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Une facétieuse orchidée s’installe dans le parc : on fait les présentations !

Particulièrement attachés à la protection des espèces végétales et animales du site, nous sommes heureux de vous présenter une nouvelle venue dans le parc : l’Orphrys abeille !

Cette élégante et facétieuse orchidée à la silhouette élancée tient son nom du latin Apifera: je porte l’abeille. Son nom révèle sa caractéristique principale ; celle de simuler l’odeur de l’abeille femelle de manière à séduire les abeilles mâles solitaires qui, leurrées, pensent se reproduire avec leurs congénères… La pollinisation est assurée lors de la pseudo copulation. Rusée, l’orchidée !

L’Epipactis helleborine 

Lors des visites guidées du parc, nous vous présentons notre amie l’Epipactis helleborine. Cette orchidée à larges feuilles est commune dans les parcs et jardins mais souvent malmenée par les tondeuses, d’autant plus qu’elle passe souvent inaperçue dans le gazon, rendant sa progression sur le territoire parfois difficile. Chez nous, elle prospère aux pieds des arbres et le long des allées. Son rayonnement de plus en plus important dans le parc est de bon augure : les nombreux insectes friands de son nectar trouvent chez nous un refuge propice à leur développement : notre bulle écologique se porte bien !

Les feuilles de l’Epipactis Helleborine se déploient en spirales, la fourmi présente sur la photo de droite montre qu’elle aussi joue son rôle de pollinisateur.

 

Comment sauvegarder les orchidées sauvages chez vous

Quelques petites astuces peuvent vous permettre de repérer et de préserver les orchidées sauvages :

  • Lorsque vous tondez, regardez bien si un feuillage différent perce le gazon ! Si oui, contournez-la le temps d’une saison, jusqu’à sa fructification!
  • Lors de vos promenades, regardez ou vous mettez les pieds :  discrètes, elles se dressent parfois dans les chemins. Chez nous, elles sont friandes des copeaux de bois couvrant les massifs !
  • Vous pensez en avoir repéré une ? Piquetez la zone avec un tuteur pour ne pas oublier son emplacement, surtout après l’hiver, le temps qu’elles se dévoile au printemps !
  • Préservez des espaces sauvages dès lors que cela est possible… L’orchidée peut se montrer capricieuse, mais une fois installée, cette plante protégée demeure un trésor inestimable !

 

Entre Indiana Jones et l’équipe des jardiniers du musée il n’y a qu’un pas ! Chapeautés, pieds et mains dans la terre, nous creusons et découvrons des trésors enfouis depuis des milliers d’années…  Voyager dans l’espace et dans le temps à travers le jardinage, c’est notre quotidien !

Jardiner à la pioche ?

Ne soyez pas surpris si vous nous croisez munis de pioches pour jardiner ! Après les mineurs, les jardiniers mettent du cœur à l’ouvrage pour travailler un sol composé de schiste. Avez-vous déjà songé à l’épopée des végétaux qui doivent parvenir à faire leur place en prenant racine dans une matière a priori hostile ?

Des fossiles innombrables 

Le puits 9, surplombé jadis par un grand chevalement, s’engouffre dans le sol à plus de 600 mètres de profondeur. Il a vu remonter et renaître des tréfonds minéralisés les témoins d’un passé parfois très lointain…

Quand nos pioches sont posées, que nos mains travaillent le corps du terril, ce sont des bribes de l’Histoire que nous effleurons. Les gisements de houille sont issus de la fossilisation de la forêt du Carbonifère : une période achevée il y a 290 millions d’années. Il n’est pas rare de tomber sur un fossile ! Cela en devient presque un jeu entre collègues. Qui en trouvera le plus ? Qui trouvera le plus gros ? Le plus insolite ? C’est avec bonheur que nous exposons nos trouvailles dans la Rolling Design House du parc, un cabinet de curiosité tout en transparence.

L’été dernier, la Rolling Design House a permis aux visiteurs d’observer nos dernières découvertes sous la forme d’un cabinet de curiosités

Des moulages de végétaux et autres animaux nous rappellent qu’il y a 300 millions d’années, une forêt à l’allure préhistorique peuplait la région. Une faune et une flore alors démesurées ! Fougères arborescentes et prêles toutes aussi immenses cohabitaient avec de gigantesques arthropodes. A cette époque on trouvait la Meganeura, l’ancêtre de la plus grande libellule vivante sur terre.

 

Fossiles découverts dans le parc

Retour vers le futur

Il nous arrive parfois de nos imaginer voyager dans le temps, prêts à tout instant à apercevoir Doc et Marty atterrir dans une allée. Le paratonnerre de notre tour à pomme de terres pourrait peut-être leur garantir les 2,21 Gigowatt pour démarrer leur Delorean !

Quoiqu’il en soit, il n’est pas rare qu’un fossile du carbonifère croise une roue de berline, un clou échappé des rails datant de l’activité minière… ou même un morceau d’obus de la 2nde Guerre mondiale !

Roues et visseries de l’époque minière

 

Pointe d’obus et fossiles découverts sur le site

Le parc et ses richesses témoignent du caractère exceptionnel de notre patrimoine !

 

Dans le plan d’aménagement du parc, l’architecte paysagiste Catherine Mosbach a prévu des zones d’expérimentation à vocation pédagogique. Ces zones appelées « laies » sont en cours d’implantation et font écho à des thématiques en rapport avec le Musée-parc et aux activités présentes et passées du site. Différents axes didactiques mettent en évidence des thèmes variés : historiques, culturels, géologiques ou botaniques. Vous êtes-vous déjà demandé sur quel type de sol était construit le musée ? Comment la nature réussit-elle à coloniser cet espace hostile ? Quels liens peut-on tisser entre les plantes et la création artistique ? Ces micro-paysages sont des supports pédagogiques à part entière pour observer, apprendre et partager !

