie, Château Royal de Wawel, inv. 7428

Dans cette huile sur toile datée de 1895 et intitulée Molène, « Stanislawski exprima sa vision panthéiste de la nature non dans de grands panneaux, comme Monet, mais à l’aide de fragments, d’états changeants, de subtiles apparitions sous forme de plantes sauvages comme les chardons, les molènes, les tournesols. »

Agnieska Rosales Rodriguez, 2019 « Paysages à découvrir ». Dans Pologne 1840-1918. Peindre l’âme d’une nation, sous la direction de Iwona Danielewicz, Agnieska Rosales Rodriguez, Marie Lavandier, Luc Piralla-Heng Vong, p. 309. Catalogue d’exposition (Lens, Musée du Louvre-Lens, 25 septembre 2019-20 janvier 2020). Éditions Snoeck.

La molène floconneuse, cousine singulière de la molène

Plus rare, sa cousine, la molène floconneuse (Verbascum pulverulentum) est aussi présente dans le parc du Louvre-Lens. Sa hampe est plus éclatée, son duvet plus fourni.

Molène floconneuse avec sa hampe florale éclatée

Nous suivons attentivement son évolution afin de la préserver en adaptant nos actions : nous savons exactement à quels endroits se trouvent les stations de molènes floconneuse et suivons avec soin sa migration, année après année.

 

Sources :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/128660

https://www.inaturalist.org/taxa/56165-Verbascum/browse_photos

https://laplumedeloiseaulyre.com/?p=3300

En ce moment, chacun d’entre nous ressent l’irrésistible envie d’hiberner. Rien de plus normal, c’est notre horloge biologique qui se rappelle à nos instincts naturels !

L’hiver : une période de repos nécessaire

L’hiver est marqué par un ralentissement de la vie, une mise en repos avant de pouvoir entamer une nouvelle saison. Le cycle de la vie terrestre est ainsi rythmé et influencé par les astres et la saisonnalité, c’est pourquoi la luminosité et les saisons fluctuent selon notre positionnement sur la planète.

Dans notre hémisphère nord, le solstice d’hiver marque la nuit la plus longue, c’est le début de l’hiver astronomique, qui tombe cette année le 22 décembre. L’astre solaire est au plus loin, ses rayons mettent plus de temps à nous atteindre et c’est à cette période que le photopériodisme (le rapport entre la durée du jour et celle de la nuit) est le plus évident. Au moment du solstice d’hiver, la nuit dure environ 15 heures pour 9 heures de jour. Le photopériodisme et les saisons régulent la vie des animaux et des végétaux, ainsi que leur reproduction.


Le froid : une fin et un renouveau

Sans le soleil, il n’y aurait pas de vie sur Terre. En diffusant sa lumière et sa chaleur, le soleil active la croissance des végétaux : par la photosynthèse, le végétal transforme la luminosité en énergie. C’est quand la période de luminosité est la plus longue que les végétaux se développent le plus. Ensuite, ils entrent en repos. La baisse des températures est favorable à la naissance des bourgeons qui feront ensuite office de thermomètre et déclenchera le processus de floraison, c’est la vernalisation. Ce phénomène est connu depuis l’antiquité. On savait par exemple que les céréales d’hiver devaient être plantées en automne pour subir le froid hivernal et mieux fructifier l’année suivante.

Les bienfaits de l’hiver et de la neige dans la nature

Un froid fécond

Le froid est souvent redouté par le jardinier, inquiet pour ses végétaux. Il faut avoir à l’esprit qu’un végétal acclimaté, en bonne santé, dont le système racinaire est bien développé et robuste reprendra force et vigueur. Pour cela, il est important d’implanter des végétaux locaux à la bonne période. Le froid est alors apprécié pour éliminer maladies, parasites et champignons présents en surface. La nature s’autorégule avant le printemps.

 

La neige : isolant de choix et agent hydratant

Au-delà des jolies vues offertes par les étendues immaculées dans le paysage, la couverture neigeuse est un excellent isolant. Quand les températures baissent fortement en surface, elle fait barrage et protège la faune et la flore. La surface du sol est ménagée des attaques. Lorsqu’elle fond, la neige hydrate le sol en profondeur. En s’infiltrant lentement, à la verticale, l’eau imbibe le sol et participer à la régénération des nappes phréatiques qui souffrent de plus en plus des sécheresses répétées ces dernières années.

