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Les Invasives de Sophie Larger et Stéphanie Buttier

Créer des œuvres qui racontent la formidable épopée des herbes folles… il fallait oser ! C’est pourtant bien l’histoire que nous racontent Sophie Larger et Stéphanie Buttier à travers les Broderies vagabondes, une collaboration étonnante.

Les invasives : un thème audacieux

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

La démarche artistique des Invasives débute en en 2015 à la Filature de Mulhouse, une ancienne friche qui fait directement écho à notre site : le musée du Louvre-Lens, construit sur 20 hectares de friche minière.

Ces lieux particuliers, abandonnés par l’activité humaine ont été colonisés par une végétalisation adaptée à des conditions singulières. La nature déteste le vide, elle le comblera à sa manière en grande architecte.

Les deux artistes ont choisi de laisser filer leur Broderie vagabonde à l’entrée du musée, dans le bosquet d’arbres couvrant l’ancien puits de mine. Une apparition spontanée qui couvre un lieu chargé d’histoire.  Le lien se tisse entre leurs œuvres dans une cohérence implacable.

 

L’art comme la plante s’adapte à son environnement

© Louvre Lens / Frédéric Iovino

 

Lors du repérage des lieux, une citation de Doug Larson nous est revenue à l’esprit : « Une mauvaise herbe est une plante qui a maîtrisé toutes les compétences de survie sauf celle d’apprendre à grandir dans le rang, Soyez une mauvaise herbe ».

Elle fait écho à la gestion que nous, les jardiniers, avons du parc et de la place de la flore spontanée. Nous avons à cœur de protéger la palette végétale propre au sol de terril : sec, hostile et inhospitalier. Le vivant a une formidable capacité d’adaptation, il est source d’enseignements et témoigne du patrimoine écologique du lieu qui est aussi important que le patrimoine culturel du musée-parc.

Percevoir cette force de la nature et la transmettre dans une œuvre d’art est un joli tour de force, ce thème si spécifique au lieu est habilement mis en valeur.

 

Un trait d’union entre le patrimoine intérieur et le patrimoine extérieur

Moïse sauvé des eaux (1647), par Nicolas Poussin © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

 

Le hasard fait bien les choses, et lorsque que Stéphanie Buttier a visité l’exposition Paysage. Fenêtre sur la nature, elle a été saisie par une peinture de Nicolas Poussin … En effet, elle a déjà croisé son chemin lors d’une performance précédente il y a une vingtaine d’année… L’émotion nourrissant la création, la palette de couleur choisie pour les liens de la Broderie vagabonde correspond à celle utilisée dans le tableau Moïse sorti des eaux. La boucle est bouclée…

 

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Pour conclure cet article, nous vous partageons une citation de Gilles Clément reprise par Sophie Larcher sur son site internet au sujet des Invasives. Elle illustre parfaitement sa démarche avec Stéphanie Buttier, et par extension notre travail dans le parc :

« Les plantes voyagent. Les herbes surtout. Elles se déplacent en silence à la façon des vents. On ne peut rien contre le vent.

En moissonnant les nuages, on serait surpris de récolter d’impondérables semences mêlées de lœss, poussières fertiles. Dans le ciel déjà se dessinent d’imprévisibles paysages.

Le hasard organise les détails, utilise tous les vecteurs possibles pour la distribution des espèces. Tout convient au transport, des courants marins aux semelles des chaussures. L’essentiel du voyage revient aux animaux. La nature affrète les oiseaux consommateurs de baies, les fourmis jardinières, les moutons calmes, subversifs, dont la toi- son contient des champs et des champs de graines. Et puis l’homme. Animal agité en mouvements incessants, libre échangeur de la diversité.»

Gilles Clément, L’éloge des vagabondes

 

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Rendez-vous sur le Blog des jardiniers du Louvre-Lens pour découvrir les autres installations artistiques de la saison 2023 de Parc en fête !

Découvrez toute la programmation pour Parc en fête 2023.

C’est une rencontre avec un fossile qui a marqué au fer l’esprit de Solène Ortoli. Elle nous a confié l’émotion ressentie lors de l’observation d’un fossile de fougère au Centre Historique Minier de Lewarde. Directement liées au passé du site du musée-parc du Louvre-Lens, la géologie et les notions de temps et d’espace ont inspiré la jeune artiste.