La laie : un jardin thématique

Dans le cadre de son projet, la paysagiste a défini des laies de terre de 50m de long sur 3m de large, tracées dans la continuité des tables de pique-nique en béton. Ces jardins sont exploités de manière particulière selon le sujet d’étude, et ils sont nombreux !

Par exemple, vous trouverez des espaces dédiés :

  • à la mine, avec ses schistes, sa géologie, ses fossiles
  • aux différents milieux (hostiles comme le terril, humides, prairie sèches, prairies rases…)
  • aux potagers en permaculture (fruits, légumes, méthodes de culture alternatives)
  • aux représentations iconographiques (architecture, mythologie, symboles des plantes dans l’art pictural)
  • à l’utilisation des matières dans le milieu artistique (matière première, tissus, pigments naturels, Landart)

L’année dernière, trois laies ont été créées face à la scène : elles ont accueilli deux potagers en permaculture et un semis d’engrais verts.  Les potagers ont accueilli les « cafés potagers » et des ateliers d’observation de l’environnement que les enfants d’une école voisine aiment particulièrement !

Ouverture des laies potagères en février 2019

Laies potagères en août 2019  

La laie en engrais verts est semée de végétaux qui enrichissent le sol en éléments nutritifs. C’est une manière naturelle de fertiliser les sols. Par exemple, le potassium qui facilite la photosynthèse a été apporté par la bourrache. L’azote et le phosphore, favorisant croissance et production, sont amenés par la phacélie. Cerise sur le gâteau, ces bandes végétales accueillent une grande variété d’insectes et participent à l’équilibre de la chaîne alimentaire autour des potagers.

Laie d’engrais verts : bourrache, Phacélie, Luzerne et moutarde blanche

 

La laie d’engrais verts est un fantastique réservoir de biodiversité, ici une sauterelle et une abeille sauvage sur la phacélie

 

Cet hiver notre équipe entreprend la construction de deux autres types de laies : deux laies minières et deux laies de milieu humide.

La lai de schiste

Cet espace a pour vocation d’observer la re-colonisation spontanée du végétal sur d’anciens dépôts miniers.

Il nous a suffi de gratter la surface sur quelques dizaines de centimètres pour dévoiler la matière charbonneuse. Notre parc pousse sur un terril et le schiste affleure plus ou moins profondément selon le secteur. C’est l’accumulation de matière végétale qui donnera in fine naissance au charbon. Notre laie minière va exposer le végétal minéralisé à une nouvelle forme de végétalisation. Vous pouvez dès à présent observer cette mise à nu et assister à ce processus. Plusieurs étapes se succéderont dans une véritable expérience à ciel ouvert. Mousses et lichens ne vont pas tarder à coloniser la surface… Soyons attentifs.

Deux Lais pionnières hydrophiles (qui aiment l’eau)

La terrasse du midi surplombe une grande étendue de prairie fleurie qui descend d’un côté vers l’entrée du musée et de l’autre vers le stade Bollaert. Face au stade, nous avons observé une zone humide constamment immergée, même en été. Avec le temps, la végétation s’est adaptée à ces conditions et nous voyons apparaître aujourd’hui les joncs et les rejets de saule. Saviez-vous que le saule est un bon moyen de repérer une source d’eau dans un paysage ? Il s’agit en effet d’une plante indicatrice d’une présence d’eau. Vous les retrouverez souvent le long des fossés et des cours d’eau. Nous avons donc là une zone parfaite pour tester les laies hydrophiles !

Vue de la prairie avant fauchage depuis la terrasse du midi, le stade Bollaert se distingue à gauche

 

Prairie en juillet 2019

Dans la perspective de créer deux laies hydrophiles dans cet espace, l’équipe a d’abord tracé les bordures au cordeau et à la bêche :

Découpe des bordures de 50m sur 3 dans la continuité des cubes de béton

Les déchets de coupe sont inclus dans la laie

Les déchets de fauchage de la prairie ont été disposés et étalés sur toute la surface des futures laies.

Par un long processus de décomposition, ce paillage va se transformer très lentement pour former une tourbière. Cette zone humide se caractérise par un sol saturé en eau, en permanence. Le peu d’oxygène présent n’est alors plus suffisant pour permettre aux bactéries et champignons d’engager le processus de décomposition.  Asphyxiée, la litière végétale s’accumule alors progressivement pour former une couche de matière organique mal décomposée : la tourbe.

Les résidus de fauchage sont également rajoutés et étalés en paillage dans la laie

Ce sont de tels paysages qui ont façonné les dépôts à l’origine du charbon. Ils permettent de bien comprendre son processus d’élaboration.

La mise en place de laies va se poursuivre dans les années à venir, certaines de manière pérenne, d’autres seront évolutives selon les expositions et les besoins. N’hésitez pas à nous interpeller lors de vos visites, nous serons ravis d’échanger avec vous à leur sujet !

L’hiver, les arbres sont nus, les fleurs sont fanées, la vie semble disparaître… En réalité la nature est juste au ralenti et prépare la saison prochaine. Végétal et animal se protègent des rudes froideurs de l’hiver.

Vous nous avez accompagnés récemment dans nos travaux de préparations hivernales. Massifs d’ornement et potagers sont paillés, nos sols sont protégés, prêts à affronter l’hiver. Si nous « aidons » nos plantes en leur préparant un sol fertile et chaud pour le printemps, nous souhaitons aussi prendre soin des animaux qui peuplent le parc.

