Missions et fonctionnement - Louvre-Lens

Missions et fonctionnement

Fruit d’une volonté à la fois européenne, nationale et locale, le musée du Louvre-Lens n’aurait pas pu voir le jour sans une conjonction d’énergies et un dynamisme qui trouve une traduction concrète dans les liens étroits et novateurs qu’il a tissés avec ses partenaires institutionnels et ses mécènes.

Missions et fonctionnement
Des partenaires publics impliqués
L'Union européenne

Projet situé au cœur de l’Europe, à proximité du Royaume-Uni, du Benelux et de l’Allemagne, le Louvre-Lens a bénéficié dès son origine du soutien de l’Union Européenne. À travers le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), les Vingt-Huit ont notamment financé la construction du Louvre-Lens à hauteur de 20 %.

L'État

Depuis le lancement en 2003 d’un appel du ministère de la Culture et de la Communication en
faveur d’un mouvement de décentralisation des grands établissements culturels parisiens, l’État s’est impliqué de façon constante.  En novembre 2004, l’État a retenu Lens parmi sept villes candidates comme site d’accueil du nouveau Louvre.

Le musée du Louvre

Le Louvre s’est engagé dès 2004 à créer une “antenne” en région, choisissant ainsi de s’ouvrir à de nouveaux publics et territoires. Il renoue ainsi avec ses origines : depuis sa création en 1793, le Louvre est un musée dont les collections et le savoir-faire doivent servir à l’ensemble de la nation.
Si le Louvre-Lens est un établissement autonome, les liens sont extrêmement forts entre les deux musées, unis par une convention scientifique et culturelle.

La Région

La Région Hauts-de-France s’est fortement
impliquée dès l’origine du projet en acceptant
d’être le maître d’ouvrage d’un musée dont elle est le premier financeur, à hauteur de 60 %.

C’est également la Région qui a organisé le
concours international d’architecture et retenu
le cabinet SANAA comme lauréat.

Depuis 2016, la nouvelle Région Hauts-de-France permet de mettre en place des projets intégrant désormais la Picardie.

Le Conseil départemental du Pas-de-Calais et la Communauté d'agglomération Lens-Liévin

Les deux collectivités ont participé au financement
du musée (à hauteur de 6 % pour le seul Conseil
Départemental) et s’impliquent largement dans la mise en place et l’accompagnement des projets portés par le musée.

La constitution d’une nouvelle gouvernance territoriale, via l’implication des deux
collectivités dans le Pôle métropolitain de l’Artois,
est une marque de plus de leur engagement dans
la dynamique initiée par l’implantation du Louvre.

Budget et fonctionnement
Un Établissement Public de Coopération Culturelle

Le Louvre-Lens est un Établissement Public de Coopération Culturelle (EPCC).
Son budget est validé par le Conseil d’administration avant d’être exécutoire.

Conformément aux statuts du musée, le Conseil Régional des Hauts-de-France, le Conseil Départemental du Pas-de-Calais et la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin participent au financement du musée, respectivement à hauteur de 80 %, 10 % et 10 % du reste à charge à financer.

30 membres au Conseil d'administration :
  • 9 représentants du Conseil Régional des Hauts-de-France
  • 1 représentant du Conseil Départemental du Pas-de-Calais
  • 1 représentant de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin
  • 1 représentant de la Ville de Lens
  • Le Préfet de région
  • Le Directeur Régional des Affaires Culturelles
  • 10 représentants du musée du Louvre
  • 4 personnalités qualifiées
  • 2 représentants du personnel du Louvre-Lens
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Des mécènes fidèles
Un lien étroit avec le monde économique

Axe fort de la politique du musée dès ses débuts, le mécénat est pour le Louvre-Lens un moyen de tisser et d’entretenir des liens solides avec le monde économique.

Les entreprises font partie de la vie du musée et y ont toute leur place. Sous des formes variées, les mécènes contribuent au développement et au rayonnement du musée, levier essentiel d’attractivité pour les Hauts-de-France.

En cinq ans (de 2012 à 2017), 90 entreprises ont apporté leur soutien au Louvre-Lens.

