Initiation à la nature morte - Louvre-Lens
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Initiation à la nature morte

Héloïse vous propose de découvrir ce qu’est la nature morte, de composer la vôtre, puis de la photographier.

À découvrir au Louvre-Lens :

MILKYWAY-1680

SOLEILS NOIRS

#expoSoleilsNoirs

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Type d'activité

Photographie

Pour qui ?

  • Pour les adultes (dès 16 ans)
  • Pour les jeunes (dès 12 ans)

Temps requis

Entre 30 et 45 minutes

Matériel nécessaire

  • Quelques objets
  • Un fond foncé (tissu, papier...)
  • Un smartphone ou un appareil photo

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Qu’est-ce qu’une nature morte ?

Le nom de “nature morte” est donné aux tableaux qui représentent des objets et des choses inanimées telles que fleurs, fruits, légumes, gibiers ou poissons. Cette dénomination apparaît au 17e siècle et ne sera retenue en France qu’à partir de 1756. Jusqu’alors, on parle plutôt de “nature reposée”, de “vie immobile” ou “silencieuse” (« still-life » en anglais).

La nature morte est un genre très ancien. On en trouve des exemples dès l’Antiquité égyptienne sur les murs des tombeaux, dans l’art grec qui pratiquait le trompe-l’œil et dans l’art romain, notamment dans les peintures murales des villas de Pompéi. Mais c’est à partir du 17e siècle, dans le nord de l’Europe, que cette thématique va prendre toute son ampleur.
La Renaissance humaniste, curieuse de toutes les productions de la nature, voit l’humanité se doter d’outils scientifiques lui permettant de mieux prendre connaissance du monde qui l’entoure.

Bien qu’ils commencent à être appréciés pour eux-mêmes, les objets ne sont pas dépourvus de tout sens moral ou philosophique. La nature morte témoigne de la vie secrète des choses mais elle rappelle aussi à celui qui la regarde le temps qui passe, l’insignifiance de l’homme face aux nouvelles dimensions de la nature et le temps qui passe.

L’histoire de la nature morte ne s’arrête pas là et dépasse son héritage. Les avant-gardes artistiques* s’emparent de ce genre pictural, s’éloignant d’une représentation purement figurative pour se rapprocher de l’abstraction. Les artistes expérimentent autour de cette question et la photographie s’empare de ce sujet.

Adrien Coorte, Cinq coquillages sur une tranche de pierre, 1696, huile sur bois, musée du Louvre – Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado

Actif entre 1683 et 1707 à Middleburg, Adriaen Coorte (1660-1707) est un peintre du siècle d’or néerlandais*. Son adhésion tardive à la guilde de Saint-Luc (corporation* à vocation artistique qui se développe au début du 14e siècle), en 1695, laisse supposer une activité d’autodidacte*. Longtemps méconnu, il est redécouvert grâce aux travaux de l’historien de l’art Laurens J.Bol qui organise en 1958 la première rétrospective* Adriaen Coorte au musée de Dordrechts, au Pays-Bas. À cette occasion une soixantaine d’œuvres du peintre sont authentifiées, la plupart d’entre elles proviennent de collections privées et n’étaient jusqu’alors pas connues du grand public.

Adriaen Coorte réalise des natures mortes de petit format. Ses compositions, très équilibrées et minimalistes*, ne varient guère et se répètent avec une rigueur obsessionnelle : fruits, légumes et coquillages sont disposés sur le bord d’une dalle de pierre légèrement fendue. Parfois assemblés ces éléments restent le plus souvent représentés individuellement et contrastent ainsi avec la surabondance d’objets et de denrées alimentaires présents dans les somptueuses natures mortes de l’époque.

Nous retrouvons dans l’œuvre Cinq coquillages sur une tranche de pierre (que vous avez pu découvrir dans l’exposition Soleils noirs) cette dalle de pierre fendillée. Elle est surmontée de cinq coquillages de tailles et de couleurs variables. Nous pouvons deviner aux ombres portées* que le filet de lumière qui longe l’extrémité avant de la pierre provient de la gauche de la composition. Ces cinq coquilles se détachent sur un fond parfaitement noir qui, bien qu’il induise une absence de profondeur, renforce les profils délicatement ciselés de ces dernières.

Expérimentons ensemble la nature morte par le biais de la photographie

Je vous propose aujourd’hui de composer une nature morte, puis de la photographier avec votre téléphone portable.

Quels objets choisir ?