Nous allons aujourd’hui fabriquer un abri pour les hérissons ! Souvenez-vous de notre petit hérisson sauvé de la canicule, la patte collée à un chewing-gum (retrouvez l’article ici) Lui et ses amis patientent dans un nid bien douillet jusqu’au printemps.

Retrait d’un chewing-gum fondu sur la patte de ce bébé hérisson

 

Trouver un abri : une question de survie

Quand les températures diminuent, le hérisson n’a pas beaucoup de choix : sa survie dépend d’une bonne gestion de ses calories. L’énergie emmagasinée durant la belle saison ne doit pas être gaspillée en réchauffant son corps. Il faut dire que des épines, cela ne réchauffe pas beaucoup ! Dès que les températures passent sous les 10°C, le hérisson entre en léthargie dans un lieu sécurisant pour limiter le moindre effort.

Hiberner oui mais pas d’une traite !

On pourrait penser que notre cher hérisson va se coucher en octobre pour se réveiller en avril et reprendre sa petite vie. En réalité, cette période d’hibernation va être entrecoupée de réveils. En effet, la baisse de température corporelle de 35 à 5°C pourrait lui être fatale en lui gelant le cœur si elle descendait sous 1°C. Avec seulement 15 battements par minute au lieu de 150, son corps fournit déjà un effort considérable ! Il peut donc arriver qu’il se réveille pour se remuer un peu, pour évacuer ses déchets ou manger un morceau mais très épisodiquement, pas plus de 2 ou 3 heures.

Un manteau de graisse

La première année est importante pour le jeune hérisson. Il doit suffisamment prendre du poids pour former un manteau de graisse sous sa peau. A raison de 2 grammes par jour, les besoins énergétiques sont assurés. Perdant 30 % de son poids à la sortie de l’hiver, un bébé hérisson trop frêle aurait peu de chance de survie sans cette réserve. 600 grammes, c’est le poids minimal nécessaire à sa survie.

Comment construire un abri ?
  • Avec des branches et des feuilles

Nous avons l’habitude dans le bois de faire des tas de branchages avec les branches tombées au sol. Nous les regroupons pour les petits animaux et les troglodytes qui peuplent le parc. Nous y ajoutons en cette période un amas de feuilles que les hérissons apprécient pour la construction de leur nid.

Tas de branches du bois placées pour abriter la faune

  • En construisant une petite caisse

Lors d’une récente formation sur la faune et la flore, notre collègue nous a fait partager les bons conseils reçus. Il nous a notamment rapporté le plan d’un abri à hérisson facile à fabriquer que vous pourrez reproduire chez vous ! Nous remercions l’équipe de l’intendance du musée qui a pris plaisir à la fabrication(60 cm de haut).

  • Elle possède une entrée étroite (12 cm) et un petit couloir intérieur pour protéger des prédateurs et couper l’arrivée d’air froid.
  • Il est possible de faciliter l’accès à l’intérieur pour le nettoyage du nid en faisant un toit ouvrant, surtout si vous mettez un plancher pour une meilleure isolation du sol. Lors du nettoyage, retirer l’ancien nid pour laisser la place à la prochaine nichée.
  • Le remplir de feuille sèches
  • Placer l’abri dans un endroit coupé du vent. Eviter les espaces dégagés pour y accéder car le hérisson est très craintif. Placez un point d’eau à proximité
  • Ne pas utiliser de colle, nocive pour nos amis

La caisse a été entreposée au pied d’un arbre, à l’abri, pas trop exposée.

La caisse a été remplie de paille et posée sur un lit de copeaux de bois. Les hérissons ont colonisé toutes les zones du parc. Régulièrement nos collègues du musée nous font part de leurs rencontres et demandent des conseils. Bien souvent, nos petits amis déguerpissent plus vite que leur ombre ! Certains ont leurs petites habitudes et il n’est pas rare de les rencontrer chaque jour à la même heure au même endroit et de ne plus les y apercevoir le reste de la journée.  Nous vérifions simplement qu’ils sont en bonne santé et de taille suffisante pour affronter l’hiver sereinement.

Le hérisson : un animal attachant

Entre le Kissifrot de Gastion Lagaffe et Sonic le fameux hérisson bleu imaginé par Sega en 1991, le hérisson est un animal avec un énorme capital sympathie. Il est aujourd’hui le symbole de la lutte pour la défense de l’environnement grâce notamment aux prix Hérissons. La fédération d’associations de protection de la nature et de l’environnement France Nature Environnement (FNE) attribue des Hérissons de Cristal ou de Plomb pour les initiatives respectivement favorables ou défavorables à l’environnement  .

Certaines expositions ont des destins extraordinaires. En cette année 2020, Soleils Noirs fait figure d’une exposition au destin hors norme, chahutée qu’elle fût par ces confinements successifs. Tantôt ouverte aux visiteurs, tantôt accessible au travers d’une « télévisite », vous avez pu suivre ces multiples rebondissements et avez eu le privilège d’accéder à de formidables contenus de la part de toute l’équipe du musée.

Pourtant, un événement incroyable s’est déroulé début décembre. Pas un article de journal n’en fit écho mais avec vous, aujourd’hui, nous brisons le secret.

Voici quelques jours, Soleils noirs s’est littéralement évadée de sa salle d’exposition ! Oui !  Aurait-elle pris goût au hors-les-murs ? A-t-elle décidé d’elle-même de son déconfinement ?

Nous n’avons pas la réponse et cela importe peu. Profitons simplement.

Nos agents les plus matinaux ont bénéficié de ce spectacle  et ont souhaité partager avec vous ces paysages d’un instant d’évasion.

