Le Mystère Le Nain DERNIERS JOURS ! Gratuit pour tous les 24, 25 et 26 juin !

Date :
22 mars - 26 juin 2017
Lieu :
Galerie d'exposition temporaire

Tarif plein : 10€
Tarif 18-25 ans : 5€
Gratuit pour les moins de 18 ans


Tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h
(Dernier accès à 17h15)

Accueil des groupes dès 10h tous les jours sauf le mardi, jour de fermeture (réservation obligatoire, présentation de la confirmation de visite)

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Louis Le Nain, La Victoire, vers 1635, Paris, musée du Louvre



 

LE PROPOS DE L'EXPOSITION

Originaires de Laon en Picardie, les frères Le Nain figurent parmi les artistes les plus talentueux du 17e siècle. Plusieurs de leurs tableaux sont devenus de véritables icônes de l'histoire de l'art. Pourtant leur attribution et leur signification restent souvent énigmatiques et constituent l'un des plus grands mystères de la peinture française.
Au fil de l'exposition, reconstituez le puzzle du « mystère Le Nain » en enquêtant sur Louis le génie méconnu, Antoine le portraitiste et Mathieu l'ambitieux. Explorez les archives historiques, retrouvez des portraits cachés sous d'autres peintures, et découvrez les secrets de fabrication des frères Le Nain !


Commissaires : Nicolas Milovanovic, musée du Louvre, et Luc Piralla, musée du Louvre-Lens.

Cette exposition est organisée par le musée du Louvre-Lens, le Kimbell Art Museum de Forth Worth (Texas) et les musées de San Francisco (Californie).




LE PARCOURS DE L'EXPOSITION

Introduction
Les frères Le Nain sont trois : Antoine l'aîné, Louis, son cadet, et Mathieu, le plus jeune. Originaires de Laon, ils sont formés par un artiste très probablement nordique, mais dont l'identité n'est pas connue. Ils s'installent à Paris en 1629, dans l'enclos privilégié de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, où logent les peintres provinciaux et étrangers désireux d'échapper aux contraintes de la corporation parisienne.
Leurs compositions les plus fameuses montrent des paysans représentés avec une grande puissance d'émotion et une complète originalité. Ces scènes renversent les hiérarchies admises. Elles montrent les plus humbles avec une vérité humaine et une dignité sans précédent. Les frères Le Nain ont créé un genre nouveau en appliquant à la représentation du peuple, qui connaît alors une vogue européenne, les règles du portrait de groupe fondées sur l'absence de narration et sur la profondeur psychologique : les visages sont tournés vers le spectateur avec des regards intenses, ou bien les expressions sont rêveuses et mélancoliques.

 
Section 1
Louis : un génie méconnu ? 

Louis est le plus mystérieux des frères Le Nain. Son nom est le moins fréquemment cité dans les sources anciennes. Pourtant, c'est lui qui est considéré comme le génie artistique de la famille, l'auteur de la plupart des scènes paysannes. 
On lui attribue un ensemble cohérent de peintures au coloris froid et restreint, mais très subtil, avec des rouges brique et des verts bouteille, aux figures puissamment campées, à la touche libre et maîtrisée, aux compositions calmes et claires, aux tendances « classiques ». Louis est en outre le seul des trois frères dont la peinture démontre un véritable sens du paysage.
 
Section 2
Antoine, portraitiste et miniaturiste
Antoine est l'aîné des trois frères. C'est lui qui obtient la maîtrise, donc le droit d'ouvrir un atelier lorsque les Le Nain s'installent dans l'enclos privilégié de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris, en 1629. Ses deux frères étant alors seulement compagnons, Antoine est, au moins juridiquement, le chef de l'atelier. La meilleure source ancienne le caractérise comme un portraitiste et un miniaturiste.