Une archéologie du paysage

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Les jardiniers du musée s’adaptent à une nature qui se développe sur un sous-sol particulier : un terril plat. Les déchets de schiste et de charbon donnent une insularité étonnante, planter à coup de pioche nous est familier et trouver des fossiles l’est tout autant.

Quand nous creusons le sol, nous devenons voyageurs du temps. Couche après couche, strate après strate, le présent cède la place à un passé ancien. Le bond temporel est d’autant plus palpable sur une friche minière qui témoigne qu’en ce lieu, s’étendait il y a 300 millions d’années une forêt houillère dans laquelle les fougères côtoyaient des insectes géants.

Solène Ortoli a mis en lumière cette spécificité dans son œuvre « Sous le sol les ères ».

 

Une cage à explorer le temps

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Dans une structure de bois, nichée au cœur d’un bosquet, le sous-sol est exposé.

Lors de nos échanges, nous avons confié à Solène Ortoli que le terril affleure sur certaines zones du parc, et que les fossiles si chers à ses yeux nous apparaissent de manière surprenante et inattendue au grès de nos activités. Une boîte leur est dédiée dans notre atelier : un trésor bien gardé désormais partagé.

La création de Solène Ortoli inclut des schistes du parc et des fragments fossilisés que vous pourrez admirer. Tout en transparence, des impressions végétales habillent le bois. La lumière verticale projette des ombres de feuilles de fougères sur le sol. La géologie emprunte de poésie du site du Musée-Parc se raconte dans les textes qui scandent les parois de l’œuvre.

 

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir une autre installation artistique de la saison 2023 de Parc en fête !

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© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

Suivre les artistes dans leur découverte du Parc est toujours une étape magique, et ce à chaque édition de Parc en fête.  Même si nous mesurons en tant que jardiniers la chance que nous avons d’évoluer sur un site exceptionnel, nous confronter à des yeux extérieurs nous ramène à nos premiers pas, à nos premières émotions.

Cette petite étincelle est apparue dans le regard de l’artiste Fred Martin lorsqu’il s’est immobilisé devant le plan d’eau : en une fraction de seconde il a « vu » son projet. Le charme a opéré une nouvelle fois.

Le bassin : la source de vie

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Certains visiteurs venant pour la première fois ne le soupçonnent pas mais les habitués s’en délectent aisément : le miroir d’eau imaginé par l’architecte-paysagiste Catherine Mosbach ne laisse pas indifférent. Il est une pièce maîtresse dans l’aménagement du parc du musée.

Source de vie, il accueille une faune et une flore abondantes et incite à la contemplation. Plonger son regard dans ses reflets, observer le jeu des oiseaux, écouter le bruissement du vent qui souffle dans les herbes du rivage, rien de tel pour se ressourcer. Le contraste historique est saisissant : il y a un demi-siècle, la vie du lieu était souterraine et oppressante, désormais c’est une bouffée d’oxygène.

Une magnifique expression de Land art

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

« Galibot », tel est le nom de ce visage qui s’extrait de l’eau. Ses traits enfantins tranchent avec la rudesse qui rythmait jadis la vie de ces enfants mineurs. On l’imagine prendre une impulsion des profondeurs de ce passé pas si lointain, s’en extraire pour enfin se gonfler les poumons d’air pur.

La sculpture est végétale, structurée par le tressage de branches de noisetier, de saule et de cornouiller. Toute cette matière est vivante, ce qui ouvre le champ des possibles dans l’évolution de cette œuvre. Il est fort probable que les branches se végétalisent d’elles-mêmes. La nature va se l’approprier et s’exprimer de manière spontanée.  Nous serons spectateur de ce tableau passager.

La recommandation des jardiniers

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

Cette œuvre éphémère est à contempler sans modération. À toute heure du jour et par tous temps, observez le rythme des ondulations se brisant sur ce visage. Amusez-vous des poussins d’eau jouant à cache-cache entre les branches, les escaladant parfois. Admirez les reflets changeants du ciel et des nuages. Le spectacle vivant se trouve là sous vos yeux et vous invite à vivre le présent et à le savourer.

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir une autre installation artistique de la saison 2023 de Parc en fête !

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D’étranges abris attirent l’œil en cet été 2023 aux abords du musée, 5 structures colorées se tiennent ensembles en une ronde enfantine. Cinq installations aux couleurs des anneaux Olympiques qui nous évoquent la connexion humaine, puisque c’est ce que symbolise le Musée-Parc du Louvre-Lens : tisser du lien et évoquer le patrimoine passé, présent et futur sur un site remarquable.