Ce matin là, la brume baigne le parc d’un halo froid et envoûtant. Nos pas pressés peu à peu se taisent, nos yeux s’habituent à l’obscurité : le charme opère. Entre les silhouettes ténébreuses des arbres  dignes d’un film de Tim Burton, une douce lumière se diffuse légère et enveloppante. Un décor d’abord inquiétant cède la place à une pénombre lumineuse. Les illuminations artificielles se substituent aux lumières naturelles. Elles se reflètent sur les eaux et se propagent par vapeurs. Seuls les bruits de l’eau et le premier chant d’oiseau sont perceptibles, le temps est suspendu.

Au-delà des mots voici quelques images prises sur le vif, sans filtre. Notre petit conseil en rapport direct avec l’exposition : écoutez les nocturnes de Chopin pour offrir une dimension toute particulière à l’observation de ces prises de vue.

Les nocturnes du parc

Le bassin reflète les lampadaires, le radeau à peine perceptible nous rappelle étrangement La Solitude d’Alexander Harrison

La Solitude
Alexander HARRISON
Vers 1893
Huile sur toile (h. 105 ; l. 171,2 cm)
© RMN-Grand Palais musée d’Orsay – Hervé Lewandowski

L’hôtel à insecte semble attendre la venue d’une faune noctambule

 

Une photo miroir : côté face…

côté pile : on perd ses repères

Les faisceaux lumineux traversent les feuillages

Les branches des massifs de saule se découpent tout en verticalité

Les confinements se suivent et ne se ressemblent pas. A la bonne heure…

Ce deuxième confinement a été pour nous, jardiniers, complètement différent du premier. Cette fois-ci, le parc est resté ouvert de 8h à 19h bien que le musée soit fermé.  Nos activités ont donc pu suivre leur cours et nous avons eu l’idée d’un article qui, nous l’espérons, vous emmènera dans notre quotidien. Chaussez vos bottes, c’est parti.

Suivez un jardinier pendant 2h

Lors de la création du parc, l’un des objectifs était de proposer un espace de vie et de détente accessible de partout et par tous. Les 11 entrées sont autant d’accès à la nature, essentielles en cette succession de périodes de confinement. Personne n’aurait pu prédire ce que nous vivons, nous sommes heureux d’offrir un lieu d’oxygénation et de liberté à nos voisins.

Vous voir déambuler dans nos allées, respirer, courir ou vous extasier devant les jolies couleurs d’automne nous apporte du réconfort autant qu’à vous. Cet espace est fait pour être partagé, un peu de nature et d’exercice fait du bien au moral !

N’hésitez pas à arpenter nos allées, elles nous maintiennent également en bonne forme !  La preuve en image : un de nos jardiniers, Nicolas grand amateur de randonnée, s’est géolocalisé avec un traceur pendant 2 heures d’activité entre les allées du Parc. Les allées bétonnées sont destinées à garantir la circulation en toute sécurité.  Les amas de feuilles glissantes sont un danger pour les personnes à mobilité réduite, nous les repoussons régulièrement vers les bois et les massifs avec nos souffleurs. Quand nous déambulons avec notre équipement électrique sur le dos, nous ne passons pas inaperçus : on nous appelle les chasseurs de feuilles à défaut de fantômes ! Voici la vidéo de cette petite balade à pieds de jardinier !

Le rafraîchissement des massifs et des bordures

Nous  avons déjà consacré un article sur les bienfaits du paillage. Nous profitons de la période hivernale pour renouveler les différents paillages que nous utilisons sur notre site.

Les massifs entre la cafétaria et le bassin principal ont subi un bon rafraîchissement grâce à la paillette de chanvre. Derrière les vitres du musée, la vue panoramique est toujours un régal pour les yeux quelle que soit la saison. Avec un bon café vous pourrez vous en délecter bien au chaud.

Photo massif

Les massifs aux abords du musée ont été bordurés, taillés et/ou paillés pour les zones les plus exposées au soleil. Le paillage contribue au maintien de l’humidité aux pieds des végétaux ; les façades Sud du musée sont souvent brûlantes sous le soleil d’été.

La découpe de bordure des massifs est un exercice loin d’être anodin pour un bâtiment comme le Louvre-Lens. Les jardiniers ont l’œil et le geste pour tailler la bordure sur plusieurs centaines de mètres et ce n’est pas une mince affaire ! Aviez-vous remarqué les parois incurvées du musée ?  Preuve de leur dextérité : une coupe nette et précise qui épouse les lignes de fuite du bâtiment.

Les bordures permettent, en plus de l’aspect esthétique, de maintenir le paillage en place.

 

Au niveau des potagers, la couche de paille a été densifiée pour protéger les sols du gel et du vent. Un sol exposé au vent s’assèche rapidement. La nature cherche toujours à couvrir naturellement son sol avec des feuilles ou de la végétation. Un sol vivant est un sol couvert.

Pour la deuxième année consécutive, les épinards et le persil se resèment seuls sur place. Un désherbage parcimonieux et ciblé de quelques herbes concurrentes est nécessaire le temps que nos plantules s’installent correctement.

Paillage du potager entre les semis spontanés d’épinards et de persil, novembre 2020

Fauchage des prairies et des bulles d’astragales

La coupe d’hiver des « bulles » d’astragale a été effectuée (article de l’an passé https://www.louvrelens.fr/gardener_post/quand-les-jardiniers-bichonnent-lastragale-avant-lhiver/) , L’odeur de la santoline qui protège la bulle nous embaume toujours autant, n’hésitez pas à y passer les mains lors de vos visites ! Leur senteur est étonnante !