Section 3
Mathieu, l'ambitieux
Mathieu est sans conteste le plus ambitieux des trois frères. En 1633, il devient peintre ordinaire de la ville de Paris, puis lieutenant dans une milice bourgeoise. À partir de 1658, il se pare du titre de « sieur de La Jumelle » du nom d'une ferme qui lui appartient près de Laon. 
Les compositions religieuses prédominent.
Son style se caractérise par un coloris contrasté, aux formes molles, à la touche dense et menue, juxtaposant les accents clairs. Mathieu peint « de pratique », sans avoir recours à l'observation directe du modèle comme ses deux frères. C'est un éclectique aux sources d'inspirations multiples, et en particulier caravagesques.

Section 4
Autour des Le Nain 
Le succès que les frères Le Nain ont rencontré au 17e siècle, et en particulier leurs scènes paysannes, est attesté par le nombre important de leurs suiveurs et imitateurs. Les œuvres de ces derniers sont très longtemps passées pour des Le Nain authentiques. Le travail des historiens de l'art depuis un siècle a permis de mieux cerner les personnalités artistiques de ces suiveurs et de retrancher leurs tableaux du catalogue des frères Le Nain.

Section 5
Questions disputées
Depuis les recherches pionnières de Champfleury au milieu du 19e siècle, les questions disputées demeurent nombreuses : le catalogue raisonné, qui compile l'ensemble des tableaux attribués, la distinction des mains des trois frères et le problème de leur collaboration.
Nous présentons dans cette section finale quelques « dossiers » de tableaux très débattus sur chacun de ces sujets. Nous y citons des noms d'historiens de l'art : parmi les principaux qui ont contribué à renouveler notre regard sur les frères Le Nain, il faut d'abord mentionner Sir Robert Witt (1872-1952), pionnier de l'établissement du catalogue, mais aussi Paul Jamot (1863-1939) et Jacques Thuillier (1928-2011), qui ont donné une impulsion décisive aux études sur les frères Le Nain en France.




 RECHERCHE : LE DISPOSITIF IKONIKAT   


Visuel :
Carte de chaleur indiquant la fréquence d'apparition des tracés de visiteurs (bleu : peu fréquent ; rouge ; très fréquent), Palais des Beaux-Arts de Lille, juin 2016.
Tableau : Jean-Baptiste Wicar, Le Jugement de Salomon, 1785, huile sur toile, Lille, Palais des Beaux-Arts © Palais des Beaux-Arts de Lille / RMN / Julien Wylleman / Ikonikat

Pourquoi demander à un public de dire ce qu'il voit dans une œuvre, alors que qu'il peut simplement nous le montrer ? 
Fruit de recherches coordonnées par Mathias Blanc, de l'Institut de recherches historiques du Septentrion (CNRS/Université Lille3), l'application Ikonikat (pour Ikonik Analaysis Toolkit) donne la possibilité à tout un chacun de désigner, grâce au dessin, ce qu'il pense pertinent dans une image. Et ce, sans disposer nécessairement d'un vocabulaire spécifique, ce qui en fait un outil vraiment novateur. Concrètement, le spectateur, profane ou expert, muni d'une tablette affichant une reproduction de l'œuvre, souligne, entoure les éléments picturaux qui lui semblent essentiels ou qui l'interrogent.
Les tracés réalisés par les visiteurs révèlent les zones perçues comme les plus significatives, et permettent de saisir l'ordre dans lequel les éléments picturaux d'une œuvre sont soulignés par le visiteur.
Le déploiement du dispositif au Louvre-Lens, pendant l'exposition « Le Mystère Le Nain » permet d'envisager une étude inédite avec un public étendu. 600 personnes, visiteurs individuels ou en groupes de 2 à 15, partiront à la découverte de sept œuvres prêtées par le musée du Louvre, en suivant différents parcours. Les annotations visuelles de chacun pourront être montrées à l'ensemble du groupe pour entamer une discussion collective face aux œuvres. Ceci permet d'éviter que la participation des visiteurs ne soit limitée par la prise de parole et la maîtrise d'un vocabulaire.
Cette démarche de médiation culturelle s'accompagne d'une recherche sur la réception des œuvres et permettra au musée de s'interroger sur sa politique des publics, notamment sur la manière de présenter les œuvres, autant en matière d'accrochage que de discours sur celles-ci.
Au cours de l'exposition, des séances de restitution seront organisées auprès des publics du musée afin de leur faire part des résultats du projet.