Mémoires Noires - Louvre-Lens
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Mémoires Noires

Un territoire minier sous l’objectif de Quentin Mercier  

Chaque année, le Louvre-Lens donne carte blanche aux étudiants des établissements d’enseignement supérieur de la région Hauts-de-France, et présente leurs propositions artistiques, ludiques ou poétiques inspirées par l’exposition du moment. 

Dans le cadre de cette édition du WELL21 entièrement numérique, les étudiants participants prennent les commandes de la page Mon Louvre-Lens afin de vous présenter leurs créations, imaginées en lien avec l’exposition Soleils noirs. Une série de 11 articles et tutoriels vous attend !

 

 

Quentin Mercier, Mémoires Noires, photographies argentiques, 2020

Mémoires Noires est une série photographique réalisée en février 2020 par Quentin Mercier, lors d’un séjour passé à Loos-en-Gohelle, sur les plus hauts terrils d’Europe près de Lens. Étant de véritables symboles patrimoniaux de la région des Hauts-de-France depuis le milieu du 18e siècle en raison de l’activité minière locale, ces monuments s’inscrivent aujourd’hui dans la mémoire collective de ses habitants, en étant les témoins d’une période révolue.

Ces clichés argentiques illustrent aussi bien la noirceur de la terre minière que les conflits sociaux, économiques et même politiques qui se sont produits au cours du 20e siècle non loin de ces écrins naturels préservés de tout processus d’industrialisation.

En lien avec la thématique du WELL21 « noir et lumière, jamais l’un sans l’autre », il s’agit d’illustrer la multiplicité des teintes de ces deux couleurs qui jouent d’un contraste sans équivoque. Ainsi, le paysage régional révèle l’interdépendance de la lumière vis-à-vis de l’obscurité, et réciproquement. Dans le prolongement de cette idée, il est judicieux de faire un lien avec la section 10 de l’exposition Soleils Noirs, intitulée « Noirs industriels ».

À l’image des photographies 12 Winding Towers, 1971-1979, de Bernd et Hilla Becher qui sont présentées dans l’exposition, la démarche artistique est tant esthétique que documentaire. En noir et blanc, la série photographique des Becher répertorie le patrimoine industriel dans sa fonction première, présentant des chevalements et diverses structures minières (hauts fourneaux, cheminées, châteaux d’eau…). Suivant un modèle scientifique, le couple privilégie une vue frontale afin de sublimer les principes formels qui s’en dégagent. L’œuvre est présentée sous forme de grille typologique, pouvant rappeler l’architecture linéaire, vouée à disparaître. Le caractère intemporel des paysages va même jusqu’à évoquer une vision anachronique de la réalité et de sa nature, mettant en lumière un versant de la Révolution Industrielle française parfois méconnu. C’est cela que le jeune photographe a souhaité magnifier en noir et blanc, conférant une toute autre dimension aux territoires dont il a prélevé les empreintes grâce à l’outil photographique.

En écho à ce travail, il vous invite à découvrir le projet de Laurie Bachelard intitulé Tourcoing clair-obscur, en restant fidèle au contraste que procure le noir et le blanc.

Quentin Mercier est étudiant en Master 2 mention Arts parcours Exposition/Production des œuvres d’art contemporain à l’Université de Lille. Adepte de la photographie, il est en quête d’images dans ses voyages, en France et à l’étranger, avec pour seule contrainte, la technique argentique. Il participe pour la seconde fois aux journées du WELL, après l’édition de novembre 2019 au cours de laquelle avait présenté son travail Portraits Codés : https://www.quentinmercier.com/portraitscodes.

Pour en savoir plus sur ses créations :