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Figures de savants et musiques antiques au 19e siècle : l’élaboration d’un discours

Journées d'étude

Journées d’étude
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Jeudi 14 et vendredi 15 décembre 2017
La Scène
Gratuit, dans la limites des places disponibles
Renseignements et réservations au 03.21.18.62.62

Le 19e siècle est une époque charnière pour la connaissance des musiques de l’Antiquité : la découverte des fragments de notation de musique grecque est l’occasion de revisiter la théorie musicale des Anciens grâce aux traités dont on assure la traduction et le commentaire ; les fouilles de Pompéi ou celles menées en Égypte permettent de mettre au jour des vestiges d’instruments que l’on s’empresse de commenter et l’on voit apparaître les premiers fac-similés d’instruments antiques. Ce siècle marque la naissance de « l’archéologie musicale » – le mot est inventé à cette époque – avec l’émergence de figures pionnières en France comme en Belgique, Villoteau, Vincent, Fétis, Gevaert, Reinach, Emmanuel, mais aussi Engel en Angleterre sans oublier les figures de la philologie allemande (Bellermann, Boeckh) qui établissent les textes sur la notation et la théorie musicale.

Parallèlement, des compositeurs (Mendelssohn, Halévy, Saint-Saëns, Berlioz) approfondissent leur connaissance de la musique antique et proposent de se réapproprier le style du répertoire grec pour donner naissance à une musique « à la manière de l’antique » tandis que certains luthiers (Tolbecque, Mahillon) cherchent à fabriquer des instruments de musique qui s’inspirent des modèles de l’Antiquité. C’est désormais le temps des synthèses sur l’histoire de la musique dans lesquelles les mondes antiques tiennent une place non négligeable. Les auteurs se contentent de recopier les dessins d’instruments de musique de l’Antiquité, souvent hérités du 18e siècle, qui circulent d’un livre à l’autre sans renouvellement des connaissances.

Ces journées d’étude entendent analyser la manière dont les figures savantes (historiens, archéologues, musicologues) ont contribué, par leurs écrits, à construire un discours sur les musiques de l’Antiquité afin de les rendre plus familières.

Nous verrons aussi de quelle façon ce discours a infléchi le regard des contemporains et comment il a pesé sur le 20e siècle. Une attention particulière sera accordée aux sources utilisées et à la méthodologie mise en œuvre afin de comprendre comment les musicologues ont hiérarchisé ces musiques dans les encyclopédies musicales. On cherchera à cerner les différents courants de pensée européens, à mettre en relief l’émulation entre les chercheurs, mais aussi les échanges intellectuels et la diffusion des connaissances au-delà des frontières.

Le contexte intellectuel et scientifique du 19e siècle sera présent en arrière-plan : l’essor de l’histoire en tant que discipline scientifique majeure, le développement de l’archéologie en Égypte, en Orient, en Grèce et en Italie, le goût pour l’orientalisme, l’intérêt pour les reconstitutions d’instruments de musique disparus et la recherche de « l’authenticité », la vogue des concerts dit « historiques » inaugurés par F.-J. Fétis, les premières collections d’instruments de musique, la vitrine des expositions universelles, la recherche des origines de la musique.

Musiciens jouant d'instruments de musique devant Psyché allongé dans un lit
Plan de travail 1

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