Explorer le site dédié aux entreprises et au mécénat

Guillemets

Le Crédit Agricole Nord de France a choisi de s’engager dès la première heure dans le projet du Louvre-Lens, convaincu du potentiel structurant de cet équipement de démocratisation culturelle au cœur d’un territoire en reconversion.

Une équipe au service des œuvres et du public

Les agents du musée et les prestataires œuvrent chaque jour à la mission du Louvre-Lens : proposer à tous les publics une expérience artistique et culturelle de qualité. Visibles ou méconnus, plusieurs dizaines de métiers sont essentiels au bon fonctionnement du musée.

Comprendre les métiers du Louvre-Lens
La genèse d'une exposition temporaire
Un travail d'élaboration de longue haleine

Le thème d’une nouvelle exposition est choisi par la directrice du Louvre-Lens, en lien avec le président-directeur du Louvre, le plus souvent sur proposition d’un ou plusieurs commissaires.

Plus de 2 ans avant son inauguration sont préparés le synopsis et la liste d’œuvres. Les chargés d’exposition localisent alors les œuvres sélectionnées dans les collections publiques et privées du monde entier et formalisent une demande de prêt pour chacune de ces pièces (parfois plus de 400 !).

Dès le concept d’exposition validé, le pôle mécénat part à la recherche d’entreprises désireuses de soutenir le projet par un apport financier, matériel ou pratique.

Très en amont, le service conservation travaille avec le service juridique pour lancer les différents marchés permettant le transport des œuvres et leur présentation au public.

Une fois le scénographe désigné, de nombreuses rencontres sont organisées entre son équipe, le commissaire, la directrice du musée et la conservation, afin de concevoir précisément l’exposition.

Il arrive que des œuvres nécessitent une restauration avant d’être exposées. Des restaurateurs du patrimoine sont alors sollicités : la plupart du temps, ces restaurations se déroulent au sein des Coulisses du musée, dans un atelier visible et visitable.

Le "montage" : une phase intensive

Quand démarre le chantier de montage de l’exposition, les équipes du scénographe réalisent les travaux d’aménagement dans une galerie vide où tout est à construire, conformément aux plans validés. Les équipes techniques internes au musée interviennent auprès des prestataires spécialisés pour mettre en œuvre l’éclairage scénographique et l’informatique nécessaire à certains dispositifs muséographiques ou multimédia.

Arrivent alors les œuvres, acheminées par camions, dans des caisses sur-mesure, escortées par des convoyeurs en provenance du monde entier.

Les régisseurs coordonnent et sécurisent l’installation de ces œuvres – réception, déballage, constats d’état, manipulation, soclage, accrochage – avec l’aide du monteur-installateur qui mettra la touche ultime aux travaux de scénographie (finitions, réglages, retouches de peinture sur les cimaises, installation des alarmes dans les vitrines).

Les équipes de maintenance font ensuite disparaître la moindre trace du chantier.

Les médiateurs sont de véritables traits-d'union entre les scientifiques et les visiteurs
Les médiateurs sont de véritables traits d'union entre les scientifiques et les visiteurs
Une programmation et des contenus inédits

Parallèlement, les équipes de programmation travaillent en lien étroit avec le commissaire, afin que l’offre culturelle, scientifique, pédagogique et événementielle du musée soit conforme au propos développé dans l’exposition.

Les médiateurs imaginent ainsi les livrets, visites, ateliers et nombreuses activités qui seront proposées à tous les publics : individuels et familles, scolaires, groupes d’adultes ou encore publics relevant du champ social, du handicap, de la santé et de l’insertion.

Le pôle multimédia conçoit les dispositifs numériques et audiovisuels intégrés au parcours de l’exposition et élabore les contenus du guide de visite multimédia.

Véritable ouvrage de référence sur l’exposition, le catalogue est préparé avec les meilleurs spécialistes du sujet : le chargé d’édition coordonne le travail des auteurs, traducteurs, correcteurs et éditeurs, effectue les recherches iconographiques et gère les droits afférents.

