Quel acrobate, ce dragon ! - Louvre-Lens
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Quel acrobate, ce dragon !

Un moment de détente pour tous, proposé par Florence et Marion.

Aujourd’hui, nous vous proposons de pratiquer des torsions et étirements inspirés par les œuvres de la Galerie du temps…

En cheminant dans la Galerie du temps, le visiteur attentif peut s’intéresser aux postures adoptées par les personnages ou animaux représentés… Avez-vous remarqué comme certains respirent la sérénité et l’équilibre, tandis que d’autres, à l’image de ce dragon, semblent contorsionnés ?

Augsbourg, Allemagne actuelle, vers 1575-1600, Jason et le dragon, bronze
(c) Musée du Louvre – Photo Martine Beckop

 

Ce dragon paraît fort malmené par Jason. Dressé sur ses pattes arrière, toutes griffes sorties, il se tord en rugissant… Pourtant, sa posture inconfortable peut présenter certains avantages, si l’on s’intéresse aux mouvements de torsion !

Cette sculpture s’inspire du cycle mythologique des Argonautes. Afin de monter sur le trône qui lui revient, leur chef Jason reçoit de son oncle Pélias, l’ordre de lui ramener la Toison d’or. Or, celle-ci est gardée, en Colchide, par un bouillant dragon…

Mais revenons au début de la Galerie du temps !

Nous y croisons d’abord un jeune homme de pierre au sourire tranquille et à la pose sereine, le fameux Couros.

Statue fragmentaire d'un homme aux cheveux longs et souriant

Paros (île des Cyclades), Grèce, Jeune homme nu (couros) : statue provenant du sanctuaire d’Asclépios, dieu de la Médecine, vers 540 avant J.-C., marbre
© RMN-GP (musée du Louvre) / Daniel Lebée et Carine Deambrosis

Le personnage, tranquille, nous fait face. Debout, tête droite et épaules détendues, bras le long du corps… il esquisse un léger pas en avant.

Sa nudité renvoie à un idéal de beauté. Les lieux de découvertes des couroï, tombes et sanctuaires, suggèrent qu’ils avaient une fonction funéraire ou votive (commémorant l’accomplissement d’un vœu). Ces statues constituent un type courant de la sculpture grecque archaïque de la fin du 7e à la fin du 6e siècle avant notre ère. Les coraï, leurs équivalents féminins, sont systématiquement revêtues de draperies.

Savez-vous qu’en yoga, il existe une posture de base, nommée « samasthiti », autrement appelée : « la posture du corps alignée » ?

C’est la position de base pour de nombreux enchaînements. En l’adoptant, on prend le temps de retrouver son calme, sa sérénité et sa verticalité.

  • Commençons par le bas : les bords externes des pieds doivent être parallèles, ce qui signifie que nos gros orteils sont rapprochés. Le poids du corps est également réparti sur les deux pieds.
  • Les jambes sont droites, mais les genoux ne doivent pas être rigides.
  • Le bassin bascule légèrement vers l’avant, pour éviter la cambrure du dos.
  • Le ventre rentré, la colonne vertébrale semble s’élancer vers le ciel : nous grandissons !
  • La cage thoracique s’ouvre, tandis que nous inspirons.
  • Les épaules restent baissées et les bras s’écartent un peu du corps.
  • Le menton un peu baissé, nous fixons un point invisible, face à nous.

Tout est en ordre…

Mais voici qu’une autre œuvre, montrant une déesse, suggère de bousculer un peu ce bel alignement !

France, d’après une sculpture antique attribuée à Léocharès (actif à Athènes vers 360-320 avant J.-C.), vers 1700-1800, Diane, déesse romaine de la chasse, accompagnée d’une biche, bronze
© 2004 Musée du Louvre / Pierre Philibert

Cette statue en bronze ornait autrefois le jardin des Tuileries, témoignant du goût du 18e siècle pour l’art antique. De nombreuses divinités grecques et romaines, en pierre ou bronze, décorent alors parcs et bosquets. À l’époque, ce goût est stimulé par la découverte des sites de Pompéi et Herculanum, villes romaines ensevelies par l’éruption du Vésuve en 79 avant J.-C.

Cette œuvre est une copie d’un modèle attribué au sculpteur grec Léocharès (en activité des années 360 aux années 320 avant J.-C.).

Fille de Jupiter et sœur d’Apollon, Diane est une immortelle à la longue histoire… Représentée ici comme déesse de la chasse et du monde sauvage, elle est réputée habiter au fond des bois, en compagnie de nymphes.

Ici, Diane avance d’un pas rapide mais le haut de son corps et son regard se tournent vers l’arrière pendant que son bras levé tente d’extraire une flèche de son carquois ! Essayez donc d’en faire autant !

Les torsions douces peuvent être très bénéfiques. Elles détendent et stimulent le système digestif…

En voici une :

  • Pieds bien écartés (bords externes des pieds parallèles), nous inspirons profondément tout en levant les deux bras à l’horizontale, de chaque côté. Les mains cherchent à aller le plus loin possible.
  • En expirant tout aussi profondément, posons la main droite, la paume contre l’abdomen pendant que la main gauche se pose dans notre dos, à la même hauteur que la main droite, paume à l’extérieur cette fois, et que nous tournons la tête à gauche pour regarder le plus loin possible derrière nous.
  • En inspirant, nous plaçons à nouveau les bras à l’horizontale, mains cherchant à aller le plus loin possible ; à la fin du mouvement, nous replaçons notre tête dans l’axe.
  • Nous recommençons de l’autre côté, main gauche sur l’abdomen et main droite dans le dos, tête tournée cette fois à droite où notre regard se porte.

Un peu échauffés, nous voilà désormais prêt à rivaliser avec le dragon, sur le terrain de la torsion, bien sûr ! Nous vous proposons la « posture du triangle inversé ».

A tester tout doucement, d’abord !

© Dessin de Marion Charneau

  • Écartons les pieds, de 50 cm environ.
  • En inspirant, levons les bras à l’horizontale, de chaque côté.
  • En expirant, penchons-nous en avant et venons placer la main droite le long du pied gauche (à l’extérieur du pied gauche, c’est plus drôle) ; le bras et la main droite s’élèvent. Le regard suit la main dans les airs.
  • Le buste est ouvert.
  • À l’inspiration suivante, redressons-nous, les deux bras écartés à l’horizontale, puis redescendons bien sûr avec cette fois la main gauche le long du pied droit, la main droite levée et le regard attaché maintenant à la main droite.

Ces postures sont à pratiquer doucement, en prenant de grandes inspirations et expirations et… autant de fois que vous le souhaitez !