fbpx

Les Jeux olympiques dans l’Antiquité grecque

Un article d’Éléonore

 

 

Dans la Galerie du temps, une sculpture d’un marbre blanc parfaitement poli représente un discophore. Les sourcils froncés, la mâchoire serrée, le bras contracté et les doigts crispés sur le disque, il se concentre un temps avant de le lancer. Tout son corps est tendu jusqu’aux orteils de son pied droit recroquevillés sur le sol. Cette œuvre est une copie de marbre réalisée d’après un modèle grec. 

Les romains fabriquent de nombreuses copies de sculptures grecques qu’ils admirent particulièrement pour leur corps harmonieux grâce à un savant calcul des proportions, ce qu’on appelle le « canon ».

 

Homme nu tenant un disque

D’après Naucydès
Actif vers 400-390 avant J.-C.
Athlète tenant un disque, copie romaine d’un « Discophore » de bronze
Vers 130-150 avant J.-C.
Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

 

Que représente le sport dans l’Antiquité grecque ?

Dans l’Antiquité grecque le sport est un entraînement à la guerre et un hommage religieux. Les guerres étant nombreuses, le citoyen grec est aussi un soldat et il combat souvent.

Il y a de nombreuses compétitions locales. Quatre grandes fêtes rythment la vie de tous les sportifs du monde grec et des colonies et sont appelées les Panhelléniques. Elles sont constituées des jeux Pythiques à Delphes en l’honneur d’Apollon, des jeux Néméens à Némée en l’honneur de Zeus, des jeux Isthmiques à Corinthe en l’honneur de Poséidon et des jeux Olympiques à Olympie en l’honneur de Zeus. Ces jeux sportifs sont célébrés à tour de rôle chaque année, donc chacun a lieu tous les quatre ans.

La récompense est symbolique : la plus précieuse est une couronne d’olivier gagnée lors des Jeux Olympiques, prise dans l’arbre sacré du temple de Zeus. Aux jeux Néméens on gagne un bouquet de céleri sauvage, aux jeux Pythiques une couronne de laurier.

Les héros sont ensuite rétribués par leur cité.

Au départ modestes, ces rassemblements deviennent tellement populaires et importants qu’il est arrivé qu’une guerre soit interrompue pour permettre aux participants de s’y rendre. Dès 580 av J.-C., à Athènes, une loi prévoit une somme importante pour les champions. Les gagnants sont presque considérés comme des mythes vivants.

 Aux origines des JO :

En 776 avant J.-C., on trouve la première mention des jeux Olympiques, qui existaient probablement bien avant et continuent jusqu’à l’époque romaine.

Dans la ville d’Olympie, d’autres manifestations sont associées aux jeux : on peut voir des danseurs, des chanteurs, des jongleurs, des orateurs et des poètes. Autour du site sacré se trouvent les marchands et les parieurs. Selon la mythologie, Olympie est créée par Héraclès (fils de Zeus). Après avoir réalisé ses douze travaux, il organise les premiers jeux Olympiques.

En 393 après J.-C., l’empereur romain Théodose interdit les jeux Olympiques afin de supprimer toute trace du paganisme dans l’Empire, devenu chrétien.

Alors pour quelles raisons existent-ils aujourd’hui ? En 1896, l’historien Pierre de Coubertin les ressuscite, c’est pour cette raison que de nombreuses salles de sport municipales portent son nom.

Le pentathlon, créé vers 708 av J.-C, comporte cinq épreuves : lancer de disque, lancer de javelot, course autour du stade, saut en longueur, lutte. Les javelots utilisés pour les compétitions sportives sont plus légers que ceux utilisés pour la guerre. Les disques sont en bronze et plus lourds que ceux d’aujourd’hui.

D’autres épreuves sportives existent comme le pugilat : ancêtre de la boxe, les courses de chars, les courses de chevaux montés à cru, c’est-à-dire sans selle, et la lutte, très populaire et très dangereuse. Pour gagner il faut faire tomber trois fois son adversaire. Il est interdit de le mordre ou de lui crever les yeux, c’est le fair-play antique…

Les panathénées, autre compétition sportive, sont organisées en l’honneur d’Athéna. Les gagnants reçoivent une amphore à figures rouges ou noires remplie d’huile d’olive ornée d’un décor représentant la scène du sport pour lequel ils ont concouru. Cadeaux très précieux, les céramiques à figures rouges ou noires demandent aux potiers un savoir-faire technique très précis et aux peintres décorateurs une grande dextérité.

Les femmes ne sont pas autorisées à participer aux jeux ou à les regarder sous peine de mort. Une fête spéciale leur est réservée à Olympie : les jeux Héréens organisés tous les quatre ans en l’honneur d’Héra avec pour seule compétition le sprint.

À Sparte, cité-Etat du Sud de la Grèce, les jeunes filles font du sport pour être fortes et donner naissance à de vaillants soldats. Cela vous paraît certainement surprenant aujourd’hui : la femme dans l’Antiquité grecque a peu de droit et n’est pas considérée comme une citoyenne de même que les gens des classes sociales modestes et les esclaves.