Fauchage, nettoyage et taille des bordures des bulles d’Astraales

Le fauchage des prairies fleuries a débuté et s’échelonne tout l’hiver.  Les graines des plantes se sèment naturellement en séchant sur pied et servent de garde-manger aux oiseaux et à la faune locale.  Plusieurs milliers de mètres carrés sont conservés en prairies dans le cadre de la gestion différenciée. La fauche n’y est plus systématique mais réalisée cette saison en vue de quelques modifications et surprises pour le printemps. Mais, chut, nous n’en dirons pas plus…

Nous profitons des déchets de coupes pour préparer de manière douce l’espace à utiliser. La lente décomposition des végétaux durant l’hiver nous promet un terrain meuble et un peu plus fertile au printemps. La bonne organisation des chantiers repose sur l’anticipation ; la réflexion en amont assure une action raisonnée avec des méthodes adaptées. C’est du gagnant-gagnant, la nature ne s’en porte que mieux et nous aussi.

Ramassage des déchets de fauchage au soleil sous les yeux du musée et des terrils jumeaux

 

Ramassage des déchets de fauchage au soleil sous les yeux du musée et des terrils jumeaux

Un joli terreau fait maison

La valorisation de nos déchets verts liés à l’entretien du parc a été très fructueuse cette année. Elle nous offre un généreux terreau que nous allons pouvoir utiliser pour la culture dans nos potagers ! Comme le disait Antoine Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Préparation des potagers pour 2021

Vous avez été nombreux à participer jusqu’au dernier jour aux cafés-potagers cet été et vous en remercions. Nous sommes très heureux de vos retours et sommes tout aussi impatients de vous retrouver  au printemps ! Pour les petits et grands gourmands, de nouveaux arbustes  fruitiers sont venus enrichir notre production ! Imaginez le plaisir simple de picorer framboises, groseilles et myrtilles au son des criquets dans la chaleur de l’été…rendez vous est pris?

Fidèles au poste, il nous tarde de tous vous retrouver pour la suite de l’aventure. En attendant, si vous entendez souffler dans le coin… c’est que nous ne sommes pas très loin !

En cette période éprouvante pour nombre d’entre nous, nous avons besoin de réconfort ! En plein confinement, il n’est pas toujours facile d’avoir un contact direct avec la nature pour évacuer et se régénérer. On vous donne quelques petites astuces pour profiter de bienfaits simples et naturels accessibles à toutes et tous malgré les contraintes pour faire entrer la nature chez-vous !

1. Aérez-vous !

Que l’on soit à la campagne ou en ville, un bon bol d’air frais est vivifiant, tonifiant et détoxifiant. Nos voisins immédiats accèdent facilement à notre parc grâce aux 11 entrées qui le desservent. Nous sommes heureux d’être présents et de les y croiser lors de leur promenade ou de leur activité sportive. Mais pour vous qui êtes en ville sans extérieur et même sans parc, si vous avez la possibilité de vous déplacer pour respirer un bon coup et dérouiller un peu votre corps, n’hésitez pas à sortir pendant les heures autorisées. Si votre état de santé ne vous le permet pas, il suffit parfois d’ouvrir la fenêtre ne serait-ce que quelques minutes pour inspirer profondément, regarder et écouter. Respirer en toute conscience est essentiel, et l’air dans votre habitation en sera renouvelé.

Soyez attentifs, la nature envoie des signes : voyez-vous l’arbre qui change chaque jour de couleur au coin de la rue ? Cet oiseau qui chante à la fenêtre ? L’univers qui vous dit bonjour à travers ce magnifique lever de soleil ? En tant que jardiniers, notre quotidien est rythmé par tous ces détails qui nous font aimer et vivre la nature intensément. Autant que faire ce peut, gardez le contact avec votre environnement !

2. Cuisinez des légumes de saison

Les activités sont limitées, mais peut être profitez vous de la récolte de votre potager ? Ou avez vous la chance de pouvoir aller au marché ou chez votre maraîcher ?

Lors du premier confinement, nous avons été nombreux à passer derrière les fourneaux, on vous l’accorde avec plus ou moins de succès ! Nous sommes cette fois-ci en plein cœur de l’automne, pourquoi ne pas mettre à l’honneur les légumes de saisons et aller plus loin : découvrir de nouvelles saveurs ? Sortir la recette de Grand-mère, ou même improviser un velouté de butternut ou de potimarron ? C’est aussi l’occasion d’initier vos proches à la cuisine en visio avec les enfants et petits-enfants.

 

3. Profitez de la lumière et des couleurs pour canaliser votre énergie !

La lumière a un rôle primordial sur notre bien-être. Elle a une grande influence sur tous les organismes vivants sur terre ainsi que sur notre moral ! Les jours raccourcissent à l’approche de l’hiver et le manque de luminosité commencent à se faire sentir.  Nous sentons remonter en nous nos instincts primaires et l’irrésistible envie d’hiberner au chaud sous la couette… C’est encore une raison de sortir quand c’est possible et de profiter du rayon de soleil qui viendra illuminer la journée. Vous pouvez également recréer artificiellement la lumière du jour grâce à une lampe de luminothérapie et bénéficier d’un regain d’énergie pour la journée.

Saviez-vous que les couleurs elles aussi peuvent booster votre moral comme la lumière bleue stimule l’éveil ?

Depuis l’antiquité, de l’Occident jusqu’en Orient, les couleurs sont utilisées en complément de la médecine. Toujours étudiée de nos jours, la chromothérapie est une méthode d’harmonisation et d’aide à la guérison de certains troubles, physiques ou émotionnels, à travers l’utilisation des couleurs . Elle est présente, par exemple, dans la théorie médicale hindou qui associe les couleurs aux chakras régulant l’énergie entre les différentes parties du corps. En chromothérapie, les familles de couleur possèdent des qualités qui influent sur nos humeurs. Les couleurs froides apportent sérénité, les couleurs chaudes stimulent l’énergie et la vigueur. Les tons verts au turquoise, comme la nature qui nous entoure, harmonise et équilibre. Quand l’obscurité pointe le soir, choisissez la couleur dont vous avez besoin selon votre ressenti, les tons roses d’un coucher de soleil  ? Le vert de cette forêt qui vous rappelle les pique-niques estivaux ? A vous de trouver votre couleur !

