Tea time ! Peinture au thé ou au café bien noirs - Louvre-Lens
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Tea time ! Peinture au thé ou au café bien noirs

Inspirée par certaines œuvres de l’exposition “Soleils Noirs”, Mirg vous propose aujourd’hui de peindre avec d’insolites pigments !

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En ce moment, le musée présente une exposition qui s’intitule Soleils Noirs. Savez-vous d’où vient cette expression? Et voulez-vous me suivre dans une petite expérience de peinture avec du thé ou du café?

À découvrir au Louvre-Lens :

MILKYWAY-1680

SOLEILS NOIRS

#expoSoleilsNoirs

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Type d'activité

Peinture

Pour qui ?

  • Pour tous
  • Pour les familles
  • Pour les moyens (dès 4 ans)

Temps requis

30 minutes et plus si affinités

Matériel nécessaire

  • Du papier, papier Canson, papier pour imprimante, n’importe quel papier, pourvu qu’il soit de couleur claire et non glacé : le café ou le thé n’adhèreront pas sur une surface trop lisse et imperméable.
  • Des pinceaux, de n’importe quelle taille. Avoir plusieurs pinceaux de différentes tailles permet de tester des formules variées, c’est toujours intéressant.
  • Des godets pour contenir thé et café.
  • Du thé noir, n’importe lequel, même le plus mauvais.
  • Du café, espresso, ristretto, corto ou lungo : l’important est d’éviter le capuccino, trop clair. ;-) Le café soluble est un choix plus que parfait.

J'ai terminé mon activité

Mélancolie passagère

Son titre est inspiré d’un poème de l’écrivain français Gérard de Nerval (1808 – 1855), intitulé « El Desdichado ». Ce mot espagnol signifie le « déshérité », le « malchanceux », le « malheureux ». Le poème, quant à lui, évoque le « soleil noir de la mélancolie », un sentiment doux-amer, ni tout à fait désagréable, ni tout à fait plaisant, mais un peu des deux. Un autre écrivain français a su mettre le doigt sur ce qu’est exactement la mélancolie, c’est Victor Hugo (1802 – 1885). Pour lui, « La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste ».

Il y a bien longtemps, dans l’Antiquité, les Anciens, comme le Grec Hippocrate (460 avant J.-C. – 377 avant J.-C.) – souvent considéré comme le « père de la médecine » – pensaient que la mélancolie était une maladie liée à l’excès de bile noire dans le sang. Vous connaissez sans doute l’expression « se faire de la bile » ? Elle vient tout droit de la « théorie des humeurs », cette théorie dont Hippocrate a été le porte-voix. Le terme « humeur » désignait les différents fluides circulant dans le corps : le sang, la lymphe, la bile jaune et notre fameuse bile noire. Tout excès de l’une de ces humeurs était supposé générer des troubles pour la santé. Cette vision des choses a longtemps perduré, en particulier dans le monde des artistes. Les artistes et les génies de toutes sortes étaient supposés cultiver la bile noire et donc, être de grands mélancoliques. De leurs accès de rêverie mélancolique devaient naître de grandes idées, de grandes créations. La boucle est bouclée : nous revenons à l’art, à la couleur noire et à nos « Soleils Noirs » de contradictions et de contrastes.

Difficile, avec les enfants, de parler de mélancolie ? S’ils ne connaissent pas le mot, ils connaissent certainement le sentiment ! Tentez avec eux de vous remémorer des moments de mélancolie, des moments de rêverie, doux mais sans éclat, des moments nécessaires dans un monde bigarré et agité où l’obligation d’être toujours de bonne humeur peut finir par peser… Connaissent-ils la mélancolie de la fin des vacances, d’un jour de ciel gris en été ? D’autres idées ?

Personnellement, mon moment de mélancolie favori est le petit-déjeuner, les jours où l’on a le temps de rêvasser et brasser avec distance quelques idées noires devant une tasse de thé ou de café… bien noirs eux aussi ! C’est donc logique, la mélancolie est bien souvent synonyme de thé froid chez moi. Que faire de son thé ou de son café lorsqu’il n’est plus buvable ? Eh bien ! De l’art, pardi ! Je vous avais dit que la boucle devait se boucler !

Les matériaux du noir

Si vous trouvez étonnant que l’on puisse peindre au thé ou au café, venez visiter l’exposition Soleils Noirs, vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

Certaines œuvres ont été réalisées avec des matériaux assez inattendus : des mouches (des vraies) pour l’œuvre intitulée Who’s afraid of the dark (« Qui a peur du noir ? ») de l’Anglais Damien Hirst (né en 1965). ^-^

Pour Le Christ à la colonne avec saint Pierre de l’Espagnol Bartolomé Esteban Murillo (1617 – 1682), c’est de l’obsidienne, une roche volcanique noire, vitreuse et brillante, qui a servi de support à la peinture à l’huile. O-O

Ceci sans oublier le charbon (oui, vous avez bien lu, du charbon !) de l’œuvre du Français Bernar Venet (né en 1941) : Tas de charbon, sculpture sans forme spécifique. °O°

Ou encore l’accumulation de culasses Renault de Accumulation Renault du Français Arman (1928 – 2005). -.-

Pour chacune des œuvres, le choix du matériau a été mûrement réfléchi ; l’artiste fait sa sélection en fonction de son projet, de son intention. Parfois aussi en fonction des contraintes auxquelles il fait face ; ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale ou durant l’après-guerre, cernés par les restrictions, des artistes redécouvrent les sombres mérites du brou de noix pour peindre. Pierre Soulages, par exemple, dont deux œuvres sont d’ailleurs présentées dans l’exposition (mais celles-ci sont réalisées avec de la peinture acrylique). Pour en savoir plus sur toutes les œuvres que je mentionne, rendez-vous au musée ! L’exposition dure jusqu’au 25 janvier 2021.

