La Comédie-Française au Louvre-Lens
Lorsque Louis XIV (roi de France de 1643 à 1715) décide de créer la Comédie-Française en 1680, il souhaite « rendre les représentations des comédies plus parfaites » et élargir aussi bien son contrôle sur la création artistique que son rayonnement. Il souhaite également organiser la concurrence entre les diverses compagnies de comédiens français, la troupe des Comédiens-Italiens et les théâtres forains tenus par des comédiens ambulants.
Le fonctionnement de la Comédie est similaire à celui des compagnies antérieures : chaque membre prend part aux grandes décisions et possède une partie du capital global. La Comédie jouit cependant d’un privilège spécifique : elle est seule à être autorisée à représenter des pièces en français dans Paris et dans ses faubourgs. Ce privilège est conservé jusqu’en 1791 pendant la Révolution française, puis est aboli au nom de la loi sur la liberté des spectacles.
Les « Comédiens français ordinaires du Roi » sont par la suite appelés plus simplement « Comédiens-Français ». À partir de 1707, ils adoptent l’appellation de « Troupe », au lieu de l’habituelle « compagnie ».
À sa création, Louis XIV prend la décision d’accorder un privilège sur les pièces en langue française aux Comédiens-Français. Est alors créé un catalogue de toute la littérature dramatique francophone existante. Ainsi naît le Répertoire de la Comédie-Française qui continue à s’enrichir depuis, notamment d’autrices et auteurs étrangers depuis le milieu du 18ème siècle.
Ce Répertoire comprend les dramaturges (auteurs de théâtre) français les plus célèbres, comme Molière, Jean Racine (1639-1699) ou Pierre Corneille (1606-1684), ou d’autres moins connus. Dominique-Vivant Denon (1747-1825), futur premier directeur du musée du Louvre, y apparaît en 1769, pour sa comédie Julie ou Le bon père.
Plus rares, des dramaturges femmes en font néanmoins partie, telle Olympe de Gouges (1748-1793), autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). Elle y apparaît en 1789 pour une pièce anti-esclavagiste.
L’histoire du Répertoire est également celle des droits d’auteur. Après le succès de sa pièce Le Barbier de Séville (1775), Beaumarchais mène une révolution victorieuse pour une juste rétribution des dramaturges.
Les meilleurs acteurs et actrices de leur temps sont choisis pour constituer la nouvelle troupe la Comédie-Française dès sa fondation. Ensuite, un système spécifique se met en place pour les désigner, c’est le système des « emplois ». Il consiste à attribuer un type de rôle à chaque Comédien-Français, par exemple le rôle de jeune premier, de jeune première, de servante ou de père noble. Ces rôles associent les acteurs et actrices à certains des grands genres théâtraux : tragédie, comédie ou drame.
Le système s’assouplit au 19ème siècle, avec l’apparition d’acteurs stars, telle que Sarah Bernhardt (1844-1923), mais aussi dès lors que les corps d’acteurs correspondent aux caractéristiques des personnages. Anne-Françoise-Hippolyte Boutet, dite Mademoiselle Mars (1779-1847), quitte la troupe car, âgée de soixante-deux ans, elle ne peut jouer autre chose que les jeunes premières. Parallèlement, l’actrice Rachel (1821-1858) gagne la liberté de choisir ses rôles.
Au 18ème et au 19ème siècle, les portraits des comédiens et comédiennes sont créés par les meilleurs artistes de l’époque, de Jacques-Louis David à Auguste Renoir, en passant par Élisabeth Vigée Le Brun.
À l’occasion de l’exposition consacrée à la Comédie-Française, le Louvre-Lens propose une programmation riche et accessible mêlant conférences, spectacles et ateliers créatifs. Une journée théâtre (dimanche 1er mars 2026) invite à découvrir l’histoire et les enjeux de cette institution emblématique tout en faisant l’expérience d’une forme théâtrale vivante et participative. En parallèle, des activités pour tous les âges — ateliers en autonomie, visites-ateliers pour enfants et pratiques artistiques — permettent d’explorer les liens entre musée et théâtre, d’aiguiser le regard et de stimuler la créativité, dans une approche à la fois ludique, pédagogique et immersive.