Du terril au cocon

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Le site du Musée a la particularité de s’étendre sur un terril plat, il fait écho aux terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle qui font partie du paysage du Parc et de la région en tant que Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Un sous-sol particulier, hostile, sur lequel la nature a repris le contrôle mais qui jadis accueillait une activité humaine intense : la mine et ses galeries.

Le collectif Roubaisien Artimuse s’est inspiré de cette activité pour leur participation à la saison 2023 de Parc-en-Fête en reproduisant des cocons en forme de terril. Une autre échelle, une autre vision : l’air suffoquant des profondeurs cède la place à la l’oxygénation des arbres à la surface. Les cavités à ciel ouvert interagissent entre elles, les visiteurs se contactent d’abri en abri par ces réseaux tubulaires.

Le réveil des sens

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Tout est question de connexion aujourd’hui, mais au-delà du virtuel le besoin d’interactions réelles est palpable. Le sentiment de sécurité de ces cocons agit comme un accélérateur sensoriel. Voir, toucher, sentir l’odeur du bois, écouter et répondre aux sollicitations d’inconnus de l’autre côté des tubes nous ouvrent vers l’extérieur. Nous sommes prêts à recevoir, ressentir, nous émouvoir… L’expérience du parc prend une autre dimension.

Le Parc : un refuge

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

Depuis 10 ans, le parc a pris son essor à son rythme, un rythme naturel que nous les jardiniers, accompagnons pas à pas. Lieu traversant pour atteindre le musée, il est également un lieu de vie, de rencontres entre visiteurs et voisins. Véritable bulle verte dans un territoire artificialisé, il a su accueillir et maintenir une vie humaine tout en développant une richesse écologique. La biodiversité prend ici tout son sens et les interactions sont également faunistiques et floristiques.

Tout est affaire de connexion, et le collectif Artimuse l’a bien mis en évidence avec son Œuvre « Rencontre ». Leur lecture du lieu a été intuitive, ils nous ont confié que le parc a été une source privilégiée d’inspiration et un cadre exceptionnel. Ce mois passé en collaboration avec les habitants est l’essence même de leur approche artistique, voir le public investir leur ouvrage est la plus grande récompense.

 

© Louvre-Lens / Frédéric Iovino

 

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À l’approche de la saison Parc en fête, nous sommes toujours impatients de découvrir les nouvelles œuvres in situ imaginées par les artistes pour le parc du musée. Cette année encore l’émotion est au rendez-vous, notamment avec Mano à Mano de Pedro Marzorati.

Une œuvre monumentale

Ce qui impressionne de prime abord, c’est la taille de l’œuvre. Quand Pedro Marzorati a posé les premiers éléments sur le sol avant même l’assemblage, ces doigts de géants sculptés dans le bois étaient la promesse d’une histoire fabuleuse. J’imaginais déjà la réaction du public devant cette main articulée, des légendes que nous pourrions conter…

Une œuvre forte

Le musée-parc du Louvre-Lens est riche d’une relation toute particulière entre les collections qu’il abrite en son for intérieur et ses espaces extérieurs. D’une architecture épurée, et par un jeu de transparences et de reflets, le bâtiment se fond subtilement dans le paysage. Le hall d’accueil vitré invite d’une part le paysage  à entrer dans le musée, et d’autre part le visiteur à regarder au-delà des limites du musée. Comme une invitation, cette main démesurée suggère à nos hôtes un voyage initiatique en abandonnant les limites tangibles de l’édifice vers une dimension où l’imaginaire peut s’exprimer en totale liberté.

Une œuvre comme une caresse

Cette main qui invite est également la main qui sort de la terre, personnifiant la nature. C’est ce qui m’a le plus touchée. Sous nos pieds, l’obscurité, le poids de l’histoire du site, le tumulte de l’activité minière qui a façonné le paysage et l’environnement du musée, construit sur un terril plat. Cette nature semble caresser les lieux pour tendre vers plus de lumière et de sérénité. Main à main avec la nature, nous protégeons désormais ce patrimoine si cher à notre cœur, et elle nous le rend bien.

En savoir plus sur l’œuvre 

Des techniques simples peuvent parfois vous transformer en véritable architecte végétal. Nous allons tout vous dire sur le tressage d’osier vivant que nous pratiquons dans le parc avec nos propres tailles de branches de saule.