4. Utilisez les odeurs pour éveiller les émotions à la maison

L’odorat est un sens particulièrement efficace pour l’association d’une odeur à une émotion. Leurs origines peuvent être variées mais des odeurs végétales comme la lavande, le thym ou l’eucalyptus vous renverra à la saison estivale. En aromathérapie, quelques gouttes d’huiles essentielles dans un diffuseur aident à la détente et à la méditation. Certaines plantes ont des vertus très utiles en cette période pour combattre les rhumes et certaines maladies pulmonaires dont par exemple notre célèbre « bouillon blanc » que nous conservons au sein du parc .  Il est peut-être temps de sortir le petit pochon de lavande tout frais de cet été ou d’agrémenter la cuisine de quelques plantes aromatiques pour faire entrer le jardin auprès de vous!

 

5. Ecoutez les sons de la nature pour le lâcher prise

Le métier de jardinier est un bon moyen de lâcher prise. Occupé sur notre tâche, l’esprit vagabonde et nous sommes connectés à l’instant présent et aux sons qui nous entoure. Le chant des oiseaux, le vent dans la prairie, la pluie qui ruisselle sur les feuilles. Arrêter-vous quelques instants lors de vos sorties, fermez les yeux et prenez conscience de votre environnement.

Chez-soi, il est possible de conditionner un instant de sérénité en recréant une atmosphère de tranquillité. Il existe des plateformes musicales qui proposent le son des vagues, celui de l’orage ou des oiseaux en forêt. Utilisés en méditation, associez les aux odeurs d’huiles ou extraits végétaux, votre esprit estompera les limites de votre cocon.

6. Adoptez l’eau salée

Le sel est un élément naturel qui améliore notre santé physique, émotionnelle, mentale et spirituelle. Le gros sel est utilisé pour décharger le corps des ions négatifs. Un bain de sel chargé en minéraux contribue à la relaxation et la détoxification du corps. Pas de baignoire ? Pas de panique ! Un bain de pied contentera vos besoins, ou même un verre d’eau versé par-dessus l’épaule après une bonne douche chaude mais pas trop. Les vapeurs d’eau salées sont aussi très appréciées pour décongestionner les sinus, et il faut dire qu’en cette période, c’est exactement ce qu’il nous faut !

Les vertus du sel ne datent pas d’hier. Dans le domaine ésotérique, on lui prête la capacité de nettoyer le champ aurique, cette énergie lumineuse qui entourerait notre corps. Dans la médecine traditionnelle, le sel est réputé pour ses propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires.

Pourquoi ne pas combiner ces conseils entre eux pour en augmenter les bénéfices ? Un bain chaud de gros sels dans une pièce bleu “clair de lune” au son de l’orage vous emmènera à coup sûr loin des tracas quotidiens…

Notre parc se veut novateur tant dans son aménagement que dans son entretien.  Nous sommes toujours à l’affût de pratiques alternatives pour préserver notre bulle de nature et sa biodiversité. C’est pourquoi nous aimons expérimenter des méthodes dans notre jardin pédagogique sous le regard tantôt intrigué tantôt amusé de nos visiteurs.

Pourquoi un paratonnerre au milieu du jardin pédagogique ?

Les visiteurs nous posent souvent la question, et pour cause ce n’est pas tous les jours que l’on croise une si curieuse installation au milieu des tomates et des fraises…  Notre équipe a décidé de cultiver des pommes de terre en changeant de méthode : nous avons testé l’électroculture ! Quel drôle de mot ? On vous dit tout…

Une technique ancienne

L’électroculture n’est pas une méthode nouvelle. Au 18ème, en Europe, l’Abbé Pierre Bertholon physicien Français de l’académie royale des sciences de Montpellier construisit des dispositifs pour capter l’électricité atmosphérique pour la redistribuer dans le sol.  C’était l’ami d’un certain Benjamin  Franklin qui étudia l’électricité, la foudre et les tremblements de terre. Il avait constaté qu’au pied des paratonnerres les végétaux étaient particulièrement bien développés. Avec son « éléctrovégétomètre », il chercha à stimuler le développement des végétaux en leur faisant traverser des flux électriques. Au 19ème siècle, des expériences vont se succéder et il y aura même un congrès de l’électroculture organisé à Reims.

Pourtant ce domaine va peu à peu être délaissé au 20ème siècle avec la mise sur le marché des produits phytosanitaires et d’engrais aux résultats plus constants.

Aujourd’hui, les effets néfastes de ces produits sur l’environnement nous poussent à la réflexion et au recours aux méthodes alternatives. Ainsi, l’électroculture, réservée depuis quelques décennies aux amateurs de jardinage alternatifs et aux scientifiques en quête d’expérimentation, retrouve son intérêt et passionne nombre de jardiniers.

De l’électricité sur les plantes ?

Une plante est un organisme vivant composé majoritairement d’eau. L’eau étant sensible aux ondes électromagnétiques, les plantes pourraient être également réceptives ? Le phénomène serait d’un grand intérêt, le champ électromagnétique de la terre est une ressource inépuisable.

L’électroculture se définit en l’utilisation, la canalisation et la propagation des flux électriques et magnétiques présents naturellement partout autour de nous.