Avec les enseignants missionnés, le chargé d’action éducative réalise un dossier pédagogique, support offert aux professeurs pour préparer ou prolonger la visite avec leur classe, en écho aux programmes scolaires.

Enfin, les responsables de la Scène et du Centre de ressources bâtissent une programmation de spectacles, projections, lectures, conférences, colloques ou événements festifs, en résonance avec le thème de l’exposition.

Les agents d’accueil se font un plaisir d'orienter et de conseiller les visiteurs
Les agents d’accueil se font un plaisir d'orienter et de conseiller les visiteurs
Le temps de la valorisation

Le service communication et marketing veille à donner la plus grande visibilité possible à la manifestation.
Il conçoit près d’un an en amont les supports d’information et de promotion (affiches, brochures, flyers). Puis, il s’assure de leur diffusion et construit le plan média (campagnes d’affichage et de publicité multicanal) suivant un calendrier d’actions précis. Il mobilise la presse régionale, nationale et internationale, lors d’une avant-première réservée aux journalistes puis tout au long de l’événement. Il organise également la communication numérique, via le site Internet du musée et les réseaux sociaux. Il orchestre enfin le vernissage, moment important de présentation de l’exposition à l’ensemble des partenaires.

Le service sécurité vérifie la conformité des installations avec les obligations réglementaires d’un établissement recevant du public et organise la surveillance de la galerie pendant toute la durée de l’exposition.
Tout au long du projet, le service financier en assure le pilotage budgétaire.

Quand arrive le premier jour d’ouverture au public, les jardiniers ont travaillé pour que le parc soit accueillant. La cellule de réservation planifie les visites de groupes.

Les agents de surveillance sont en poste et les chargés d’accueil ont pris place à la billetterie et aux vestiaires. Tout est prêt pour recevoir les premiers visiteurs et recueillir leurs impressions.

Marie Lavandier, directrice du musée
Décrivez votre métier en quelques mots.

« Diriger le musée consiste à définir les grandes orientations de nos actions et interagir avec les différents partenaires de l’institution : les collectivités territoriales, le musée du Louvre, nos mécènes, les Lensois… Je dois incarner le musée auprès de ces interlocuteurs et dans les médias. »

Quelles sont vos principales missions au musée du Louvre-Lens ?

« Je suis arrivée à la direction du musée du Louvre-Lens en 2016. Lorsque j’ai été nommée à la direction, j’ai souhaité changer la manière dont le musée parle de lui-même. Il me paraît essentiel d’échanger directement avec les partenaires et les visiteurs du Louvre-Lens. Ma journée type comporte entre 7 et 10 rendez-vous. Je mets un point d’honneur à recevoir personnellement, autant que possible, tous ceux qui apportent leur contribution au projet, de sorte qu’ils se sentent au musée comme chez eux. J’interviens en introduction des événements organisés ici, je donne des interviews à différents médias… J’essaie vraiment de rester à l’écoute de toutes les sollicitations. Je suis aussi amenée à me déplacer régulièrement à Paris et ailleurs.

Ensuite, je m’entretiens quotidiennement avec l’équipe du musée. Par exemple, aujourd’hui, mardi, nous commençons par une réunion de direction. Nous passons en revue les dossiers structurants et les actions en cours, afin de se tenir informés les uns et les autres et prendre des avis. Ces moments d’échange sont indispensables pour avancer ensemble dans la même direction, s’accorder sur nos valeurs et la vision que nous avons du Louvre-Lens. Nous en profitons pour faire le point sur le nombre d’entrées aux expositions, les retours des visiteurs, l’avancement des prochaines expositions… Nous formons aussi des groupes de travail en interne dans le cadre du PSC, le Projet Scientifique et Culturel. Ce document public décisif définit les priorités du musée pour les 10 prochaines années. Nous souhaitons impliquer tout le monde dans la construction de son avenir, y compris les voisins du musée, les premiers concernés, que nous recevons dans nos bureaux.