Qu’est ce que le saule vivant ?

Les créations en saule vivant sont des sculptures obtenues par le bouturage de branches de saule. Le saule est un arbre très facile à multiplier car il contient des hormones de croissance puissantes. Une tige de saule plantée en terre produira des racines au printemps et se développera pour former un nouvel arbre. Monter une structure en boutures de saule, c’est anticiper son développement et créer une construction vivante.

Il existe de nombreuses variétés de saule dont plusieurs présentes dans notre parc. Nous vous avons déjà parlé du saule marsault  en bord de bassin. A  l’entrée principale du musée, nous avons des saules à feuilles de romarin (Salix rosmarinifolia) et des saules crevettes (Salix integra ‘Hakuro-Nishiki‘) ces derniers ont des valeurs décoratives.

Saules crevettes au bois rosé contrastant avec le vert des Euphorbes characias du premier plat et du fleuri des ajoncs d’Europe, janvier 2020

Connaissez-vous le saule de vannerie ? Celui que l’on utilise pour produire des paniers en osier ? C’est le Salix vinimalis. Ses branches sont récoltées, écorcées, calibrées, séchées puis  trempées dans l’eau 24 à 48h pour obtenir une tige souple à tresser. En évitant l’étape du séchage, nous pratiquons le tressage d’osier vivant avec nos variétés de Salix vinimalis, Salix fragilis et Salix alba situés autour du bâtiment administratif du musée.

Plusieurs variétés de saule jouxtent le bâtiment administratif, été 2019

 

Allée du bâtiment administratif, été 2019

 Quand récolter les branches ?

Le prélèvement des branches de saule s’effectue à sève descendue, lors du repos végétatif hivernal, entre janvier et mars.

Pour obtenir des branches à tresser d’un calibre facile à travailler, il suffit de planter des jeunes plants de saule qui seront « recépés » tous les ans ou deux ans selon le projet et le calibre recherché. Le recépage consiste à tailler au niveau du pied (on laisse 40/50cm de tronc), favorisant ainsi la multiplication de jeunes branches basses. La branche de saule peut pousser au delà d’1m50 en une saison. Au lieu d’obtenir un arbre qui va croître sur une tige principale formant le futur tronc, ces brins pourront être prélevés et utilisés.

On met en terre un « tacot » de saule, c’est-à-dire une bouture d’une trentaine de cm en laissant sortir une dizaine de cm hors de terre. A ce moment, le tacot ne présente pas de racine, il s’agit d’un « bout de bois ». Lorsque les températures vont remonter au printemps, avec l’humidité (un arrosage suivi si nécessaire), le tacot va prendre racine et des branches vont se développer.

En osiériculture, les tacots de saule sont plantés serrés pour que le plant oriente sa croissance verticalement en recherche de lumière. On obtient ainsi des brins d’osier de bonne qualité, longs et droits.

Tacot de saule planté bourgeons vers le haut, février 2019

 

Plantation des tacots à la barre à mine

Une matière très simple à travailler

Dès lors qu’elles ont été suffisamment immergées, les tiges de saule sont très facilement manipulables et les possibilités sont infinies.

Laisser libre cours à son imagination

Arches, haies, cabanes, radeaux, arbres tressés, bancs ombragés sont autant de possibilités que nous avons souhaitées expérimenter dans le parc.

Cette valorisation des tailles de saule couplée à la créativité féconde du jardinier donne vie à des structures qui font la joie de tous.

Dans le parc du Louvre-Lens, les promeneurs profitent de l’ombrage des allées de saules pour atteindre le musée lors des fortes chaleurs, ainsi que celle des arches qui abritent les bancs le long du bois.  La technique de tressage utilisée pour l’arche des bancs est la même que celle utilisée pour le tressage de haie.

La cabane en clairière du bois pionnier est une cachette de choix pour les enfants en quête d’aventure. Elle est d’ailleurs très facilement reproductible chez vous dans un coin de jardin assez humide. Année après année, la croissance du saule finira par former un toit et créer une cabane vivante.

 

Plantation d’une cabane en saule, février 2019

 

Résultat après trois mois, mai 2019

 

Un radeau pour les poules d’eau…

Durant l’hiver dernier, profitant de nos tailles de saule, l’équipe décide de la construction d’un radeau, espérant secrètement la nichée d’une bête à plumes.