Est-ce parce qu’elle aime les arbres et les champs que la neige les embrasse si doucement?
Après cela, vois-tu, elle les met bien au chaud sous son couvre-pied blanc, et peut-être leur dit-elle :
“Dormez bien, mes chéris, jusqu’à ce que l’été revienne”.

(Lewis Carrol)

Des panoramas à couper le souffle

Voici quelques photos prises lors des épisodes neigeux au début de l’année 2019.

Nous vous souhaitons de très bonnes fêtes de fin d’année, et avons hâte de vous retrouver début 2020 !

 

Sources

https://www.universalis.fr/encyclopedie/photoperiodisme/1-besoins-des-plantes-en-lumiere/

https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/astronomie-solstice-equinoxe-difference-8599/

L’un des meilleurs moyens pour apprendre à reconnaître les plantes que vous voyez sur les chemins, dans votre jardin ou encore dans les parcs, comme au Louvre-Lens, est de les confronter avec des herbiers.

Un herbier, qu’est-ce-que c’est ?

L’herbier consiste en un répertoire de plantes, élaboré à partir de fleurs, feuilles et tiges pressées et séchées, puis collées sur des feuilles de papier, auxquelles on adjoint une étiquette comportant certaines caractéristiques : noms français et latin, date et lieu de cueillette notamment. La plante peut figurer dans sa totalité ou être présentée à l’état fragmentaire si elle est trop grande. On peut parfois y ajouter une brève description, ainsi que des détails techniques relatifs à la culture de la plante (saisonnalité, rusticité, propriétés particulières…). Les herbiers sont indispensables aux études botaniques et au travail de classement des plantes par types et espèces.

Un peu d’histoire…

Le premier herbier est attribué au professeur italien Luca Ghini et date du début du 16e siècle. À cette même époque, le naturaliste Guillaume Rondelet (1507-1566) est professeur à la faculté de médecine de Montpellier, où il fait installer le premier jardin botanique de France dans la cour de l’école de médecine, crée un cabinet de curiosité et débute un herbier qui est ensuite enrichi au fil des siècles par de nombreux botanistes. Toutes ces collections sont maintenant réunies au sein de l’Institut de botanique dans le jardin des plantes de Montpellier, et rassemblent près de 4 millions d’échantillons, ce qui en fait l’un des herbiers les plus importants au monde !

Nous avons sélectionné 3 beaux herbiers pour vous !

L’Herbier boisé : histoires et légendes des arbres et arbustes

Comme son titre l’indique, cet herbier est dédié aux arbres et arbustes, à leur histoire mais aussi aux légendes qu’on y rattache dans le monde entier. On y apprend par exemple l’origine du fameux Robinier Faux-Acacia, présent dans le parc du Louvre-Lens. « Son nom est une imposture ! De l’Acacia, le Robinier n’a que le nom de Faux-Acacia… Alors d’où vient la confusion, si répandue, qui fait que pour tous, il reste l’Acacia ? Tout simplement d’une première classification abusive, l’arbre ayant d’abord été nommé Acacia americana Robini, par Jean Robin [apothicaire jardinier au service des rois de France, à qui un botaniste voyageur avait donné des graines en provenance du Nouveau Monde]. Linné remettra les pendules à l’heure, estimant qu’il n’avait pas à être rangé aux côtés d’autres Acacias, dont les Mimosas sont les principaux représentants. Le naturaliste suédois baptisera alors l’arbre aux épines acérées du nom de son premier géniteur européen, le Robinier (Robinia en latin). De son ancien nom, il gardera aussi la trace, l’affublant du nom d’espère de pseudo-acacia, qui lui colle toujours à l’écorce. »

L’Herbier oublié : secrets de plantes retrouvés

Ce second herbier est consacré à des plantes qui ont été oubliées, délaissées, voire classées dans la rubrique des « mauvaises herbes ». Chaque double page présente les caractéristiques de la plante, ses noms populaires, son étymologie, ainsi qu’un bref historique et la mise en avant de ses propriétés et usages particuliers. Ainsi, on y apprend que la Saponaire, cette plante moussante présente dans le parc du musée, permet, en plongeant un morceau de racine broyé dans l’eau tiède, d’obtenir « une eau apte au nettoyage des lainages fins et au blanchiment des étoffes et fils clairs. La saponine contenue dans la solution est aussi capable de dissoudre les graisses ».