Maintenant, vous pouvez tout simplement confier tout cela aux enfants, pour pouvoir mélancoliser tout votre saoul devant votre petit-déjeuner froid. Et faire semblant de ne pas entendre : « Dis, comment on dessine un arbre ? », ou « Tu peux me peindre un mouton ? », ou encore « Mais, je sais pas quoi peindreuh. »

J’ai une meilleure solution : oublier le petit-déjeuner et les moutons de toutes sortes.

Parmi les artistes exposés dans Soleils noirs, l’un se nomme Simon Hantaï (1922 – 2008). Et Simon Hantaï a inventé des manières de peindre. Je vous propose de suivre ses traces pour vous lancer : oublier « quoi » peindre et inventer « comment » peindre en faisant des expériences et en s’amusant. M. Hantaï avait par exemple eu l’idée de décrocher ses toiles de leurs châssis (support en bois sur lequel la toile est clouée), de les plier, de les nouer et de peindre les surfaces restant accessibles. Le résultat vaut le coup d’œil, cliquez sur le lien ci-dessous et vous verrez l’œuvre présentée dans Soleils noirs ; elle nous a été prêtée par le MAC/VAL, le musée d’art contemporain du Val-de-Marne.

L’atelier

Pour inventer des « comment » peindre, on peut par exemple s’amuser à faire varier les matériaux constitutifs de la peinture :

  • Le support : toile, papier, carton, recyclage…
  • L’outil : pinceau, tampon, doigts, outils bricolés…
  • La matière picturale : peinture, encre, café, jus végétaux…

L’éventail des possibles est infini ! Pour vous lancer, je vous propose une expérience en guise de tremplin : prenez une feuille de papier et pliez-là à votre fantaisie !

Attention, les surfaces cachées ou retournées ne pourront être peintes. Il vous faudra sans doute plusieurs essais avant d’arriver à un résultat qui vous satisfasse.

Ci-dessous une photo de ratage lié à un pliage pas assez fin. Les ratages sont très importants : sans eux, impossible d’avancer. Finalement, je l’aime bien ce ratage !

Lorsque vous estimez que le pliage est terminé, passez le pinceau trempé dans le thé ou le café sur les surfaces visibles de votre feuille : appuyez bien sur la feuille pliée avec la main ne tenant pas le pinceau afin que thé ou café ne se faufilent pas partout. Égouttez bien votre pinceau avant de toucher la feuille. Vous pouvez alterner les zones peintes au thé et les zones peintes au café : le thé teinte très peu, le café davantage et le café soluble, fortement dosé, peut teindre encore plus.

Laissez sécher puis dépliez ! Le résultat est assez discret, le pouvoir couvrant du thé et du café est léger, à la différence de la gouache ou de l’acrylique ; il se rapproche davantage de celui d’une encre très diluée, ce qu’on appelle un « lavis ».

Vous pouvez décider de laisser quelque relief à votre travail pour lui donner l’apparence d’un bas-relief ou l’aplatir totalement en le plaçant sous plusieurs livres pesants.

Une dernière piste intéressante est de prendre en photo votre production en jouant sur la mise en scène (au musée, nous dirions la scénographie) et l’éclairage, vous avez sans doute une lampe de bureau ou une lampe torche avec laquelle tester cela ?

Autre test et, on peut le dire, autre ratage, car peint exclusivement au thé, donc trop clair, mais j’aime bien cette composition (ou organisation) géométrique…

Maintenant : à vous de jouer ! 

Et envoyez-moi des photos de vos expériences et inventions : ratées ou pas, je serai très heureuse de pouvoir les découvrir et même de pouvoir suivre les recettes de « comment peindre » que vous aurez inventées ! N’hésitez pas à poster cela sur les réseaux sociaux afin de pouvoir en discuter avec vos amis !

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  • Pour tous
  • Pour les familles
  • Pour les moyens (dès 4 ans)

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Matériel nécessaire

  • Du papier, papier Canson, papier pour imprimante, n’importe quel papier, pourvu qu’il soit de couleur claire et non glacé : le café ou le thé n’adhèreront pas sur une surface trop lisse et imperméable.
  • Des pinceaux, de n’importe quelle taille. Avoir plusieurs pinceaux de différentes tailles permet de tester des formules variées, c’est toujours intéressant.
  • Des godets pour contenir thé et café.
  • Du thé noir, n’importe lequel, même le plus mauvais.
  • Du café, espresso, ristretto, corto ou lungo : l’important est d’éviter le capuccino, trop clair. ;-) Le café soluble est un choix plus que parfait.

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