Certains qualifient cette technique de pseudo-science… Nous, au contraire, nous jouons sur l’aspect ludique et la curiosité de nos visiteurs qui attendent patiemment les résultats de cette expérience ! Tel Mary Shelley et son Frankenstein, nous nous apprêtons à donner la vie dans notre parc ! Le suspens est à son comble… avons-nous eu la naissance de petites pommes de terre fraîchement sorties de terre dans notre parc pendant les vacances de La Toussaint ?

Les étapes de mise en place

A l’intérieur des plants en éléctroculture, à l’extérieur des plants témoins. On recouvre le tout de paille.

 

Nous avons choisi de faire notre test sur la culture de pommes de terre. C’est assez simple à mettre en place, et il est plus facile d’observer la production d’un plant de pomme de terre que celle d’un radis ! Nous n’en avions pas encore cultivé dans notre parc, c’est donc une première historique que nous vous proposons !

Pour tenter cette expérience, nous avons construit une petite tourelle/silo en grillage à poules d’environ 1m de haut sur 1m20 de diamètre. Au centre se dresse une sorte de paratonnerre, un simple hérisson de ramonage (toujours dans l’esprit valorisation d’objets de récupération) relié à un fil de cuivre qui lui même est relié au grillage. Si l’on s’en réfère à la théorie, cette installation permet de capter le courant tellurique, un courant électrique qui circule dans la croûte terrestre.

La terre est grattée, du compost et du terreau sont étalés à l’intérieur et à l’extérieur. Sur cette terre riches sont  disposées les pommes de terre. On recouvre le tout de paille.

A l’intérieur : des plants en éléctroculture. A l’extérieur : des plants témoins.

 

 

 

 

 

Les fruits de notre de notre expérimentation

De la paille a été ajouté au fur et à mesure pour « butter » les pommes de terre. Cet action permet de favoriser la formation des tubercules mais aussi de les cacher de la lumière du soleil qui les ferait verdir et les rendrait impropres à la consommation. .La paille a également permis de maintenir une certainement humidité pendant cet été extrêmement sec. Même la rosée du matin était fixée sur nos plants, la fraîcheur conservée à l’intérieur ; aucun désherbage n’a été nécessaire. Quelques arrosages ont été apportés avec parcimonie.

Vous avez été nombreux à suivre l’épopée de nos petits tubercules au grès des visites du parc, des ateliers scolaires et des cafés potagers. Nous avons pu constater que nos plants à l’intérieur se sont extrêmement bien développés ! La récolte est même assez abondante.

A l’extérieur, en revanche, le résultat est plutôt maigrichon, quelques pommes de terre tout au plus.  A première vue, le résultat semble sans appel mais nous nous interrogeons sur la fiabilité du test. Le phénomène de silo dont a bénéficié le plant « électro » a t’il modifié le résultat? Les pommes de terres témoins ont elles souffert davantage de conditions plus difficiles au pourtour ? une exposition plus importante à la chaleur ? moins de soutien ?

Nous avons décidé d’améliorer le système dès la prochaine saison avec cette fois-ci deux tourelles/silo identiques dont une seule sous électroculture.  Nous verrons l’an prochain… En attendant les enfants ont été satisfaits de découvrir les pommes de terres en écartant la paille ! Et nous aussi !

Sources :
https://www.permaculturedesign.fr/electroculture/
https://www.youtube.com/watch?v=0jk0h1laL-0  ( Présentation du jardin du graal par Philip forrer, à partir de 20 min))
BERTHOLON Pierre, De l’électricité des végétaux, P.F. Didot jeune, Paris, 1783.
VERNE Jules, L’île à hélice, Hetzel, Paris,1895.
SHELLEY Marie, Frankenstein ou le Prométhée moderne, Corréard, Paris 1821

Depuis quelques semaines de curieux petits chapeaux pointent de-ci de-là dans le parc, tantôt petits et discrets tantôt grands et fiers ! Solitaires ou en famille, ils subliment les feuilles d’automne de leur couleur varié : les champignons investissent le parc.

Ni animal…ni végétal !

Les champignons sont un groupe d’espèces vivantes bien plus important que ce que nous voyons familièrement autour de nous dans nos parcs et jardins. Ce royaume d’espèce est distinct du monde animal et végétal. Le père de la botanique Théophraste au IIIème Siècle avant notre ère classera les champignons en quatre grands types :

  • Les champignons poussant sous terre comme les truffes ;
  • Les champignons en forme de coupe comme les pézizes ;
  • Les champignons de forme arrondie, les vesses-de loup ;
  • Les champignons à chapeau et à pied.

La partie visible, c’est comme le fruit d’une plante, on le nomme carpophore ou sporophore et les « graines » sont des amas de spores. Souvent invisibles à nos yeux, on peut les voir s’envoler en nuage lorsqu’ils rencontrent le bout de nos chaussures ! Ces fameuses boursouflures blanches des vesses-de loup !

Vesse de loup, clairière du bois pionnier, 2019

Tout un monde sous vos pieds !

Coprinus comatus, Coprin chevelu, bois pionnier 2020

Tout ce petit monde a un point commun : une structure constituée de minuscules corps filamenteux qui s’enchevêtrent dans le sol ou le bois que l’on appelle le mycélium. C’est le corps permanent des champignons, il est composé de filaments appelés hyphes. Ces hyphes se ramifient pour former un réseau fongique qui va se développer.