Enfin, je m’efforce de garder du temps pour la réflexion sur le projet global : comment  le développer, quelle stratégie mettre en place… Pour m’aider sur ces questions, j’échange avec des établissements qui partagent les problématiques du Louvre-Lens. Il peut s’agir d’acteurs du développement territorial et social autant que d’acteurs du monde de la culture et de l’art. Ils me permettent de m’assurer de notre bon positionnement quand nous lançons une exposition ou créons un événement particulier. »

Le Louvre-Lens, c’est quoi pour vous ?

« C’est d’abord un musée-parc magnifique, dont l’architecture est un symbole d’humilité, entre transparence et réflexion de l’environnement. La Galerie du temps est aussi un espace unique au monde dans sa muséographie, qui s’est émancipée des codes conventionnels en la matière. J’aime cette nouvelle manière de montrer l’art, qui permet aux visiteurs de circuler librement autour des œuvres.

Le pari de ce projet aussi est magnifique. Construit au cœur d’un territoire en grande difficulté, porté par les collectivités locales et les habitants, ce musée incarne la conviction que la culture est utile partout. A l’image des ateliers que nous organisons pour les jeunes bénéficiaires de Pôle Emploi, le musée s’investit dans des démarches partenariales qui dépassent notre responsabilité culturelle. Le Louvre-Lens est profondément engagé pour le développement social et économique du territoire.

Philippe, responsable de l’entretien des espaces verts
Décrivez votre métier en quelques mots.

Entretenir le parc du Louvre-Lens, c’est veiller en toute saison au bon développement d’aménagements paysagers très divers : des pelouses, des massifs, des prairies et un bois. Et il y a du travail ! On l’oublie parfois mais le Louvre-Lens, c’est un musée ET un parc, qui s’étend sur une surface de 20 hectares. Dans tout ce que nous entreprenons, nous devons à la fois respecter les dessins initiaux de Catherine Mosbach, la paysagiste qui a conçu ce parc, tenir compte des spécificités du terrain, qui est ancienne friche minière, et nous adapter aux pratiques des visiteurs.

Quelles sont vos principales missions au musée du Louvre-Lens ?

Avec mes 3 collègues jardiniers, nous accompagnons le développement naturel du site, qui est encore très jeune. On estime généralement qu’un parc atteint sa pleine maturité au bout d’une dizaine d’années.

Ici, seules les parties les plus proches du musée, au dessin très précis, exigent un entretien extrêmement fin, qui fait écho à l’architecture épurée du bâtiment. Plus on s’en éloigne, plus le paysage évolue librement, dans un respect total de l’écosystème qui s’était spontanément développé sur le site après la fermeture de la mine en 1960. Grâce à des méthodes d’entretien entièrement écologiques, nous assurons son maintien et même son enrichissement, favorisé par des aménagements variés : plan d’eau, prairies fleuries, clairières, hôtel à insectes, ruches, potager, etc.

Ma mission comprend également un volet de médiation auprès des visiteurs. L’été par exemple, j’assure des visites guidées du parc. C’est l’occasion de sensibiliser le public à la beauté fragile de notre environnement. J’initie les participants aux nombreuses espèces animales et végétales qui peuplent le site, comme l’astragale à feuilles de réglisse ou la molène floconneuse, qui sont des plantes devenues extrêmement rares. C’est une dimension à laquelle je suis très attaché et qui donne un sens supplémentaire à mon travail de jardinier dans un musée.

Le Louvre-Lens, c’est quoi pour vous ?

Le Louvre-Lens c’est un musée-parc. Cela signifie que nous avons un patrimoine culturel et artistique formidable à l’intérieur du bâtiment, associé à un patrimoine écologique tout aussi précieux à l’extérieur. C’est un lieu chargé d’histoire mais résolument tourné vers l’avenir, qui préserve, partage et transmet ses richesses.

Chiffres-clés
300 Le nombre de personnes mobilisées pour organiser une exposition, depuis sa conception théorique jusqu’à son dernier jour d’ouverture au public.
2 Le nombre minimum d'années nécessaires à la préparation d’une exposition. Mais le sujet fait préalablement l’objet de nombreuses années de recherche les spécialistes.