L’Herbier des plantes sauvages

L’Herbier des plantes sauvages, à l’usage de tous les amateurs, répertorie 291 espèces botaniques ! C’est l’herbier qu’il vous faut pour débuter et entamer un travail de reconnaissance des végétaux qui vous entoure. Là aussi, l’auteur liste les particularités de la plante, ses noms, son histoire et ses usages. On y apprend par exemple comment les graines de bourrache se retrouvent parfois dans les endroits les plus inattendus. « Les responsables de cette dissémination tous azimuts sont les fourmis, qui adorent ses graines et les transportent sur de longues distances pour en faire des provisions. »

Une fois connaisseurs, n’hésitez pas à vous lancer dans la composition de votre propre herbier, celui de votre jardin, ou de vos plantes préférées. Bonne lecture !  


Bibliographie :

BERTRAND Bernard, L’Herbier boisé : Histoires et légendes des arbres et arbustes, Plume de carotte, 978-2915810196

BERTRAND Bernard, L’Herbier oublié : Secrets de plantes retrouvés, Plume de carotte, 978-2366720228

VIGNES Pierre et Délia, L’Herbier des plantes sauvages, Larousse, 978-2035857101

Aujourd’hui, nous avons envie de vous raconter les plantes d’une autre manière. Zoom sur la théorie des signatures ! Vous verrez que cette théorie attise l’imaginaire et montre à quel point la nature a toujours fasciné les hommes !

Selon la théorie des signatures, certaines plantes signeraient par leur apparence, l’organe pour lequel elles soigneraient le mal, que ce soit par leur forme ou leur couleur.

La théorie des signatures a souvent été appliquée aux plantes médicinales, Paracelse, médecin, astrologue et alchimiste Suisse du 16e siècle en a résumé le principe par cette formule : similia similibus curantur « les semblables soignent les semblables ».

© R.M.N./H. Lewandowski Prétendu portrait du médecin Paracelse (1493-1541) Flandres R.F. 1730

 

Cette théorie a finalement été abandonnée au 18e siècle, faute d’arguments scientifiques.

Aussi passionnants qu’étonnants, les rapprochements ainsi faits peuvent s’avérer bien utiles. Quoique parfois farfelus, ils nous éclairent sur les étymologies botaniques et peuvent constituer de bons moyens mnémotechniques. L’observation des végétaux prend alors un sens nouveau et attise la curiosité.

 

Que veulent nous dire les plantes ?

La pulmonaire, Pulmonaria officinalis

Si vous vous promenez dans le sous-bois ou dans le jardin pédagogique près du bassin, vous découvrirez une plante tachetée de blanc qui s’étale à la mi-ombre pour offrir de jolies fleurs violettes au printemps. C’est la pulmonaire, Pulmonaria officinalis. Mais pourquoi ce nom ? Selon la théorie des signatures, on aurait déduit que sa feuille, similaire par sa forme à un poumon, soignerait les maux pulmonaires !

La vipérine

La vipérine, dont on a déjà parlé ici, aurait la faculté de guérir les blessures venimeuses, faculté suggérée par les petites langues bifides qui jaillissent des fleurs.
On la retrouve un peu partout dans le parc puisque ses graines volatiles se disséminent très facilement dans l’espace.

Le coqueret du Pérou

Les fruits de l’amour en cage, la Physalis Alkekangi, pourraient ressembler à une vessie, lui donnant des vertus diurétiques. Vous apercevrez le coqueret du pérou, une variété de physalis dans le potager de l’entrée Jeanne d’arc.

On peut encore citer bien d’autres analogies issues de la théorie des signatures :

  • Le lamier Blanc (l’ortie blanche) favoriserait la lactation.
  • Sous la coquille de la noix se dissimuleraient deux hémisphères identiques au cerveau humain.
  • La coupe de la tomate l’identifierait, avec sa couleur rouge, aux cavités cardiaques.
  • Les rondelles de carottes nous observeraient comme des iris…

Nos potagers prennent tout de suite une nouvelle dimension !
L’anthropomorphisme a toujours suscité un certain trouble, l’exemple le plus parlant étant la racine de la fameuse Mandragore.

Cette curieuse théorie aura eu le mérite de concourir au développement d’une meilleure connaissance des végétaux et de leurs bienfaits !

 

Sources

http://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/Denizot2006.pdf