La forme et la texture du mycélium varient : blanc, translucide, rose jaune ou rose. Il peut se développer concentriquement donnant naissance aux fameux Ronds de sorcière ! Il n’est pas rare que surgisse au petit matin un cercle de champignons, en avez-vous déjà aperçu chez vous ou dans notre parc ? Le folklore local nourrit de nombreuses légendes autour de ces cercles mystérieux qui s’agrandissent d’année en année selon le type de champignon. Elfes ? Farfadets ? Rituels magiques ? Seraient-ils des empreintes du passage de quelques sorcières ? Exauceraient-ils les souhaits formulés en leur centre les nuits de pleine lune ?

Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es !

On peut classifier les champignons par leur mode de nutrition, ce classement permet d’y voir un peu plus clair sur les types de champignons que vous pouvez rencontrer !

1 – Les saprophytes ou saprotrophes , du grec « sapros » putride,  sont des décomposeurs. En se nourrissant de la matière organique morte ou en décomposition, ils vont la faire disparaître. C’est ainsi que se recyclent les restes de feuilles, de bois, d’animaux et d’excréments.

2 – Les parasites ont besoin d’un hôte, ils dépendent d’une matière organique vivante (végétaux, animaux, hommes ou même champignons), et peuvent agir sur sa santé.

Fomes fomentarius, l’Amadouvier est un parasite, dit polypore allume-feu dont la poudre séchée est inflammable a été retrouvée dans le Sac d ötzi retrouvé qui a vécu dans le Tyrol à -5000 av.J.C.

 

3 – Les mycorhizes, du grec « myco » champignon et « rhiza » , vivent en association avec un végétal. Ils sont en symbiose. C’est un échange de bons procédés. Le végétal fournit au champignon les éléments organiques en échange d’eau, et de minéraux…

4 – Les endophytes se développent dans le végétal entier. Ils protègent la plante en produisant des molécules qui peuvent être antibiotiques, insecticides, ou même neurotoxiques pour les herbivores !

Le mycélium : l’internet naturel de la terre

Sujets de nombreuses études, les réseaux de mycéliums et de mycorhizes ne cessent de surprendre les chercheurs. Cette symbiose entre le champignon et le végétal témoigne d’une véritable coopération. Les mycorhizes vont se développer tout autour du système racinaire du végétal pour atteindre un rapport de 1m de racines pour 1000m de filaments mycéliens. La capacité d’exploration de la zone par les poils absorbant des racines est alors multiplié par 10 000 !

Le mycélium établit ainsi une connexion entre les racines des arbres et les arbres entre eux dans un réseau d’échange ininterrompu d’information.

Un sol en bonne santé et propice à la culture contient des champignons, c’est le cas également de votre potager ! Dans les potagers du parc, les différents paillages permettent leur développement et participent à l’équilibre et à la bonne santé de nos légumes. Chez certains pépiniéristes, des arbres sont même vendus avec du mycélium de truffe !

Le saviez-vous ?

Depuis 2400 ans l’Armillaria ostroyae s’étend sur 8,9 Km2 dans la forêt nationale de Malheur dans l’Oregon, sur un mètre de profondeur dans le sol. C’est la plus grosse colonie découverte à ce jour ! Les réseaux peuvent être si dense que chacun de nos pas résonnent dans le mycélium lors de nos baladent en forêt…

A votre tour de découvrir des champignons !

Maintenant c’est à vous de jouer, ouvrez l’œil autour de vous… scrutez votre environnement pour les débusquer !  Les températures douces et l’humidité de l’automne en font évidement la saison  idéale pour les débusquer. Ils apparaissent autour de nous parfois en une nuit !

Où les trouver ?

Là où ils poussent…C’est le support de culture qui définit en majeure partie le type de champignon. Vous les trouverez ainsi aux pieds des arbres, sur les branches et les rameaux tombés au sol, dans les herbes, les amas de feuilles en décomposition. Munissez vous d’un appareil photo et d’une loupe, vous pourrez observer et photographier les spécimens les plus petits en plaçant la loupe devant l’objectif. Avec un peu d’entraînement explorations seront de plus en plus aguerries !

Petits spécimens poussant sur les murs végétalisés de la rue Paul Bert

Comment l’identifier et que regarder ?

Sur le site, on déterminera le type de substrat, c’est à dire la matière sur laquelle le champignon s’est développé, son odeur et sa couleur. Une photographie de la zone avec d’autres champignons à divers stades de développement peuvent-être fort utiles pour l’identification.

  • A-t-il un chapeau ? quel est son diamètre ? sa couleur ? est-il craquelé ? Gluant ou collant ? strié ?
  • Ses lames : Sont-elles denses ? attachées au chapeau ? leur couleur ?
  • Son pied : hauteur ? diamètre ? couleur et texture ? Un anneau des écailles ?
  • Sa chair : change-t-elle de couleur à la cassure ? en séchant ?

Les clés d’identifications sont nombreuses, vous pourrez les découvrir dans de nombreux ouvrages et auprès de professionnels. Certains champignons se ressemblent beaucoup, c’est pourquoi certaines précautions sont à prendre. Au-delà des qualités gustatives c’est un univers totalement passionnant qui ravive des sentiments d’étonnement et d’émerveillement quand on se trouve devant un spécimen remarquable !

Strophaire aeruginosa, strophaire et son chapeau bleu gluant

Quelques conseils pour vos sorties champignons

  • Ne jamais manger un champignon sans avoir vérifier sa comestibilité auprès d’un professionnel
  • Toujours se laver les mains après avoir touché un champignon,
  • Porter des gants pour manipuler les vénéneux
  • Ne pas mélanger les champignons dans votre panier

Amanita muscaria, Amanie tue-mouche, bois pionnier 2020

Sources

https://www.nexus.fr/wp-content/uploads/2014/12/Mycelium_NEXUS94.pdf
Brian spooner et Thomas Laesseoe, Les champignons : guide de terrain , édition Casterman, 1993