TEDESCHI Christina — L’image défaite
🧑🎓 M2 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille.
L’image défaite est une installation composée d’une série de plaques de métal de petit format gravées. L’ensemble forme un large panneau dont la surface saturée, donne à voir une pluralité de points de vue. Les gravures sur les plaques, quant à elles, suggèrent des images de guerre, de conflits politiques et sociaux.
Ce travail interroge le regard occidental porté sur des événements qui surviennent dans des régions dites « lointaines ». Il s’agit d’examiner les modalités de diffusion et de monstration de ces images souvent stéréotypées en raison de leur manipulation par des algorithmes ou des intelligences artificielles. Par exemple, dans la recherche d’images liées au contexte de crise du Moyen-Orient, la représentation de la femme orientale tenant son enfant décédé à la suite d’un conflit semble être une figure récurrente. De fait, l’accumulation de ces images, toutes analogues, qui circulent sur internet, génère une impression de motif, voire une correspondance visuelle avec l’iconographie chrétienne du martyr. L’image défaite invite alors à réfléchir sur la façon dont certaines représentations sont ancrées dans l’imaginaire collectif.
👉 Installation
📍 Hall
📅 Samedi et dimanche
📸 2026, installation, plaques de métal gravées, structure métallique sur mesure, dimensions variables
🧑🎓 M2 Master Arts, parcours Exposition et Production des œuvres d’art contemporain, Université de Lille.
Regards croisés est une exploration du thème de l’ailleurs à travers des photographies numériques couleur travaillant la matière à reflet. Dans cette série, l’ailleurs n’est pas envisagé comme un autre pays ou un espace extérieur, mais comme un lieu intérieur, un territoire intime qui se manifeste dans la déformation du reflet. Les surfaces réfléchissantes deviennent des zones de passage où deux réalités se croisent : celle du monde visible, concret, que l’objectif capte ; et celle, plus diffuse, d’un regard intérieur qui se projette et se déforme au contact de la matière. Le reflet agit comme un filtre. Il perturbe, fragmente, étire ou brouille l’image, créant des rencontres visuelles inattendues. Ces déformations ne sont pas des accidents : elles constituent l’essence même du projet. Elles matérialisent cet ailleurs intérieur, cet espace parallèle qui existe en nous, mais que l’on perçoit rarement.
Regards croisés interroge un ailleurs intime, sensible, révélé par la couleur et saisi par le regardeur. L’image devient un miroir du dedans.
👉 Photographie et studio photo le samedi de 11h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30
📍 Médiathèque
📅 Samedi et dimanche
📸 2025, série photographique, 50 x 70 cm chacune
🧑🎓 M1 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille et Double Cursus DNSEP École Supérieure d’Art Dunkerque/Tourcoing.
Le projet explore la notion d’ailleurs à partir d’un lieu réel, mais dissimulé. Les carrières de craie souterraines situées sous la métropole lilloise sont un ailleurs invisible, et pourtant proche géographiquement.
À la frontière du documentaire, les photographies montrent la cohabitation entre un espace minéral brut et des traces humaines contemporaines. Ce monde souterrain apparaît comme le reflet inversé du monde extérieur : un espace silencieux et figé, où subsistent pourtant les marques de nos usages et de notre présence. De cette superposition naît un lieu paradoxal, à la fois habité et désert, figé et vivant. L’ailleurs n’est plus un espace lointain, mais un miroir enfoui sous la ville, révélant notre rapport au territoire, à la mémoire et à l’invisible.
Le choix de la carte postale détourne un objet associé au voyage et au souvenir. Présentées sur un portant, les images reprennent les codes de la diffusion touristique et interrogent la manière dont un lieu caché peut devenir une image circulante, participant à la fabrication de l’ailleurs.
👉 Photographie
📍 Atrium
📅 Samedi et dimanche
📸 2025, installation, série photographique, cartes postales format A6 (14,8 x 10,5 cm)
🧑🎓 Doctorante en Arts Plastiques et Visuels à l’Université de Lille.
Ma recherche s’attache à définir les contours d’un « voir-confus » en photographie. Le mot « confus » vient du latin confusus, participe passé de confundere (« mêler, fondre ensemble, confondre »), qui conduit à l’idée d’un mélange où les choses perdent leur séparation propre. « Voir-confus », c’est donc appréhender un ensemble dont les éléments sont présents mais non discernables, comme dans un souvenir mal organisé. Cette confusion se distingue du « flou », qui renvoie d’abord à un défaut de netteté optique ou formelle : ce qui est flou manque de précision dans les contours, dans la mise au point, tandis que ce qui est confus manque d’ordre et de structuration, comme une incapacité du regardeur à ajuster ce qu’il voit. Que voyons-nous dans ce travail photographique ? Où sommes-nous ? Vers où porter le regard ?
Ces images superposées peuvent être comparées aux strates archéologiques d’un territoire, ici les Hauts-de-France, témoignant de son évolution au fil de son histoire et de ses métissages. Pendant près de trois siècles, des ressortissants belges, algériens, polonais, italiens et marocains se sont installés dans la région pour répondre aux besoins de l’exploitation du charbon. L’Orient y est présent. Ces photographies peuvent être vues comme des réminiscences de nos récits migratoires qui résonnent avec notre présent et affleurent à la surface.
👉 Photographie
📍 Hall
📅 Dimanche
📸 2026, photographies sur plexiglas
🧑🎓 M2 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille.
« {…} Ainsi, sur l’étoffe faite de l’entrecroisement du temps qui passe et de la mémoire des évènements, l’Histoire apparaît comme un motif que chaque individu saisit en un récit. »
Hatakeyama Naoya, 2009
Familja, présente le reflet de soi à travers la famille, et notamment la représentation documentaire d’un lieu symbolique : la maison familiale. Cette maison qui réunissait autrefois, est devenue un ailleurs, par son abandon et les souvenirs du passé qui l’habitent.