Le choix des objets composant votre nature vous revient entièrement. Vous pouvez décider de vous inspirer des natures mortes du 17e siècle en utilisant les denrées alimentaires présentes dans votre cuisine (ail, tomate, épices, viande etc.) et/ou les végétaux à disposition (fleurs, feuilles, branchages etc.). Vous pouvez aussi décider de jouer avec le genre et imaginer une nature morte subversive, mettant en scène des objets dont vous vous servez au quotidien. Cet exercice peut être l’occasion de documenter la période si particulière que nous vivons et les nouveaux accessoires que nous adoptons.

Comment les disposer ?

La question de la composition est centrale. Elle détermine la position dans l’espace des différents éléments qui constituent votre nature morte. Avant de disposer les objets, pensez à observer les formes, couleurs, matières et dimensions de ces derniers afin d’établir entre eux des rapprochements et des contrastes. Cela vous aidera à apporter de la cohérence à votre composition.

Le choix de votre fond et de votre support est aussi important. Sera-t-il clair ? foncé ? uni ? avec des motifs ? Sa texture sera-t-elle souple, rigide ? Autant de possibilités pour un rendu à chaque fois différent. Un fond fantaisiste apportera de la couleur et de la personnalité à votre composition quand un fond simple et uni soulignera plus votre sujet.

Comment cadrer ma photographie ?

Là encore les possibilités sont nombreuses. Vous pouvez tourner autour de votre sujet, vous déplacer, le regarder sous toutes les coutures afin de saisir les cadrages et les angles de prise de vue qui fonctionnent.

Il existe un principe de composition assez simple : la règle des tiers. Elle consiste à placer les éléments importants de l’image sur les lignes verticales et/ou horizontales qui coupent l’image aux tiers. Pour cela il faut découper l’image en 9 :

Cette aide au cadrage est disponible sur la plupart des smartphones. L’utiliser n’est cependant pas une obligation. Après tout, les règles sont faites pour être enfreintes – surtout en art ! Libre à vous d’imaginer votre propre cadrage.

Comment éclairer ma composition ?

Tout dépend de l’effet que vous souhaitez obtenir. Commencez par vérifier si la lumière flatte vos objets, leurs textures puis jouez avec elle en modifiant les sources lumineuses et leur intensité. Les ombres portées fluctueront en fonction de cela.

Quels réglages effectuer sur mon téléphone ?

Rien de particulier si ce n’est éviter le flash. Inspectez les paramètres de votre appareil et n’hésitez pas à jouer sur la saturation*, le contraste* et la luminosité. Ces éléments contribuent à apporter une ambiance et du caractère à vos clichés. Il existe également des filtres préenregistrés dans la plupart des smartphones, vous pouvez les utiliser à votre guise.

N’ayez surtout pas peur de faire des tests, d’essayer des combinaisons improbables, tant au niveau de la composition que des réglages de votre appareil photo. Il ne sera jamais trop tard pour recommencer et repartir à zéro, c’est l’avantage du numérique, alors amusez-vous et faites-vous plaisir !

Avant de vous quitter je vous partage mes clichés. N’hésitez pas à faire de même en cliquant sur le bouton rouge « Je partage ma création ».

 

LEXIQUE

*Le siècle d’or néerlandais est une période de l’histoire des Pays-Bas qui se situe à peu près au 17e siècle. À cette époque, le pays devient la première puissance commerciale au monde. Cette prospérité économique favorise le développement de la scène artistique qui connaît alors un essor important, d’où l’expression « âge d’or de la peinture néerlandaise ».

Une *corporation est une association d’artisans exerçant une même activité professionnelle ou artistique, groupés afin de réglementer leur profession et de défendre leurs intérêts. Les corporations de peintres sont nées au 13e siècle.

*Autodidacte : personne qui s’est instruite elle-même, sans professeur.

*Rétrospective : exposition consacrée aux productions d’un artiste.

*Minimaliste : réduit, simplifié au strict minimum.

*Ombres portées : représentation, dans une peinture ou un dessin, de l’ombre projetée par un objet sur une surface.

*Avant-gardes artistiques : dans le milieu artistique ce terme est utilisé pour désigner les personnes/artistes entreprenant des actions nouvelles ou expérimentales, en rupture avec leurs prédécesseurs.

*Saturation : les photographies couleur sont constituées de nombreuses teintes, chacune d’entre elles possède une intensité spécifique. C’est cette intensité que l’on appelle « la saturation ».

*Contraste : le contraste représente l’écart entre les zones les plus claires et les plus sombres d’une image.

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  • Pour les adultes (dès 16 ans)
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  1. Prenez une photo de votre réalisation
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