Journée d’étude
Comment inscrire le musée dans une dynamique sociale et solidaire ? Comment favoriser une relation inclusive, collaborative et partagée avec les publics ?
Depuis son ouverture, la Galerie du temps est le cœur battant du Louvre-Lens. Dans cet espace ouvert de 3 000 m2, les chefs-d’oeuvre du Louvre dialoguent librement à travers 5 000 ans d’histoire de l’art et de l’humanité, sans mur et sans hiérarchie de médium ni de civilisation. Le grand renouvellement de 2024 n’a pas seulement permis d’accueillir de nouvelles oeuvres. Il a élargi la Galerie dans le temps et l’espace, grâce à des dialogues inédits avec les artistes contemporains et des oeuvres venues du musée d’Archéologie nationale – Domaine national de Saint-Germain-en-Laye, du musée du quai Branly – Jacques Chirac et du musée national des arts asiatiques – Guimet. Il a aussi renouvelé la manière dont nous présentons et partageons les oeuvres.
En repensant à la fois les collections et les formes de médiation, nous avons affirmé ce qui fait la singularité de la Galerie du temps, véritable laboratoire d’innovation muséale.
Chargée de projets numériques au Palais des Beaux-Arts de Lille, Amandine Jeanson conçoit et administre des dispositifs de médiation favorisant inclusion et accessibilité. Depuis 2020, la refonte des cartels a été un terrain d’expérimentations qui ont transformé les pratiques, le rapport au public et les usages hérités du passé. Son objectif : rapprocher l’individu de l’œuvre grâce à l’innovation et ouvrir le musée à la diversité.

Responsable des publics à la Maison de Victor Hugo, Inga Walc-Bezombes explore toutes les voies pour faire découvrir le patrimoine, du sensible au virtuel. En 2022, l’exposition « Regards » a introduit des cartels personnels, suscitant l’enthousiasme des visiteurs. Depuis, le musée invite bénévoles, étudiants, patients, réfugiés et autres voix à écrire des cartels, ouvrant la médiation à la diversité et à l’inclusion.

Conservatrice en chef du patrimoine et directrice d’Avignon musées, Camille Gross explore des modes de participation et d’inclusion des publics, nourris par son parcours mêlant programmation, commissariat et médiation culturelle. Cette réflexion a guidé son travail à la direction des musées d’Evreux Portes de Normandie (2020-2023) et s’est approfondie depuis son arrivée à Avignon musées.

Conservatrice du patrimoine et cheffe d’établissement du musée du Petit Palais – Louvre en Avignon, Fiona Lüddecke travaille à l’écriture du projet scientifique et culturel et à la refonte du parcours de visite, plaçant le visiteur au cœur de ce projet.
L’exposition « Curieuses collections ! » a confié le commissariat à des habitants via le programme « Défricheurs de la culture ». L’équipe a aussi expérimenté l’écriture collaborative avec « Écrivons ensemble le musée de demain », créant deux parcours dévoilés lors des Journées du patrimoine.

Cheffe du service de la médiation au Musée national des beaux-arts du Québec, Marie-Hélène Audet se spécialise dans la médiation famille, l’éducation non formelle, l’accessibilité et la médiation sensible. Membre du CECA-ICOM depuis 2022, elle a co-développé avec une philosophe, pour l’exposition Nous, des textes favorisant une réflexion autonome et une appropriation personnelle des œuvres, rendant la culture plus accessible par une écriture claire et non prescriptive.

En réalisant un travail collaboratif, chaque professionnel de la culture contribue à bouger les lignes, à re-questionner les manières d’accéder à l’art et la légitimité des regards portés sur les œuvres. En partageant son aventure de la co-construction, le Louvre-Lens ajoute sa pierre à l’édifice et reconnaît toutes les expériences qui l’ont inspiré, tant sur le territoire régional et national qu’international. C’est ensemble que nous parvenons à faire de nos lieux de savoir et de création des lieux d’échange, de beauté et de regards croisés.