L’artiste propose deux temporalités vidéo-projetées. La première projection donne à voir des photographies numériques en noir et blanc, de la maison dans son état actuel : un lieu figé et marqué par le temps. La deuxième projection montre des photographies argentiques vernaculaires, faisant entrer des images domestiques issues de l’archive familiale, au sein de l’espace d’exposition. Ces photographies en couleurs font alors écho à celles en noir et blanc et prolongent la réflexion sur le reflet de soi et les regards croisés.
👉 Installation
📍 Atrium
📅 Samedi
📸 2025, photographies numériques et argentiques, 2 vidéo-projections, dimensions variables
🧑🎓 M2 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille et Double Cursus DNSEP École Supérieure d’Art Dunkerque/Tourcoing.
Yohan Paratian explore, à travers la figure des cultivateurs de canne à sucre, une mémoire héritée de sa famille, fragile et en partie effacée.
Ces corps au travail portent l’histoire de gestes transmis, mais aussi celle de vies invisibles, vouées à disparaître avec le temps. La canne à sucre devient ici un territoire de souvenir, où se mêlent l’intime et le collectif, la persistance et l’oubli.
Les deux toiles, réalisées en peinture acrylique et construites en camaïeux de vert, représentent des figures armées de machettes, inscrites dans l’étendue du champ. Les zones volontairement effacées, la trame laissée apparente et les coulures, traduisent l’érosion du souvenir et la difficulté de retenir ce qui s’échappe. La peinture agit alors comme un espace de résistance, entre disparition et transmission, où subsistent des traces et des fragments d’histoire familiale liés à l’île Maurice.
👉 Peinture
📍 Pavillon de verrre
📅 Samedi & dimanche
📸 2026, Peintures acrylique sur toiles, 257 x 92.5 cm, 116 x 90 cm
🧑🎓 M1 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille et Double Cursus DNSEP École Supérieure d’Art Dunkerque/Tourcoing.
Dans cette installation l’artiste, issue de l’immigration nord-africaine, tente de retisser des liens avec des souvenirs familiaux qui lui sont inconnus.
Le titre Takatut, qui signifie mémoire en tamazight kabyle, la langue maternelle de l’artiste, est une installation composée d’archives familiales amazighes (berbères) ainsi que d’objets et vêtements traditionnels. Un chant traditionnel kabyle interprété par des femmes, en fond sonore, raconte l’absence des maris, et rend visible la force de ces femmes restées au pays.
Chaque objet présenté est porteur d’une mémoire qui voyage au sein de la famille de l’artiste. Mêlant images anciennes, fragments, portraits intimes et éléments du quotidien rural, ce projet interroge la manière dont l’image peut devenir un lieu de réappropriation culturelle individuelle.
Takatut représente un travail d’exploration des archives et une réappropriation vivante de souvenirs et d’images.
👉 Installation
📍 Atrium
📅Samedi et dimanche
📸 2025, installation, dimensions variable
🧑🎓 M1 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille.
Les insectes se déplacent, empruntent des trajectoires, jusqu’à traverser des frontières, des pays, modifiant notre environnement. Contrairement aux déplacements humains, qui eux, sont contraints par des frontières politiques et administratives, les déplacements des insectes sont libres et invisibles. Ils s’observent particulièrement chez six insectes, provenant d’Orient et observables en Europe : le Frelon oriental, la Punaise diabolique, le Charançon rouge des palmiers, le Pyrale du buis, le Scarabée oriental et la coccinelle asiatique.
À l’image d’une cartographie fragmentée, ces cinq sculptures représentent des trajectoires organiques. Telles des traces fossiles, elles tentent de restituer, sous forme imaginaire, les déplacements passés des insectes observables en Europe. L’argile devient ici, un terrain d’archéologie où les mouvements libres d’insectes redessinent notre environnement. Leur prolifération, souvent perçue comme invasive, révèle pourtant des déplacements qui échappent aux cadres politiques et administratifs. À l’inverse, la présence humaine, suggérée par des empreintes de pas sur l’un des fragments, est comme retenue, empêchée par des lignes invisibles.
Ces sculptures interrogent la manière dont le vivant traverse et transforme, laissant derrière lui des empreintes, des fossiles d’un monde en mutation.
👉 Sculpture
📍 Hall
📅Samedi et dimanche
📸 2026, série de 5 sculptures en argile auto durcissant et sable, dimensions variables.
🧑🎓 M1 Master Arts, parcours Pratiques et recherches en arts plastiques et visuels, Université de Lille.
Cette installation photographique intitulée Roxanne aborde le thème de l’Ailleurs comme matière à reflet.
Reflet de soi, mais aussi de la perception que l’on a de l’Autre. Ici, la thématique est traitée sous le prisme de l’altérité, cherchant à montrer que l’ailleurs est avant tout, autre que nous-même.
La série de prises de vues a été réalisée suite à un appel à projet diffusé sur les réseaux sociaux. Les modèles photographiés se sont portés volontaires : ils n’ont pas été choisis.
Ces photographies figurent des personnes arborant différentes poses. Elles mettent en lumière la façon dont tout un chacun se crée un Autre, une sorte d’alter-ego, afin de se sentir bien en société.
La transparence des tirages photographiques permet d’observer les images sous forme de strates, rappelant que chaque individu est bien plus complexe que la simple image qu’il renvoie.
👉 Photographie
📍 Hall
📅 Samedi et dimanche
📸 2026, série de 3 à 5 photographies numériques sur transparents