Le Plan de Sauvegarde des Œuvres : un outil essentiel pour les musées ! - Louvre-Lens
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Le Plan de Sauvegarde des Œuvres : un outil essentiel pour les musées !

Un Plan de Sauvegarde des Œuvres (PSO) est un document, établi par une structure culturelle, qui définit le protocole d’actions permettant de réagir en cas de situation d’urgence, afin de garantir la préservation et l’intégrité des œuvres.

Le Louvre-Lens se dote d’un nouveau Plan de sauvegarde des œuvres (PSO)
La protection du patrimoine culturel est une mission prioritaire inhérente à l’activité d’un musée
Guillemets

« Parce que l’innovation, l’expertise et la pédagogie sont au cœur des valeurs du Louvre-Lens, le musée a souhaité faire de la refonte du Plan de sauvegarde des œuvres (PSO) un projet exemplaire, où le collaboratif et la formation sont au service d’une exigence de sécurité et sûreté maximale. Élaborer un plan de sauvegarde des œuvres, c’est avant tout devoir procéder à des choix, de manière éclairée, en croisant des grilles d’analyse avec la situation particulière de chaque structure culturelle et de chaque œuvre. Le regard expert des différents acteurs mobilisés en cas d’intervention, notamment les équipes de secours, est essentiel pour co-construire des protocoles d’actions opérationnels. La formation est ensuite primordiale pour acquérir les réflexes spécifiques et nécessaires à la manipulation d’œuvres.»

Marie Lavandier, directrice du musée du louvre-Lens

© JC Moschetti

Trois grandes étapes jalonnent la refonte d’un PSO : l’analyse des risques, la priorisation des œuvres et l’élaboration du document final.
Étape 1 : la priorisation des risques potentiels.

Une étude d’analyse des risques a été réalisée au sein du Louvre-Lens selon les préconisations du SDIS 62. Elle a permis d’aboutir à une hiérarchisation des risques en trois types, prenant en compte leur probabilité d’occurrence et la sévérité des conséquences potentielles (risque de dégât des eaux, risque d’incendie, risque de vandalisme, etc.).

Etape 2 : la priorisation des œuvres, avec la méthode MASO

La priorisation des œuvres à évacuer et à protéger est l’un des enjeux essentiels de tout PSO.
Le Louvre-Lens a fait le choix de la méthode MASO, méthode d’analyse pour la sauvegarde des œuvres. La priorisation se fonde sur la mise en place de matrices qui permettent de croiser et pondérer différents facteurs de risques à prendre en compte.
Cette analyse a été réalisée pour près de 5 000 œuvres présentées et stockées au Louvre-Lens, dans les réserves et la Galerie du temps. Elle est menée chaque année pour les 600 œuvres qu’accueillent les expositions temporaires.

Étape 3 : la conception et la validation du document opérationnel

Le document final définit, à la lumière des phases d’analyses précédentes, un processus opérationnel de gestion de crise. Il détaille le protocole à suivre en cas d’urgence, selon une chronologie précise, de la phase de signalement d’une anomalie, à la mise en œuvre du PSO et à la gestion de l’après-sinistre (étude des œuvres endommagées, restaurations, etc.). Chaque PSO est propre à chaque organisme. Il est réalisé pour ses collections permanentes, mais est également établi pour chaque exposition temporaire. Le document final du PSO est validé par le Louvre.

Guillemets

« Nous avons fait en sorte de reproduire au plus près les caractéristiques d’œuvres présentes au musée : poids, taille, type de matériau… En vous promenant dans le sous-sol du musée, vous pouvez désormais tomber nez-à-nez avec une sculpture en bois grandeur nature. Elle permet de s’entraîner sur des statues de tailles imposantes, souvent lourdes et difficiles à manipuler. Nous avons fabriqué la majeure partie de ces installations nous-mêmes, grâce au matériel d’anciennes expositions. »

Antoine Olech, monteur-installateur au Louvre-Lens

Guillemets

« Une série d’entraînements, 30 heures au total, a été menée auprès de nos équipes afin de se former à la manipulation et l’évacuation d’œuvres. Travailler dès le départ en collaboration étroite avec le musée est un atout essentiel pour améliorer nos conditions d’interventions. Cela permet de s’exercer aux gestes et de s’adapter entièrement au lieu, avec toutes les spécificités que comporte un établissement culturel ».

Ludovic Pruvost, Adjudant-chef au SDIS du Pas-de-Calais

L’importance de la formation
Le Louvre-Lens a fait de l’entraînement pratique une priorité de la refonte du PSO, en tirant parti de ses infrastructures et des expertises de ses équipes.
Guillemets

« La formation est la clé de voûte de notre Plan de sauvegarde des œuvres ! Notre équipe de régie des œuvres a pris le parti de former les équipes d’intervention dans des conditions les plus fidèles possible au réel. Nous avons installé au sous-sol un véritable « musée miniature », avec des rebus d’expositions et reproductions d’objets, pour apprendre à les manipuler en situation d’urgence. Une simulation grandeur nature de dégât des eaux, avec l’ensemble des agents du musée, clôture cette phase d’entraînement. C’est une opération inédite qui permet tester de façon opérationnelle le protocole de gestion de crise. »

Marion Guillermin, régisseure des œuvres au Louvre-Lens

Un exercice grandeur nature mené au musée

Le plan de formation s’est achevé le 12 janvier 2021 avec un exercice « grandeur nature » au Louvre-Lens, sur le scénario de dégât des eaux. Il fait intervenir des observateurs, composés de pompiers, du Centre de conservation du Louvre à Liévin, de la préfecture des Hauts-de-France, et de professionnels de la conservation, présents pour évaluer ce test.

La simulation permet de mettre en pratique la chaîne d’opérations définie par le PSO, sur un scénario défini. Seule la Direction des Expositions, pilote du projet, a connaissance de l’incident factice. Le processus se déploie ensuite de la même manière qu’en situation réelle : de la première alerte d’un incident jusqu’à l’évacuation des œuvres dans les zones de repli.