Placé au milieu du bassin, aussitôt le printemps venu, les brins de saule ont spontanément développé un système racinaire baignant dans l’eau du bassin et une végétation luxuriante en surface, un îlot de quiétude pour la faune. Au moins deux générations de poussins sont venus égayer le bassin durant l’été ; jardiniers et visiteurs furent récompensés.

Tressage de radeau en osier

Radeau végétalisé naturellement par sa base en saule

Poussin de poules d’eau nés sur le radeau de saule

Tressage d’un composteur partagé à proximité de la salle de repos au bâtiment administratif

 

Arche végétale pour cette allée de saules

Cet article vous a donné des idées ? C’est maintenant à vous de jouer ! N’hésitez pas à venir nous demander conseil, le tressage s’effectue en ce moment et jusqu’au printemps !

Un parc entre passé et avenir. Intégré dès l’origine au projet architectural, le parc de 20 hectares, fort de ses onze entrées, est un trait d’union entre le musée et la ville. L’architecte paysagiste Catherine Mosbach y a façonné la nature dans une démarche attentive aux évocations du passé minier et sensible à l’écosystème local.

L’entrée nord : la porte d’entrée du musée

Parmi les onze entrées, l’entrée nord est l’accès principal du Louvre-Lens. Son portail, en contrebas d’une pente douce, fait la jonction entre la rue Paul Bert et le Parc offrant un magnifique point de vue vers le musée.

Ce choix de Catherine Mosbach n’est pas anodin. Vous pouvez ainsi foulez les pas des mineurs qui jadis rejoignaient quotidiennement le puits Numéro 9 et son ascenseur pour descendre « en bas ». Imaginez le volume de matière qu’il a fallu excaver rien que pour le puits qui faisait 5m de diamètre sur 630 de profondeur ! Ce sont ces tonnes de résidus non exploitables qui ont façonnés le terril sous vos pieds. Le puits Numéro 9 est un aménagement réussi dont l’essence est le poids historique du site : c’est un témoin vivant du passé à découvrir ou re-découvrir.

La maquette de Jean Latosi,visible dans le musée, montre bien le parti pris de conserver cette ouverture. Cette fidèle reproduction de l’ancien électromécanicien de la mine fait un arrêt sur image sur l’année 1968 : les mineurs en route vers leur journée de labeur.

Le Robinier : l’arbre de la mine

Les robiniers faux-acacias font partie intégrante de l’histoire du site. Son implantation dans le parc lors de l’activité minière avait 3 fonctions principales :

  • Assurer la stabilisation des cavaliers grâce à l’ancrage de ses puissantes racines : Pour stabiliser les cavaliers, ces voies ferrées qui transportaient le minerai, du robinier a été planté le long des rails .
  • Étayer les galeries : Le bois de robinier est un bois naturellement imputrescible
  • Participer à la sécurisation du site : Les jeunes rameaux de robiniers sont dotés de redoutables épines. Planter des robiniers le long des voies de chemins de fer et autour du site limitait les intrusions et protégeait les plus jeunes du danger des voies.

Le saviez-vous ?
Les robiniers proviennent de la région des Appalaches et ont été apportés en France par Jean Robin, herboriste d’Henri IV. L’arbre le plus ancien de Paris est un robinier planté en 1602 dans l’actuel square Viviani du 5ème arrondissement. Un bel article lui a récemment été dédié sur le site de la Ville de Paris : sous la forme d’une interview, il vous raconte son histoire.

Un chevalet végétal

Le musée transparaît derrière une ceinture de Robiniers faux-acacias. Si vous levez la tête vers leur sommet, vous reproduisez un geste qui a rythmé le quotidien de nombreux mineurs qui levaient les yeux, non pas vers ces arbres, mais vers le chevalement qui se tenait là, juste au-dessus du puits remblayé en 1989.

Le chevalement ou chevalet (ironie du sort pour le futur site du musée !) désignait la structure assurant l’extraction des hommes et du minerai. L’activité minière a complètement impacté le paysage entre les chevalements et les terrils, ces déchets issus de l’extraction.

Catherine Mosbach a subtilement matérialisé ce symbole vertical par les piliers formés par cette auréole de troncs. Le cratère qui recouvre le puits est aujourd’hui investi par les promeneurs., son ombrage étant propice aux pique-niques familiaux. Vous pouvez y découvrir une plaque en fonte où sont gravées les dates : 1860-1989. Le végétal, devenu minéral en tant que charbon, reprend son état initial.